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Axel BAUER - Radio Londres (2022)
Par ERWIN le 29 Août 2022          Consultée 1602 fois

Voilà déjà neuf ans que Axel BAUER est resté loin des charts français. Une carrière complètement à part, faite de traversées du désert et de résurrections, une personnalité à part depuis ses débuts, incapable de la moindre inflexion sur son art, musicien accompli, mec passionnant dans un paysage musical d’une tristesse souvent terrible. Voyez d’abord la pochette, tirée du clip de "c’est malin", lumineuse et tellement bleue qu’on a du mal à distinguer Axel qui nous a habitués à des ambiances plus noirâtres. Le titre enfin, évident hommage à son père Franck, speaker de la radio de la France libre, en toute logique, son paternel ayant rejoint la longue cohorte des héros anonymes il y a trois ans, à 99 ans. Un seulement septième album en près de quarante ans !

Tout commence avec "C’est malin" à la mélodie entêtante et au chant complexe d’Axel. Une angoisse sourde sort de ce titre dont on ne comprend qu’après plusieurs écoutes la signification : le combat contre le cancer, d’après les news aujourd’hui vaincu. Incontestablement pour moi le titre de l’année 2021, assorti du plus beau solo de guitare de l’histoire des singles du pop-rock français, ce qui n'est pas une mince affaire ! Je la recommande tout particulièrement, bien entendu. Autre single, "L’homme qui court" dont le clip met en scène Axel et Sandrine Bonnaire échangeant leurs rôles avec talent. Le refrain est efficace, les arrangements superbes.

Le dernier single "Radio Londres" se présente comme un hommage évident à son père. La performance est qu’il le choisit comme single. Pensez donc ; moi j’en suis ravi mais qui de la jeunesse d’aujourd’hui va comprendre le message véhiculé par les paroles absconses des messages lus par Franck lors des émissions des "français parlent aux français". L’idée est géniale, la chanson superbe, pas de doutes. Bravo Axel, une belle leçon de mémoire, à étudier à l’école ! "Le jour s’enfuit" est aussi pour son père dont il raconte l’aventure de français libre à Londres, lui qui tint si longtemps le micro pour le combat de reconquête de la France. Des valeurs dont nous sommes aujourd’hui bien éloignés.

Il y a aussi la lente mélopée de "J’aime ça", batterie martiale, nappe de synthés, chant prônant l’espoir, l’envie de vivre, l’amour de tout ce qui est nu et loin de tout ce qui est fade, encore un instant de suprême plaisir. Notez la stridence de la guitare. Alors, longue vie devant toi Axel ! On sent les influences des divers grands de la chanson française avec "Est-ce ainsi que les hommes vivent". Vous n’êtes pas d’accord ? Le texte est d’Aragon et le compositeur n’est autre que Léo FERRE. Une petite merveille, ce texte ciselé de main de maître et servi par des arrangements de titan. Magnifique, c’est beau à pleurer.

La gratte grésille sur "Tout l’or du monde", pour un riff quasi stoner – donc psychédélique -, une rythmique stable et qui dépote grave, comme Axel a toujours aimé en pondre. Le texte est beau, bien servi par une mélodie qui se laisse superbement apprivoiser. Alors, vous allez avoir des difficultés à me croire, mais je trouve qu’il y a du Steven WILSON et quelques accords à la KING’S X sur "Le jour se lève", une identité très prog metal évidente à mes oreilles. Une sophistication qui va fort bien à Axel. Les nappes de synthés agissent à donf sur le climat général. Le solo est superbe comme à l’accoutumée. Nul doute que le musicien a passé un cap sur cet album.

Morceau traînaillant son humeur maussade durant ses six minutes, "A qui n’a pas aimé", une reprise de Gerard MANSET, demande quelques efforts, notamment sur les paroles, plus profondes. La construction du titre s’étire en longueur avec un hammond en pleine lumière. Un autre solo de qualité nous y attend. Le petit titre polisson qu’est "Ce que tu ne sais pas", construit autour de diverses lignes antagonistes de gratte, rappelle par instants Jean-Louis AUBERT, autre grand du rock français, très sympa. Deux titres sont un peu plus fragiles : "Achète-moi une âme" nous replonge dans des effluves plus alternatifs, mais le titre me semble un brin trop attentiste. "Envole-toi" me semble plus entendu, pas le style que je préfère de notre matelot préféré, un mid-slow qui louche vers la variété.

Ca me fait tellement plaisir de voir la qualité développée par cet album, de bout en bout. Axel est bien vivant, passe au travers de toutes les difficultés, la vie suit son chemin. L’album est ponctué de petites merveilles, les singles et cette reprise de Léo FERRE, fabuleuse. Le niveau des interventions d’Axel BAUER à la guitare tout du long de cet opus est tout simplement stratosphérique, je conseille vivement à tous ses détracteurs de jeter une oreille à son boulot sur cet album, les autres aimeront à n’en pas douter. En un mot comme en cent Axel, "longue vie à toi, et plein d’albums" ! C’est un quatre évident pour une sélection tout aussi logique.

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1. Radio Londres
2. L’homme Qui Court
3. Achète Moi Une âme
4. Tout L’or Du Monde
5. J’aime ça
6. C’est Malin
7. Est-ce Ainsi Que Les Hommes Vivent
8. Ce Que Tu Ne Sais Pas
9. Envole-toi
10. Le Jour S’enfuit
11. A Qui N’a Pas Aimé
12. Le Jour Se Lève



             



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