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BALDOCASTER - Solare (2019)
Par CHIPSTOUILLE le 13 Juin 2022          Consultée 119 fois

Après nous avoir conté la victoire de dame Lune, BALDOCASTER nous propose de faire volteface dans une suite sur E.P portant cette fois-ci le nom du Soleil. Quoi de mieux, pour ce faire, que de nous parler de Galilée ? La statue qui nous toise sur la pochette n’a pourtant pas grand rapport avec l’astronome italien. Galilée portait la barbe plus longue et avait le front dégarni (tant qu’il avait encore des cheveux). Qui alors arbore un tel regard de marbre sur cette pochette économe en couleurs et au contraste poussé à l’extrême ? Cette patte graphique est la spécialité de Brouemaster Visual Decay, artiste indissociable de BALDOCASTER, qui va être régulièrement sollicité pour les sorties suivantes. Quant à la réponse, elle se trouve sans doute dans l’épopée de l’astronome.

Ce que Galilée a en effet découvert en pointant une lunette astronomique de sa propre confection en direction de Jupiter, c’est que cette planète possède (au moins) quatre satellites. Copernic avait raison (enfin presque, merci Kepler pour les trajectoires elliptiques), la preuve était là : tout dans le ciel ne tournait donc pas autour de la Terre. Les observations de Galilée ne se sont pas arrêtées là : irrégularités du sol lunaire, anneaux de Saturne, (pré-)découverte de Neptune, phases de Venus, tâches à la surface du Soleil... Galilée est le premier homme à avoir ainsi voyagé dans le système solaire pour y découvrir quantité de choses invisibles à l’œil nu.

C’est ce voyage-là que BALDOCASTER a voulu nous conter sur son E.P. Un périple fait d’observations interstellaires et de batailles idéologiques entre science et théologie. Afin de nous propulser le plus loin possible, BALDOCASTER emprunte donc plus encore à l’école de Berlin sur son E.P. Les beat métronomiques des premiers singles et de Moonrise n’ont pas été complètement gommés, mais ils sont employés avec bien plus de parcimonie. Très discrets au cours de "Motion", ils n’interviennent même plus sur "Map of the Stars (part II)". Ce n’est pas complètement nouveau chez BALDOCASTER (cf. les titres "Moonrise" et "Ritual" sur l’album précédent), mais sur Solare les proportions ont été inversées.

Ce qui est en effet bien plus prédominant ici, c’est le côté planant de l’école berlinoise dont BALDOCASTER revendique très clairement l’influence. La production use et abuse de déformations sur les arpèges, altère les mélodies en usant d’effets d’échos et de réverbération. La Synthwave mécanique saupoudrée de 'French touch' de WAVESHAPER, même si elle nous faisait de même voyager dans l'espace, semble s’éloigner de cet E.P tel un point lumineux dans l’obscurité. Cette combinaison de beats en proportion moindre, d’arpèges déformés au cours du temps et de nappes de claviers planantes s’apparente au final bien plus à la Trance des années 90 qu’à la Synthwave des années 2010.

4 titres seulement se font bataille ici. Serait-ce un chiffre en hommage aux lunes galiléennes de Jupiter ? BALDOCASTER y fait toujours preuve de concision. Malheureusement, l’ensemble est assez déséquilibré. En se rapprochant partiellement de l’école de Berlin sans tout à fait complètement y adhérer, BALDOCASTER fait ici un pas de côté mal assuré. Les quatre titres, pris séparément, proposent chacun de très belles choses. Ils s’enchaînent en revanche assez maladroitement. "Galileo" commence très fort (un avant-goût de Mirage), "Map of the Stars (Part I)" est également très apprécié (un peu moins par votre serviteur que par les fans de l’artiste s’étant exprimé à ce sujet, notamment sur Bandcamp). "Motion" et "Map of the Stars (Part II)" (1), les titres les plus berlinois, peinent cependant à maintenir notre attention. On y empile des couches successives, très jolies, mais les deux titres se terminent de manière abrupte sans nous avoir menés très loin. Les adeptes de l’école berlinoise reprocheront peut-être à BALDOCASTER son empressement. Grande qualité cependant, les autres albums sont là pour en attester. C’est surtout la construction de ces titres, et en définitive de l’intégralité de l’E.P, qui pose problème de notre point de vue. A ce jour, Solare est le seul album de BALDOCASTER, avec Singles, à souffrir véritablement d’un tel défaut.

Est-ce pour compenser ce problème que BALDOCASTER et TRAVELER CS ont joint leurs forces afin de réaliser un split album ? Cet autre producteur de Synthwave est l’auteur d’Exodus (2), qui ouvre sur ledit split album la marche pour les 4 titres restés intacts de Solare. Avec ou sans Exodus en introduction "Map of the Stars (part II)" ne fonctionne pas plus en guise de conclusion. Les défauts, qui auraient pu être atténués en invertissant simplement les titres entre eux (3), sont toujours présents. TRAVELER CS quant à lui prend plus son temps, mais sa section, plus S-F dans l’esprit, est sans rapport avec Galilée. Pour la version vinyle d'ailleurs, les deux s'ignorent chacun sur leur propre face, et même disque. Cela s’entend.

Après avoir passé 28 ans à contempler les étoiles, Galilée a fini par perdre sa vision de l’œil droit, puis du gauche l’année suivante. Les jésuites qu'il a farouchement combattus toute sa vie y ont probablement vu un signe divin. Galilée a fini par perdre son procès à Rome. Son fameux aparté, et pourtant elle tourne, ne serait qu'apocryphe. Galilée n'était pas homme qui rit. La statue qui nous défie de son regard cosmique sur la pochette de Solare a donc définitivement quelque chose de jupitérien. Un Jupiter qui se refuse à employer tout rasoir, y compris celui d’Okham (4). A vouloir se rapprocher de ses idoles, BALDOCASTER y aurait-il de même perdu sa vision ? Non par Toutatis ! L’E.P reste correct dans l’ensemble, malgré ses erreurs de construction. La suite nous prouve que Solare, tout comme War Rig dans un autre genre, n’ont été que des essais nécessaires. Deux essais ô combien fructueux !

(1) Le titre fait apparaître pour la première fois (sauf erreur) une patine vinyle artificielle dans sa production, tout comme le feront plus tard l’E.P Cult of Saturn et l’album Visions.
(2) La pochette d’Exodus est également signée par Brouemaster Visual Decay. Cet autre E.P n’est étrangement pas sorti de manière indépendante (en tout cas, je ne l’ai pas trouvé). Malgré une unité stylistique indéniable dans le style graphique et la musique pratiquée, on pressent dès les visuels que BALDOCASTER et TRAVELER CS sont ici partis dans deux directions différentes. Ce qui se confirme à l’écoute.
(3) Proposition de quarté gagnant ? (En toute humilité !)
1 : "Map of the Stars (Part II)"
2 : "Galileo"
3 : "Motion"
4 : "Map of the Stars (Part I)"
(4) Le futur pape Benoît XVI, dans un discours de 1990, s’appuyait encore sur les thèses de Paul Feyerabend mentionnant que la position de l’Eglise avait été alors plus rationnelle que celle de Galilée. Oui, vous avez bien lu, en 1990, soit 21 ans après le premier pas de Neil Armstrong sur la Lune. Celle-là même que Galilée soutenait ne pas être parfaitement sphérique… Ils sont vraiment fous, ces Romains.

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- David Paul Hill


1. Galileo
2. Motion
3. Map Of The Stars (part I)
4. Map Of The Stars (part Ii)



             



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