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- Membre : Jaz Coleman
- Style + Membre : Ministry, Prong
 

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KILLING JOKE - Fire Dances (1983)
Par STREETCLEANER le 17 Décembre 2009          Consultée 2831 fois

Fire Dances entérine le premier changement de line-up au sein de KILLING JOKE (sur un album studio car il y a eu auparavant un EP appelé Birds Of A Feather). Petit retour en arrière rapide : en 1982, Jaz, qui est versé à fond les manettes dans l’occultisme et l’ésotérisme (dont celui de A. Crowley), a une vision de fin du monde prochaine, s'enfuit en Islande, suivi quelques temps plus tard par le guitariste Geordie et le bassiste Youth. L’objectif serait ainsi de survivre à une prochaine guerre nucléaire. Là-bas, ils occupent leur temps en collaborant avec des musiciens locaux. Au bout de quelques mois Youth en a quand même marre d’attendre l’apocalypse qui n’arrive toujours pas et se barre. La scission s’opère et c’est ainsi qu’arrivera son remplaçant, Paul Raven (qu’on retrouvera aussi plus tard officiant chez PRONG par exemple), qui deviendra un membre du groupe très estimé (il est malheureusement décédé en 2007). Peu de temps après, Jaz, revenu un peu de ses délires, regagnera avec sa bande l'Angleterre et ils travailleront rapidement à ce quatrième album.

On peut dire que ce Fire Dances est un album qui, globalement, suit la voie tracée par les deux précédents, dans le sens où on y retrouve notamment les rythmiques tribales chères au combo (dix morceaux empreints de tribal), et un son toujours aussi personnel et identifiable.

Cette obsession du tribal, qui transpire encore ici tout au long du disque, même si elle est moins percutante, se retrouve jusque dans le titre de l’album, puisque celui-ci évoque le feu et la danse, et la pochette traduit également bien cette thématique en mettant en avant un personnage, une espèce de sorcier ou chamane qui aurait le pouvoir de maîtriser le feu (faut-il y voir un lien avec la maîtrise du feu nucléaire ?). De ce côté la filiation avec les albums précédents est donc plus qu’évidente. Un album qui ne surprendra pas non plus totalement côté son puisque le guitariste Geordie se montre encore garant de l’identité sonore bien établie du combo.

Toutefois, on sent ici véritablement une inclinaison qui avait déjà commencé sur Revelations, un album déjà globalement moins teinté de noirceur que What's THIS For...! Mais autant l'écart entre What's THIS For...! et Revelations était contenu (avec une guitare certes plus mise en avant), autant la mutation est dans le cas présent sacrément évidente : la production est encore plus claire, la guitare est bien moins tranchante, bien plus en retrait qu'auparavant (la basse de ce fait revient un peu sur le devant de la scène), la batterie tape moins durement, elle se trouve être bien moins monstrueuse, elle a un rôle moins central, la basse de Raven est plus dansante, et Coleman se fait d'une manière générale plus mélodieux. KILLING JOKE s’assagit, l'énergie est contenue. Mais Jaz et sa bande sont toujours capables de nous délivrer quelques titres énervés, comme le particulièrement déjanté et jouissif « Dominator ». Toutefois les morceaux sont dans l’ensemble moins agressifs, moins cassants, bien qu’ils fleurent toujours aussi bon les influences originelles du gang. En ce sens l’évolution qui se profilera ensuite sur Night Time se comprend rétrospectivement un peu mieux : Jaz semble être en fait plus apaisé. Et les paroles sont plus légères qu'à l'accoutumée. Où est passé l'aspect contestataire et enragé de KILLING JOKE ? Jaz serait-il devenu un nouvel homme ? On pourrait le penser à la lecture des paroles de "Rejuvenation" ou de "Frenzy" dans lesquelles il est question d'entamer un nouveau chemin. Et les autres thèmes sont également plus légers et lorgnent désormais vers la danse et le plaisir, comme dans "Fun and Games", "Song and Dance", "Harlequin" ou "Lets All Go - to the fire dances" (est-ce donc si étonnant d'entendre Jaz affirmer que son groupe ne fait pas du Rock’n’roll mais, je cite, de la "Dance Music" ?). Est mis aussi de côté l'ésotérisme de Revelations.

Une autre caractéristique de ce skeud doit être mentionnée : on ne peut que constater l'absence de gros hits ici. Pas de "Follow the Leaders", de "Wardance" ou de "Empire Song". Ce qui explique que les titres de Fire Dances soient donc régulièrement absents des compilations ou autres set-lists des concerts. Une légère déception donc en plus de constater que les titres ne sont plus aussi rageurs qu'autrefois.

Toutefois, on aurait tort de sous-estimer cet album qui nous délivre un ensemble de très bons titres, et une qualité d'ailleurs parfaitement homogène tout du long. C'est un album sur ce point différent de son prédécesseur Revelations, qui nous offrait à mon sens son lot de baffes en première partie pour s'effondrer quelque peu dans la seconde. Ici on ne retrouve pas ce syndrome. Tous les titres sont d'une qualité absolument indéniable et aucun d'entre eux n'est faible. C'est d'ailleurs paradoxalement là un peu le problème. Difficile de déterminer le moment particulièrement fort du disque : il n'y en a pas vraiment et de ce fait aucun titre ne se détache spécifiquement du lot. Peut-être que le triptyque "Song and Dance/Dominator/Lets All Go" se détache un peu grâce à un "Dominator" endiablé qui nous fait littéralement entrer en transe. Mais l'auditeur citerait d'autres titres que son choix resterait tout aussi inattaquable.

Fire Dances clôt la période (assez unitaire et homogène malgré tout) pré-Night Time et marque en quelque sorte la fin d'une époque. KILLING JOKE se tournera alors momentanément vers la new-wave et contiendra sa rage et son esprit contestataire. Le groupe y reviendra plus tard (et d'une manière féroce), au début des années 90. Mais le groupe va aussi abandonner quelque peu son obsession tribale. Car aucun album dans la discographie qui suivra ne reproduira avec autant d'acharnement des ambiances aussi tribales, ethniques, ni cette vision que l'on a de s'asseoir autour du feu, la nuit, et de voir les indigènes, habitants d'une contrée lointaine, danser autour du brasier sous le commandement d'un grand chamane qui vous a fait absorber un breuvage hallucinogène. Qu'on ne s'y méprenne pas, toutefois : les rythmes tribaux ne disparaîtront jamais complètement, ils seront toujours là en arrière-plan, voire s'inviteront de manière plus évidente sur certains titres. Mais ils ne seront plus mis autant en avant que sur la trilogie What's THIS For ...!/Revelations/Fire Dances dont ils constituent véritablement l'ossature. Ces trois albums transpirent le tribal par tous les pores de leur peau, même si c'est d'une manière inégale entre ces albums. Par la suite, les rythmes seront plus dilués et auront d'ailleurs tendance à lorgner du côté de la musique industrielle.

Fire Dances est donc une fin de chapitre, chapitre constitué d'un mélange d'influences punk adossées à des rythmes purement tribaux et forcenés, mais une sacrée belle fin tout de même. Mais il était peut-être temps que le combo passe à autre chose. Ce sera fait deux ans plus tard sur Night Time.

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   STREETCLEANER

 
   ERWIN

 
   (2 chroniques)



- Jaz Coleman (chant, claviers)
- Geordie Walker (guitares)
- Paul Raven (basse)
- Paul Ferguson (batterie)


1. The Gathering
2. Fun And Games
3. Rejuvenation
4. Frenzy
5. Harlequin
6. Feast Of Blaze
7. Song And Dance
8. Dominator
9. Lets All Go (to The Fire Dances)
10. Lust Almighty



             



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