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DARK SYNTHWAVE  |  STUDIO

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CARPENTER BRUT - Leather Terror (2022)
Par CHIPSTOUILLE le 12 Mai 2022          Consultée 991 fois

Leather Terror est-il meilleur que Leather Teeth et surtout la B.O de Blood Machines ? Assurément. Arrive-t-il à se hisser au niveau de Trilogy ? Certainement pas. Voilà pour le lieu commun sur lequel, à défaut de la note, nous devrions à peu près tous tomber d'accord. Ou peut-être pas...

Première surprise de ce Leather Terror, le son a évolué. CARPENTER BRUT arbore désormais une forte couche de saturation épaisse et rêche, que seuls les metalleux les plus aguerris sauront appréhender. Pour les autres, ce CARPENTER BRUT-là risque de s’apparenter à un trio pour perceuse, tronçonneuse et marteau-pilon. Chappe sonore dont il va donc vous être difficile d’extraire la moindre mélodie. Elles sont pourtant toujours bien là, mais demanderont donc des oreilles exercées. Sans aller fricoter avec la production abusive de WE ARE MAGONIA, CARPENTER BRUT vient de nettement augmenter la dose de piment dans ses claviers. La comparaison avec GosT ou Elay ARSON n'est peut-être même plus d'actualité. Pour ceux qui sont largués en Dark Synthwave, sachez que nous venons de franchir le Rubicon. C'est du côté des guitares bétonnées et surproduites de HYPOCRISY, DARK TRANQUILITY voire certains albums de BLOODBATH qu'il faut aller chercher des équivalents en Metal désormais.

Le clou du spectacle ? Le final éponyme qui fait intervenir Johannes 'Jonka' Andersson de TRIBULATION aux vocaux gutturaux. Nous nous sommes directement rendus à la case Black Metal, sans passer par le Death. Ce final en apothéose conclut l’album magistralement, de quoi nous faire oublier cette promesse foireuse de week-end en amoureux à Melun. CARPENTER BRUT n'est pas le premier à oser ce mélange en Synthwave (citons l'intro de "Dead Racer" de SPEED MACHINE, ou encore "Shades" de CROWN), mais il est certainement le plus influent à l'avoir fait désormais. Cette évolution était courue d'avance, compte tenu du copinage avec le Metal depuis des années. Espérons que le troupeau de moutons fasse un minimum preuve de discernement derrière. Sans quoi la Dark Synthwave risque de se retrouver elle aussi dans le cul-de-sac où s'est empêtré le Metal il y a 15 ans.

Ce côté patator permet à CARPENTER BRUT d'atteindre de nouveaux sommets. Que ce soit les accélérations furieusement instrumentales de "Night Prowler" et "Color me Blood", ou des chansons aux versants plus pop. "Imaginary Fire" et surtout "Widow Maker", les deux premiers singles, revêtent ainsi un côté Indus à la NINE INCH NAILS version boostée, du genre de celui des meilleurs jours. Les lignes de chant et la voix de Dan Haigh (GUNSHIP) sont d'une pertinence rare. On espère que CARPENTER BRUT renverra l'ascenseur. Non, mieux, on veut tout un album comme ça, avec les deux !

Mais à part ça, comme dirait Luc Lagier. Malheureusement pour nous, c'est avec ULVER que CARPENTER BRUT semble décidé à renouveler les collaborations pour le moment. Après le très moyen "Cheerleader Effect" sur Leather Teeth, nous enchaînons ici avec le guère plus réussi "…Good Night, Goodbye". Accords de piano à la "Teardrop" de MASSIVE ATTACK, ambiance morbido-gothique et chant toujours pas au point forment un titre coup de frein qui semble ne rien avoir à faire sur cet album.

Sauf que cet enchaînement incongru et imposé n'est en rien une exception. En effet, passé les 4 premiers titres, l'album passe son temps à nous proposer des accélérations qui terminent dans le vide. Jusqu’à nous coller de la pop bubblegum ("Lipstick Masquerade", très réussie par ailleurs) alors que nous étions pied au plancher tous les potards à fond l'instant d'avant. Sur les 11 enchaînements de cet album, il n’y en a que 5 qui fonctionnent. Pire, au beau milieu de "Paradisi Gloria", CARPENTER BRUT se la joue Et je coupe le son/Et je remets le son à la Philippe KATHERINE. La fin tente même de nous faire de l’esbrouffe en nous faisant passer un faux enchaînement ni vu ni connu je t’embrouille. "Leather Terror", le dernier titre, commence en réalité 55 secondes avant la fin du précédent. Moment précis où l’album coupe une fois de plus dans son lard. C'est grossier, mal fichu, bordélique, voire apocalyptique. Si mes collègues avaient déjà relevé des fins de titres abruptes sur les E.P et quelques fautes d'enchaînement liées à la nature conceptuelle de Leather Teeth, CARPENTER BRUT s’est ici vautré lamentablement sur la question. Le grand écart stylistique certes habituel mais ici extrapolé ne fait bien sûr qu'amplifier le problème.

Le comble s'incarne dans la version vinyle. Les malheureux ayant succombé à cette mode ont dû halluciner en réalisant que les 45 minutes de leather Terror se répartissaient sur 2 disques. 3 changements sont donc à réaliser pour l’écouter de bout en bout : 12 titres, 3 par face, proposant chacune 11 minutes d'écoute en moyenne. Comble du comble, "Day Stalker" et "Night Prowler", deux des rares titres parfaitement enchaînés, se retrouvent donc sur 2 disques différents. Comment peut-on, sur les 3 628 800 possibilités (1) d’ordonnancement possible, d’autant que - concept album ou pas - la moitié des titres sont des instrus, avoir choisi celui-ci ? A croire que CARPENTER BRUT l'a fait exprès.

Oh…

Drukqs d’APHEX TWIN, des B.O de jeux-vidéo qui piochent à tous les râteliers, des E.P. poubelles partant dans tous les sens en-veux-tu-en-voilà, et même Rarities de LORN : 31 expérimentations inachevées classées bêtement par ordre alphabétique… J’en ai écouté des albums qui ne se donnaient pas la moindre peine au niveau des enchaînements. Jamais le problème ne m’a été jeté à ce point-là au visage. C’est évident, il nous l’a jouée façon Lars Ulrich ! Tout cela est volontaire !

Ce qui s’explique très facilement. Vous avez déjà écouté un peu de Synthwave en dehors de CARPENTER BRUT et PERTURBATOR ? Sauf exceptions (GUNSHIP notamment), c'est d'une linéarité confondante. La plupart des 'producteurs' se calent sur un rythme et une formule, et en avant pour 1,2,5,10… albums déféqués depuis le même moule. Les titres sont interchangeables d'un album à l'autre, c'est consternant. Même chez quelques-uns des meilleurs comme DANCE WITH THE DEAD ou WAVESHAPER, le problème est encore trop présent. Quand il n'y a plus de groupe, plus de studio, plus de producteur à qui rendre de compte et plus de support physique, les artistes ne se sentent plus pisser.

Réaction logique donc, vu que les chefs de file de la Synthwave cherchent par tous les moyens à se distinguer de la masse. PERTURBATOR est parti fricoter ailleurs et CARPENTER BRUT nous fait un gros pied de nez. Si l'on se focalise sur les instrumentales de cet album, le défaut de linéarité semble d’ailleurs ressurgir. CARPENTER BRUT a donc volontairement dynamité sa propre création. Presque chaque titre est excellent, mais le tout est anti-construit. Possible de fait que ce Leather Terror fasse en définitive tout sauf l'unanimité. Nul doute que comme pour les compilations ultimes de Load et Reload, chacun ira de son petit réordonnancement. Reste à savoir si nous tenons là l'équivalent d'un And Justice For All ou d'un St Anger. Pour ceux qui n’aiment pas, vous vous rattraperez tôt ou tard sur un futur live. Pour ma part, j’ai choisi mon camp. Tant pis pour les enchaînements.

(1) Si on considère en toute logique que "Opening Title" et "Straight Outta Hell" ne peuvent être séparées, de même pour "Day Stalker" et "Night Prowler", ça nous laisse 10 éléments à recombiner. Il y a donc 10! possibilités. Non, pas 10. 10!, Ca se lit 'factoriel 10', et ça vaut 10x9x8x7x6x5x4x3x2x1.

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- Franck Hueso


1. Opening Title
2. Straight Outta Hell
3. The Widow Maker
4. Imaginary Fire
5. « ...good Night, Goodbye »
6. Day Stalker
7. Night Prowler
8. Lipstick Masquerade
9. Color Me Blood
10. Stabat Mater
11. Paradisi Gloria
12. Leather Terror



             



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