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Frédéric CHOPIN - Ballades, Barcarolle Et Fantaisie (1835)
Par EMMA le 9 Mars 2025          Consultée 249 fois

Il n’est pas incohérent d’assembler dans un même album les Ballades, Barcarolle Et Fantaisie de CHOPIN comme cela a été fait. Chacune de ces œuvres se rejoignent de par un caractère fantaisiste. Elles sont des rêveries expressives, presque littéraires, tissées dans une grande virtuosité.

Les ballades jusqu’alors chantées, CHOPIN les transforme et y déverse tout son imaginaire. Il les inscrit dans un caractère fantaisiste et virtuose. Les phrases paraissent détachées donnant un sentiment d’improvisation mais se révèle d’une grande rigueur. Elles se lient, lyriques, expressives et romantiques. CHOPIN déconstruit, redéfinit les frontières et crée un genre instrumental où son imagination s’épanouit sans entrave, où structure et passion ne font qu’un, un genre que nul compositeur après lui ne réussira à succéder. Il les compose entre 1831 et 1843.

La "Ballade n°1 En Sol Majeur" composée entre 1831 et 1835, LISZT la voyait comme "l’odyssée de l’âme de CHOPIN". Elle reflète environ huit minutes de drame ponctuées d’éclats passionnées et furieux. Un poème qui bouscule les codes où la musique, les dissonances et les harmonies se créent au rythme et au service de l’émotion.

Sa structure rappelle un peu celle de la sonate : un largo, une partie centrale qui expose deux thèmes et une coda. Les premières notes lourdes captivent immédiatement. L’introduction avance lente et pesante, se transforme bientôt, cédant à une douceur fugitive. Les notes s’envolent, la main droite s’agite, fiévreuse et les aigus réussissent à reprendre le dessus, puissants, affirmés, brillants, enflammés. Tout au long du poème on alterne entre l’angoisse qui monte et plonge dans la frénésie, la passion se déchaine dans un tourbillon d’arpèges où les octaves chromatiques grondent et l’angoisse qui redescend laissant des arpèges ivres de bonheur. La coda est sauvage, la main droite parcours le clavier en quête d’ascension mais n’a de cesse de retomber tout en bas, les accords sont fiévreux et les octaves chromatiques, aux deux mains, finissent par résonner d’une puissance tonnante.

La seconde ballade s’ouvre gracieuse et sereine tel une berceuse, mais, sans crier garde, se voit soudainement déchue par un déversement de doubles croches agitées. Tout au long de la composition, les phrases sont répétitives et oscillent entre ces deux sentiments. Lorsque que les rêves se dissipent, les tonalités ne cessent de changer, les octaves et doubles croches s’enchaînent. Au milieu de l’agitation tragique c’est le thème du début calme mais désormais empreint d’un poids plus qui vient clore la coda pianissimo.

La "Ballade n°3 En La Bémol Majeur" quant à elle s’élève dans une tranquillité presque onirique. Elle raconte une histoire, scintillante, dansante et mystérieuse. Ici aussi la tonalité est changeante, et c’est un passage de double croches qui réveille un drame latent, les graves se font plus présent. Toutefois, ce sont des trilles confiantes qui livrent le dernier message, presque d’espoir.

La dernière ballade est d’une beauté saisissante. La mélodie est douce, l’écriture est rigoureuse et tisse des harmonies époustouflantes, les graves s’installent peu à peu. La passion semble enfermée dans un cercle dansant duquel on ne veut s’extraire. Les ornementations sont sensuelles et délicates s’épanouissent et croient dans un crescendo sur une envolée de gammes laissant éclater la passion. La coda est précédé d’un moment doux quasi silencieux puis elle déboule, impressionnante, déchainée, expressive. La pièce se clôt dans une virtuosité majestueuse.

Sa "Fantaisie En Fa Mineur", CHOPIN la compose en 1841 à l’époque même où le genre de la fantaisie est à son point culminant. Elle se caractérise par le piano en instrument phare, le romantisme comme courant le tout surplombée d’une virtuosité qui n’a pas de limite. Un genre qui sied à merveille notre compositeur et qui reflète totalement cette pièce ici présente. Elle s’ouvre telle une marche funèbre, solitaire. Elle évolue dans une structure libre qui se déploie en trilles, ornements, chromatismes, arpèges. Chaque partie revêt un caractère propre même unie par une grande expressivité. Le jeu entre le piano voir pianissimo et le forte crée une tension tout au long de la pièce. Une fantaisie mêlant lyrisme et technique pianistique.

On finit dans un moment suspendue grâce à la "Barcarolle En Fa Dièse Majeur". Elle est composée dans les derniers dernières années de CHOPIN, malade. Pourtant, il nous offre un poème paisible aux airs de nocturne, en trois parties, délicat, un moment éthéré. Et, même dans les moments brillants d’intensité, l’avalanche de triolet ne fait pas éclore l’angoisse, c’est comme atteindre une ascension, laisser sortir ses émotions et en ressentir tout le soulagement possible.

Les ballades, la fantaisie et la barcarolle de CHOPIN sont une fusion sublime entre technique et profondeur émotionnelle. Chaque ballade est une exploration unique, fascinante et bouleversante, essentielle au répertoire de CHOPIN. Ambitieuses, elles reflètent à merveille son imaginaire, son lyrisme, sa virtuosité, son univers en somme. Des chefs d’œuvres du répertoire romantique.

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1. Ballade N°1 En Sol Mineur Opus 23
2. Ballade N°2 En Fa Majeur Opus 38
3. Ballade N°3 En La Bémol Majeur Opus 47
4. Ballade N°4 En Fa Mineur Opus 52
5. Fantaisie En Fa Mineur Opus 49
6. Barcarolle En Fa Dièse Majeur Opus 60



             



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