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KILLING JOKE - Democracy (1996)
Par STREETCLEANER le 3 Mars 2010          Consultée 2506 fois

Democracy est un drôle de disque. Et on se dit que KILLING JOKE c'est quand même un drôle de groupe. Toujours surprenant. Après le Post-Punk de la fin des années 70, après la New-Wave du milieu des années 80, après une parenthèse plus industrieuse entamée au début des années 90, nous revoilà deux ans après la baffe Pandemonium avec cette drôle de galette. Le précédent Pandemonium était une espèce d'assemblage de diverses pièces faites de Metal, de réminiscences New-Wave, d'Electronique, de souvenirs Post-Punk, le tout saupoudré d'orientalisme et de mysticisme. Pandemonium c'était ça. Des compositions faites de matières premières d'origines différentes. Pandemonium avait une génétique riche et le rejeton avait de la gueule.

Le précédent album Pandemonium était aussi un disque plutôt énervé façon Metal. Si sur Democracy, KILLING JOKE se calme un peu, il n'abandonne pas pour autant ses thèmes de prédilection. La critique de la société est toujours à l'ordre du jour comme par exemple lorsque Jaz chante "you can join the prozac nation if you want to"* ("Prozac People") ou "elected to serve the public how did you make your fortune ?"** ("Another Bloody Election"). Cependant, l'espoir de changer les choses est là aussi perceptible : "lanterns of hope shine on" *** ("Lanterns").

Toutefois Democracy voit le groupe prendre une orientation musicale plus différente. Democracy revient à une production plus brouillonne, plus sale. Democracy revient aussi à la simplicité, à un certain dépouillement, débarrassé de toute surcharge non indispensable. Mais Democracy reste toutefois un album à la fabrication assez hétéroclite lui aussi. Democracy oscille entre le Rock Alternatif, quelques postures qui sentent plus ou moins le Metal, des souvenirs de la période New-Wave, des titres à refrains popisants : "Lanterns" et d'autres morceaux à la génétique plus incertaine.

Des titres comme "Savage Freedom", "Democracy" ou "Lanterns" qui voient KILLING JOKE introduire pour la première fois une guitare sèche ou acoustique ne peuvent que nous surprendre (ce serait même presque un choc pour certains). Un titre superbement teinté Electro-Indus-Metal au lourd riff salement accrocheur comme "Intellect" n'aurait, quant à lui, pas dépareillé par exemple sur un album du groupe d'Electro-Indus-Punk-Rock-Metal KMFDM, voire de FRONT LINE ASSEMBLY. Mais un morceau comme "Medicine Wheel", chanté mélodieusement, et à la guitare plus proche de l'esprit Night Time que Pandemonium ou What's This For, nous rapproche quant à lui de ce que le groupe composait pendant sa période New-Wave. Tout comme "Absent Friends" assurément plus proche de Brighter Than A Thousand Suns (dont on croirait entendre une chute de studio, si on se réfère à sa composition et à sa guitare) que de Pandemonium lui aussi, si l'on prend soin là aussi de mettre de côté une guitare devenue plus sale, un chant plus rugueux et une prise de quelques produits dopants pour se mettre à niveau. Quand j'écoute ce titre ou d'autres comme "Medicine Wheel" ou "Aeon", cela me saute aux oreilles à chaque fois : j'entends du Night Time/Brighter Than A Thousand Suns boosté aux amphétamines, soit une espèce de New-Wave colorée Rock ou teintée de sonorités Metal. Un drôle d'alliage ...

L'écriture de certains titres, ce chant de Jaz qui hésite "Democracy" entre un côté raw ou plus mélodieux, ou la guitare de Geordie parfois moins agressive, plus claire et aux effets de réverbération estampillés période Night Time, qu'on retrouve aussi sur "Aeon" ou "Pilgrimage", ne font que confirmer qu'une grosse part des racines de cet album plonge en réalité plutôt du côté de la période New-Wave que celle Post-Punk ou Indus. D'où cette impression d'avoir là encore affaire à un disque à la génétique proche d'un grand brassage. Ce Democracy qui sent le Metal (trop Metal pour certains) aux premières écoutes me semble en définitive faussement Metal. Il n'en prend que certaines apparences, n'en adopte que certaines postures ("Intellect" et son riff imposant, "Prozac People" ou "Savage Freedom" et leurs hurlements ...), même si de la période Post-Punk il ne reste au final que peu de choses : notamment ces rythmiques tribales sur "Pilgrimage" ou le furieux et plus brutal "Another Bloody Election" (peut-être le titre à l'énergie et l'esprit le plus Punk).

Democracy est un bon disque. Un très bon disque même. Moins percutant globalement que Pandemonium, il contient assurément lui aussi son lot de très bons titres et prouve que le groupe est parfaitement à l'aise avec son sujet et ses envies. Des titres comme "Savage Freedom", "Medicine Wheel" ou "Democracy" se retiennent facilement et sont bien catchy dans leurs refrains. Les riffs sont bien accrocheurs eux aussi ("Intellect", "Aeon" par exemple). Des qualités que partage la plupart des titres de ce disque. Toutefois, si les morceaux sont plutôt très bons, il faut avouer qu'aucun de ces titres ne constitue une tuerie définitive, et notamment si on considère la discographie de KILLING JOKE dans son ensemble. En ce sens je me demande si Democracy ne souffrirait pas, de ce point de vue, du même syndrome que Fire Dances. Il ne faut donc peut-être pas s'étonner si l'on ne retrouve pas très souvent des titres de Democracy dans les set-lists des concerts. Car Democracy ne contient pas LE ou LES titres qui feraient passer l'album au stade supérieur : celui de l'album indéniablement indispensable. Voilà sans doute où pèche Democracy : il lui manque un petit quelque chose pour passer au stade des grands albums.

Note réelle : 3.75/5.

* vous pouvez rejoindre la nation "prozac" si vous le désirez
** élus pour servir le public comment avez-vous fait votre fortune ?
*** rayonnez lanternes de l'espoir

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- Jaz Coleman (chant, claviers)
- Kevin 'geordie' Walker (guitares)
- Martin 'youth' Glover (basse)
- Geoff Dugmore (batterie)
- Nick Holywell-walker (claviers)


1. Savage Freedom
2. Democracy
3. Prozac People
4. Lanterns
5. Aeon
6. Pilgrimage
7. Intellect
8. Medicine Wheel
9. Absent Friends
10. Another Bloody Election



             



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