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KILLING JOKE - Outside The Gate (1988)
Par STREETCLEANER le 27 Décembre 2009          Consultée 2999 fois

Lorsqu’on lui parle de Outside The Gate, voici ce que répond Jaz Coleman : « It’s not a KILLING JOKE album » (1). Voilà comment entamer et terminer par la même occasion une chronique que je n’avais pas trop à cœur de rédiger. Fin …




… Bon, bien évidemment, je ne terminerai pas cette chronique d’une manière si désinvolte. Pourtant je vous assure que prendre connaissance de cette déclaration expéditive, tout comme la note associée à cet album, était largement suffisant pour exprimer ce que je pense de ce skeud.

Car il est évident qu’on aimerait ne pas voir le nom de KILLING JOKE être apposé sur une telle œuvre. Et Jaz insiste bien lui aussi pour qu’on ne se méprenne pas : « Outside The Gate est un projet parallèle, il n’a jamais été celui de KILLING JOKE, et n’a jamais été prévu comme tel. Il s’agissait d’expérimenter quelque chose d’autre et il ne peut donc être attribué comme tel à KILLING JOKE » (2).

Effectivement, l’histoire autour de cette sortie n’est pas très claire. Au départ projet solo de Jaz, la maison de disque aurait, pour des raisons purement mercantiles, pris l’initiative d’y associer le nom du groupe et aurait tenté de rappeler Raven et Ferguson, alors non impliqués, pour des questions de crédibilité. Il faut dire que la participation du guitariste Geordie à ce projet avait de quoi faciliter la confusion et d’obscures dissensions ont alors été l’occasion de rejeter le retour de l’ex-batteur Ferguson (que tentait de faire revenir la maison de disques), avec qui Jaz ne s’entendait pas à l’époque. Et Raven reprochera à Jaz de prendre dorénavant une direction trop Pop et commerciale, de s'éloigner du Rock'n'roll (mais ne parlez pas de R'n'R à Jaz, il se mettrait en colère) et de refuser de tourner à ce moment avec le groupe aux USA (il changera d'avis ensuite). Mais que pouvait-il faire contre un frontman mégalo et obstiné ? Il sera bien obligé de se plier ou de partir. L'histoire est controversée : il aurait en fait joué sur cet album mais aurait refusé d'être crédité. Ce que dément timidement Jaz (qu'on soupçonne être de mauvaise foi) qui aurait précisé qu'aucun des "Paul" (Raven et Ferguson) n'aurait été impliqué dans ce projet parallèle. Quoi qu'il en soit, Raven partira à ce moment pour travailler sur un autre projet...

Construit autour des claviers de Coleman (autour de Coleman tout court d'ailleurs puisqu'il s'agit d'une œuvre très personnelle), et non des traditionnels riffs de Geordie, Outside The Gate s’éloigne des influences punks originelles du combo et plonge encore plus profondément dans la Pop/New-wave. Mais de la mauvaise New-wave, de la Pop/rock des années 80 assez plate et insipide, celle qui n’est plus originale, celle la plus mièvre, celle qui se faisait en bien mieux sur Night Time et Brighter Than A Thousand Suns, celle qui n’apporte plus rien en 1988. Et puis évidemment Outside The Gate ne sonne pas comme un album de KILLING JOKE. Les claviers sont mis très en avant, au détriment des riffs tranchants de la guitare de Geordie (« America » est un bon exemple de riff au clavier qui, quelques années plus tôt, aurait été joué à la guitare), et la section rythmique n’a plus qu’un rôle banal et plutôt effacé. Et puis la guitare de Geordie a perdu tout son mordant, son identité, pour devenir elle aussi très banale et passe-partout.

Cet album aurait sans doute obtenu son petit succès au début des années 80, mais dans le cas présent, à l’approche des années 90, il sonne vieux et dépassé à tous points de vue, avant même de sortir. Il faut dire que les synthés de Coleman sont assez kitsch et souffrent d’une production très moyenne. Mais ne mettons pas non plus tout sur le dos du matériel ou de la production et soyons honnêtes. Si le précédent Brighter Than A Thousand Suns comportait des compositions inspirées, celles de Outside The Gate sont quand même bien fadasses et Jaz réussit là le tour de force de ne délivrer aucun titre réellement intéressant. Jaz pioche quelques bouts de mélodies dans les deux albums précédents de KILLING JOKE et forcément il fait moins bien (« Unto The Ends Of The Earth » en est un bon exemple). Les chansons « America » et « My Love Of This Land » sont quant à elles ultra formatées Pop commerciale : on aime ou on déteste. On a même droit à du Hip-hop sur « Stay One Jump Ahead » : consternant.

Outside The Gate est donc à ce jour le seul album qui fait tâche dans la discographie de KILLING JOKE (bien qu’il ne s’agisse pas, je le répète, d’un album de KILLING JOKE). Et ce ne sont pas ces quelques touches de mysticisme ou les textes toujours un peu barrés et contestataires (« America ») qui sauveront le disque. Toutefois la débâcle n’est pas totale. Ce skeud n’est pas non plus une bouse complète, comme certains aimeraient le présenter. Il y a quelques moments intéressants, perceptibles ça et là, comme sur « Obsession » ou le titre éponyme, qui brillent encore légèrement de l’ancien flamboiement ou de la folie de KILLING JOKE. Mais ceci est nettement insuffisant pour qu’on s’y attarde.

Faut-il alors sauver Outside The Gate ? Non, il n'en est nul besoin (malgré le titre « May Day » qui figure sur la réédition) puisqu'il ne s'agit pas d'un album de KILLING JOKE. Il s'agit en fait d'un disque pour collectionneurs, le seul qui soit vraiment dispensable pour les autres, et qu'on peut ignorer. Deux ans plus tard sortira le féroce Extremities, Dirt And Various Repressed Emotions, sans aucun doute le skeud le plus intéressant de la Blague qui Tue depuis Fire Dances.

Note réelle : 1.5/5

(1) ce n’est pas un album de KILLING JOKE
(2) interview de Jaz Coleman -en anglais- sur le site Vive le Punk ! (http://vivelepunk.net)

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- Jaz Coleman (chant, claviers)
- Kevin 'geordie' Walker (guitare, basse)
- Jimmy Copley (batterie)
- Jeff Scantlebury (percussions)
- Jc 001 (rap additionnel)
- Paul Raven (basse, mais non crédité)


1. America
2. My Love Of This Land
3. Stay One Jump Ahead
4. Unto The Ends Of The Earth
5. The Calling
6. Obsession
7. Tiahuanaco
8. Outside The Gate
- bonus Tracks Réédition
9. May Day
10. My Love Of This Land (early Version)
11. Obession (early Version)
12. Unto The Ends Of The Earth (instrumental)
13. Jihad (single B-side)
14. America (extended Mix From The America 12” Egox 40
15. Stay One Jump Ahead (dub)



             



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