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MONOLAKE - Momentum (2003)
Par STREETCLEANER le 24 Juillet 2010          Consultée 2599 fois

Momentum a été réalisé par Robert HENKE seul (il s'agit d'ailleurs de sa première réalisation, où il opère entièrement seul) en utilisant notamment le fameux logiciel Ableton Live qu'il a contribué à développer avec son complice d'antan, Gerhard BEHLES. Chacun de ses albums est différent. Et Momentum est encore plus particulier. Méchamment sombre et sacrément agressif en comparaison des travaux précédents. Pourtant, la signature de HENKE est unique et immédiatement reconnaissable entre mille, et dans le milieu de l'électro posséder son propre son, sa signature, son design sonore, représente l'ambition de tous les artistes et DJs. HENKE est un touche à tout brillant : ingénieur du son, enseignant à l'Université des Arts de Berlin, développeur de logiciels, compositeur, performer... mais aussi passionné de physique et des sciences en général. Et cet intérêt va se retrouver dès le premier morceau « Cern », qui fait évidemment référence au Centre Européen pour la Recherche Nucléaire, HENKE s'intéressant notamment au LHC (Large Hadron Collider ou accélérateur de particules), « la plus fantastique machine ayant été construite » selon ses propres dires. HENKE réalise toujours des œuvres profondément réfléchies et on connaît tout le soin qu'il apporte aux détails, aux atmosphères, aux structures rythmiques... Et c'est un travail d'orfèvre ou de d’horloger suisse que nous tenons encore avec Momentum.

Momentum constitue une pièce de choix dans la discographie de MONOLAKE. Ceux qui apprécient les atmosphères dark, technologiques, spatiales, dubby, vont être servis ici. Momentum est dark. Tel un monolithe noir aux pouvoirs obscurs, Momentum va rayonner de ses ténèbres et exercer son pouvoir hypnotique sur l'auditeur. Difficile de s'en défaire tant il contrôle notre cerveau, le manipule, lui inflige ses pensées les plus sombres. Parmi les pièces les plus ténébreuses, on trouvera « Atomium » avec sa rythmique quasi tribale/industrielle et répétée sur fond de nappes synthétiques inquiétantes : « Atomium » nous envoie dans une espèce de trip hallucinatoire et oppressant : drogue... tribu africaine... breuvage... hallucinations d'espace... peur de l'infini, machinerie monstrueuse au rythme régulier et sourd, voilà quelques images qui pourront se mélanger dans ce voyage oppressant, dark, et génial à la fois. Le terrible « Stratosphere », au rythme lourd et chaloupé, mais aussi profondément spatial, renouvellera ce trip hallucinatoire et envoûtant. Par ses effets de résonnance ou d'échos -qui n'ont jamais été aussi développés- nous côtoyons des environnements vides et anxiogènes. Et ce n'est pas la fin de l'album, « Credit », qui nous rassurera, une plage ambiante particulièrement réussie avec des nappes vaporeuses qui font ressentir le vide et le froid de l'espace ; « Credit » nous transporte peut-être à bord d'un vaisseau spatial dans un voyage plein de dangers ; tandis que le vaisseau passe près de nous lorsque les enceintes se mettent à vibrer (oui je sais le son ne se propage pas dans le vide...). Il est clair que HENKE a choisi de nous laisser sur une fin marquante et impressionnante par son côté sombre et sans espoir, dans laquelle il semble nous dire que le néant est notre seule destinée. Nous sommes désespérément seuls lorsque vient notre fin, lorsque ce néant nous avale...

Momentum est aussi futuriste ou technologique : c'est le cas du plus agressif « Cern », avec son mur de percussions qui semble fait d'échanges de balles de ping-pong, et ses ambiances irréellement inquiétantes, ou « Linear », au rythme mécanique, et dans lequel s'invitent ce qu'on imagine être des voix robotisées et autres sons où l'on sent presque l'électricité sortir des hauts parleurs : imparable ! Le prenant « Tetris » nous plonge dans ses ambiances technologiques obscures pour ce qui est sans doute l’un des meilleurs titres jamais composés par HENKE. Sur « White II » on retrouvera des percussions aux sonorités de balles, mais ici le tempo se fait plus modéré et on retrouve bien le MONOLAKE qu'on connaissait sur les précédentes productions dans ce titre à l'atmosphère plutôt reposante et quasi tribale là aussi, lui conférant un côté hypnotique. En tout cas encore du superbe travail sur ce titre répétitif mais aux ambiances soignées : un titre quasi parfait de techno ambiante. « Reminiscence » est quant à lui clairement plus dansant avec sa ligne de basse et son groove efficaces taillés pour les clubs.

Momentum est un monument, un monument noir, l'album le plus sombre et agressif de MONOLAKE lorsqu'il est sorti (le plus récent Silence est bien dark lui aussi mais il s'agit d'un travail quelque peu différent). Mélangeant habilement atmosphères futuristes, technologiques, sombres, spatiales, tribales et mécaniques, Momentum possède une personnalité forte et entière. Momentum est entêtant, il nous possède et ouvre une porte dans notre espace-temps. Ne dit-on d'ailleurs pas que le LHC, en accélérant la matière, aurait le pouvoir de créer un trou noir ? Et si cet astre noir s'appelait Momentum ?

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- Robert Henke (tout)


1. Cern
2. Linear
3. Atomium
4. White Ii
5. Tetris
6. Excentric
7. Reminiscence
8. Stratosphere [edit]
9. Credit



             



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