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- Membre : Jaz Coleman
- Style + Membre : Ministry, Prong
 

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KILLING JOKE - Revelations (1982)
Par STREETCLEANER le 15 Octobre 2009          Consultée 2592 fois

L'année 1982 ne représente pas seulement la sortie de l'album Revelations pour KILLING JOKE, mais aussi la véritable exposition au public du grand délire de Jaz, espèce de gourou torturé et complètement mystique qui, croyant la fin du monde arriver, ira quelques temps après la sortie de l'album se réfugier en Islande (où le rejoindra plus tard le guitariste Geordie) pour attendre tranquillement et survivre à l'apocalypse supposée être nucléaire. Il faut savoir que la référence à la guerre nucléaire se retrouve à de multiples reprises dans la discographie de KILLING JOKE, par exemple dans l'image de la pochette de What's this for...! et dans le nom de l'album Brighter Than A Thousand Suns, qui signifie : « plus brillant qu'un millier de soleils ».

Jaz aurait-il eu des visions, une révélation cette année-là ? En tout cas l'apocalypse ne s'est pas produite et le sieur Coleman devait être furieusement à l'ouest et à la dérive à l'époque. Et sans doute embourbé dans des pensées occultes, mystiques ou ésotériques dont il n'arrivait pas à s'extraire. Le livret accompagnant l'album représente bien ce côté ésotérique puisqu'y sont nettement représentés les outils de la franc-maçonnerie, à savoir l'équerre et le compas, symboles de droiture et de précision, mais qui ont évidemment un lien avec le "grand architecte de l'univers" dont il est question dans les paroles du titre "Good Samaritan". Et le CD lui-même n'est pas en reste puisqu’une pyramide y est dessinée (il faut généralement y voir un symbole de la maçonnerie, ou de la trinité) à l'intérieur de laquelle se trouve l'œil de la providence, qui est l'œil omniscient de Dieu, ou parfois interprété comme étant l'œil d'Horus provenant de la mythologie égyptienne.

Dans le cerveau de ce barré de Jaz ça devait donc partir un peu dans tous les sens, le tout étant sans doute encore plus aggravé par l'utilisation de substances nocives et une vraie vie de rocker déjanté. D'ailleurs, il sera difficile de rentrer dans la compréhension des paroles des chansons, celles-ci demeurant assez obscures et pas forcément très explicites. Des visions, des révélations donc peut-être pour Jaz, mais en définitive, le résultat donne un peu dans le n'importe quoi et le Grand Guignol (l'apocalypse n'ayant pas eu lieu, Jaz sera bien obligé de revenir). Mais notre Jaz on l'aime comme ça, car c'est lui qui forge l'identité même du groupe. Sans Jaz et ses délires, quelles seraient la personnalité et la créativité du combo ? Sans doute bien plus fades ou tout simplement purement inexistantes.

Cependant, en termes d'innovation et de créativité, Revelations est plutôt limité par rapport à son prédécesseur What's this for. En gros, on prend la même recette, on mélange des ingrédients identiques, on secoue le tout et on boit cul sec. Soient une rythmique tribale et hallucinée, et un grand sorcier, dont le paroxysme du délire est atteint sur "We Have Joy" lorsque ses cris de possédé accompagnant le tambour se font entendre : un passage quasi visuel qu'on croirait tout droit sorti du film "Altered States" – connu aussi sous le nom de "Au-delà du réel" – de Ken Russel, notamment dans cette scène de la danse ethnique autour du grand champignon magique.

Car c'est bien de cela dont il s'agit : amener l'auditeur dans un état second, irréel, un état qui provoquerait l'altération de son esprit en somme. Et on peut dire que c'est réussi. Tout au moins sur les cinq premiers titres qui sont tout bonnement excellents. Avec pour ma part une préférence pour "Empire Song" et "Chop-Chop", qui sont parmi mes titres préférés du combo, et "The Pandys are coming" sacrément accrocheur dans son genre avec ses consonances orientales. Ce skeud commence donc sur les chapeaux de roue.

Malheureusement on doit constater une baisse de régime par la suite à partir de "Chapter III". Non pas que ces morceaux soient mauvais mais ils n'atteignent pas la qualité de ceux de la première partie de l'album. D'ailleurs, ils sont régulièrement zappés lors des concerts. Des titres donc plus mineurs en seconde partie, ce qui est fort dommage compte tenu du potentiel incroyable de la première partie. Quoique "Dregs" tienne bien la route dans un registre tribal. Mais voilà de quoi être au final un peu frustré par cet album, qui demeure toutefois plutôt très bon dans l'ensemble.

Note réelle : 3.5/5.

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   STREETCLEANER

 
   ERWIN

 
   (2 chroniques)



- Jaz Coleman (chant)
- Geordie Walker (guitares)
- Martin 'youth' Glover (basse)
- Paul Ferguson (batterie)


1. The Hum
2. Empire Song
3. We Have Joy
4. Chop-chop
5. The Pandys Are Coming
6. Chapter Iii
7. Have A Nice Day
8. Land Of Milk And Honey
9. Good Samaritan
10. Dregs
- bonus Track : Album Remasterisé En 2005
11. We Have Joy (alternate Mix)



             



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