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ROCK-JAZZ PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : Caravan, King Crimson

CAMEL - Rain Dances (1977)
Par MARCO STIVELL le 29 Juillet 2010          Consultée 2149 fois

Rain Dances marque un tournant dans la musique de CAMEL. Le groupe vient de subir sa première défection avec le départ du bassiste Doug FERGUSON, à la fin de la tournée de 1976. Tournée qui avait aussi marqué l'arrivée du saxo-flûtiste Mel COLLINS, connu pour ses participations aux albums de King CRIMSON du début des années 70. En remplacement de FERGUSON, le groupe engage Richard SINCLAIR, autrefois membre fondateur de CARAVAN, groupe de la scène rock progressif de Canterbury.

L'arrivée de ces deux musiciens, Mel COLLINS, mais aussi Richard SICNLAIR - le mouvement Canterbury se distinguant ainsi de la musique d'un autre groupe comme GENESIS - peut laisser imaginer une orientation plus jazz et c'est en effet le cas. Le son CAMEL perd la teneur symphonique qu'il avait acquis sur The Snow Goose et Moonmadness, et on se plaît (ou pas) à imaginer la tournure que prendraient des "Lunar Sea" et "Lady Fantasy" avec un saxophone en live. La flûte n'est plus aussi présente qu'avant, ce qui est regrettable. La basse semble, quant à elle, plus mise en avant, ce qui n'est là par contre pas pour déplaire. Richard SINCLAIR chante également, avec une voix plus assurée que celle de Doug FERGUSON, mais aussi peut-être un peu plus passe-partout.

L'album s'ouvre avec pour la première fois (si l'on met à part The Snow Goose car il l'était totalement) un instrumental. "First Light" présente dans sa première moitié un beau travail comprenant tous les éléments qui ont fait la réussite de CAMEL sur le plan musical jusqu'alors : malgré les synthés toujours très typés de Peter BARDENS, une mélodie charmante ici menée sur un train plutôt rapide. On sent bien cependant que quelque chose a changé, ça ne tourne pas rond comme avant tout ça. C'est surtout à cause de la cassure rythmique qui nous amène à la seconde moitié du morceau. Il s'agit en fait d'un crescendo réalisé de main de maître, avec les nappes d'abord à l'arrière-plan, puis qui remontent petit à petit, et la guitare d'Andy LATIMER, toujours aussi expressive qui introduit le saxophone alto. C'est véritablement le passage le plus marquant de l'ancienne face A de Rain Dances, et "First Light" reste grâce à lui sans doute l'un des meilleurs titres de cette période 77-78. "Metrognome" arrive ensuite avec son "tic tac" d'horloge et le chant en harmonies qui sonnent un peu comme les réveils difficiles du matin. Le titre est cependant plus dynamique ensuite avec un développement jazzy où la guitare et le saxophone jouent à l'unisson. Sympathique sans être mémorable. De même la chanson qui suit, "Tell Me", avec ses clarinettes en fond et une ambiance plus feutrée, mais il y aura mieux sur l'ancienne seconde face à ce niveau. On continue avec "Highways of the Sun", devenu single à l'époque, gentillet lui aussi avec son phrasé de synthé récurrent et une bonne prestation d'Andy LATIMER au chant. "Unevensong" marque la fin de cette première partie d'une manière un peu plus speed, avec notamment un final magnifique où l'on retrouve ici mieux qu'ailleurs tout le savoir-faire du groupe en matière d'émotion.

La seconde partie (elle commençait en réalité avec le titre précédent) démarre avec un titre à rallonge, dans la formulation comme dans la durée : "One of These Days I'll Get an Early Night". On peut dire que pour une surprise, c'est une surprise... Déjà les morceaux de CAMEL écrits par tous les membres du groupe en même temps ne sont pas légion. On sent l'empreinte jazzy, surtout dans les claviers de BARDENS, mais côté rythmique, on lorgne plus vers un monstre qui est apparu en même temps que le punk en cette deuxième moitié des seventies et qui aura été également fatal au rock progressif : le disco ! Les fans de la première heure ont dû hurler en entendant ça, pourtant c'est un titre au bon groove et qui sans son aspect improvisé pourrait mettre le feu aux dancefloors... Mais bon on n'en est pas là non plus. L'arrangement cuivres et saxos est bien foutu, et en parlant de ce dernier instrument, sous sa forme ténor et alto, c'est le seul morceau où il est réellement mis en avant, et ça passe plutôt bien curieusement. Vient ensuite un morceau totalement différent, et sans doute le plus beau de l'album : "Elke", plus feutré encore que "Tell me", avec participation de master Brian ENO (respect total une fois de plus), de la flûte (enfin !) et quelques notes coulées de harpe des plus bienvenues. "Skylines", au rythme ternaire jazzy (qui rappelle le "In That Quiet Earth" de GENESIS en moins alambiqué) n'est pas particulièrement marquant, sauf bien sûr pour les passages gracieux avec cuivres doux en fond. On termine avec un autre instrumental, celui qui donne son nom à l'album, avec une première partie symphonique où le joli saxophone soprano survole les nappes (et on reconnaît bien là le talent mélodique de CAMEL), puis un développement un peu plus expérimental qui évoque assez bien les "danses de pluie".

Il faut avouer que même si elle est plus qu'intéressante, la période 77-78 de CAMEL, la plus jazzy, celle qui correspond à la présence de Richard SINCLAIR et de Mel COLLINS (en tant que membre permanent pour ce dernier car il continuera de faire des sessions pour CAMEL par la suite), est aussi celle qui comporte le moins de bonnes choses. Rain Dances reste le disque que j'aime le moins de leur carrière, et encore je le considère comme un assez bon album, c'est vous dire ce que je pense du reste. On peut dire que c'est l'époque où, tout comme pour YES et GENESIS, CAMEL perdra beaucoup d'anciens fans sans pour autant en gagner de nouveaux comme le feront les deux autres, et deviendra moins populaire, de plus en plus critiqué pour une orientation musicale toute aussi mal comprise que les deux autres, et ça ne s'arrangera pas avec les années...

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   MARCO STIVELL

 
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- Andrew Latimer (guitares, chant, basse, choeurs, synthétiseur, pia)
- Peter Bardens (synthétiseurs, orgue, pianos)
- Andy Ward (batterie, percussions)
- Richard Sinclair (basse, chant)
- Mel Collins (saxophones ténor, alto et soprano, clarinettes, fl)
- Martin Drover (trompette, cor)
- Malcolm Griffiths (trombone)
- Brian Eno (synthétiseurs, piano, cloches)
- Fiona Hibbert (harpe)


1. First Light
2. Metrognome
3. Tell Me
4. Highways Of The Sun
5. Unevensong
6. One Of These Days I'll Get An Early Night
7. Elke
8. Skylines
9. Rain Dances



             



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