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POP-ROCK PROGRESSIF CELTE  |  STUDIO

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IONA - Journey Into The Morn (1995)
Par MARCO STIVELL le 15 Août 2010          Consultée 1571 fois

Après un petit silence de deux ans ainsi qu'un remaniement du line-up (remplacement de Nick BEGGS par Tim HARRIES, Troy DONOCKLEY engagé en tant que sixième membre officiel), IONA est de retour avec l'un de ses albums-phares, l'un des plus importants de son histoire.

Journey Into the Morn est celui que l'on pourrait considérer comme étant le plus fidèle aux racines celtes du groupe. Pour beaucoup de choses : pour la cornemuse, pour ce "Irish Day", ce "When I Survey", pour la présence de Maire BRENNAN, chanteuse et harpiste de la formation irlandaise CLANNAD... Et ces raisons sont toutes plus que bonnes pour écouter cet album et le réécouter. Il faut justement l'écouter d'un trait, même si c'est l'un des albums simples les plus longs qu'on puisse imaginer, car il fait mine de rien plus de 78 minutes. Rien à faire, je maintiens que les albums longs doivent être aussi bien écoutés que les courts. C'est vrai que c'est un peu dur au début, mais les amateurs d'IONA viennent pour une bonne partie du monde du rock progressif, et c'est dit formellement, quand on arrive à se farcir (avec plaisir) des doubles albums bien copieux comme le Tales From Topographic Oceans de YES et le The Lamb Lies Down on Broadway de GENESIS, sans parler, plus récemment, des disques de groupes tels que THE FLOWER KINGS, un petit album simple de 78 minutes ne devrait pas faire tellement peur.

Et puis ce n'est pas tout. L'impression de longueur est de plus en plus gommée au fur et à mesure des écoutes avant tout grâce à la manière dont pratiquement chacune des chansons présentes arrive à captiver l'auditeur, ce qui n'est pas le moindre atout. Rarement un album de pop-rock-prog-ambiant-celtique (ouf !) ne se sera révélé aussi riche, abouti, assurément plus qu'intéressant. Et pourtant il y en a des chansons. On pourrait croire qu'il y a du surplus, les plus médisants diraient même du déchet... Il n'en est rien, rien, absolument rien. Ce sont 78 minutes (ou presque) de pur bonheur. La première partie, jusqu'à la chanson-éponyme "Journey Into the Morn" inclus représente clairement ce qu'ils ont fait de mieux jusqu'alors.

Le titre d'ouverture, "Bi-Se i Mo Shuil (part 1)" (équivalent gaélique de "Be Thou My Vision") présente un son de nappe qui sera caractéristique de tout l'album. Et "Irish Day", si elle peut au départ faire penser à une tentative de "Treasure" bis, se révèle pour tout fan de pop celtique tout autant indispensable, sinon plus. On pouvait la trouver trop longue et un peu trop calquée sur "Treasure", mais au final elle est encore mieux que cette dernière ! De plus, point de saxophone ici (juste un peu de soprano pour le reste de l'album), de la cornemuse en revanche, et ça c'est un grand plus. La mélodie de flûte irlandaise ainsi que le dernier couplet peuvent générer un bon nombre de frissons... Dans la même lignée, toujours sur un versant pop et sans trop dépareiller, on a "Wisdom". Puis viennent les surprises un peu plus... surprenantes : "Everything Changes", avec la batterie qui se met à imiter un beat électro et la voix si particulière de "Maire BRENNAN" qui plane au-dessus. La figure de proue de CLANNAD apporte sa touche à bon nombre de morceaux du disque, à commencer par celui-ci, et sur quasiment tous les suivants, jusqu'à "Divine Presence". "Inside my Heart" est une belle réussite, plus encore que les deux précédentes, avec des solos magnifiques. Arrive "Encircling", l'une des pièces maîtresses de l'album et ce n'est pas parce qu'elle fait plus de dix minutes. Il y a tout, tout ce dont le groupe est capable de faire de mieux : la densité autant que la finesse, l'émotion avant tout. Si je ne me trompe pas, il y a même l'ami Robert FRIPP (de KING CRIMSON je le rappelle) qui vient un peu tâter de ses Frippertronics sur la partie du milieu. La harpe de Maire est aussi présente, tout comme sur le très beau "Journey Into the Morn" qui vient conclure cette première moitié déjà copieuse et presque parfaite.

"Lindisfarne" comporte l'une des plus belles intros qu'il soit donné d'entendre... On sent cette vague monter, monter, puis s'arrêter d'un coup, et la mélodie lumineuse est amenée ainsi, sans qu'on s'y attende. Là aussi, c'est à en donner des frissons. Et puis la chanson est royalement puissante, comme quoi quand IONA rend hommage aux îles, c'est toujours avec grandeur et majesté. "No Heart Beats" reprend le flambeau vers un domaine un peu plus pop, peut-être pas de la manière la plus réussie (pour le refrain seulement), mais ces deux voix féminines peuvent chanter n'importe quoi, c'est toujours très beau. Le tandem "The Search" / "Divine Presence" nous convie à quelque chose d'un peu plus mystique, très loin d'être désagréable, autant l'une que l'autre bien qu'elles soient différentes. La seconde apporte même un souffle acoustique qui offre une petite respiration avant le... BAAAAAAAAAM ! Et là vous voilà littéralement tiré hors de votre rêverie. J'ai toujours un peu de mal avec cette intro un peu bruitiste et légèrement surmixée de "Heaven's Bright Sun", c'était même le morceau que j'appréciais le moins de l'ensemble, jusqu'à la redécouverte de la seconde partie, plus progressive et captivante jusqu'à l'explosion finale. Dans la même tradition progressive, on a "Bi-Se i Mo Shuil (part 2)" qui est une variation un peu fo-folle du premier titre, et tout à fait bienvenue. Enfin, "When I Survey", ou comment conclure un magnifique album par un hymne, qui n'est autre ici que "The Water is Wide", repris plus près de chez nous par Graeme ALLWRIGHT, RENAUD, TRI YANN... Joanne nous livre une de ses plus belles prestations, mais qu'est-ce qu'elle est belle sa voix !

Tous ces titres, toutes ces chansons font vraiment de Journey Into the Morn un album emblématique, à consommer sans modération et avec le plus grand plaisir. C'est avec raison sans doute qu'il est devenu l'album le mieux vendu d'IONA à ce jour. Le côté pop est, malgré la présence d'autres pièces plus longues, plus facile à saisir que sur les autres albums, aussi bien les précédents que ceux à venir. Une fois de plus la musicalité est irréprochable, ou presque... A part, allez je suis gentil, un morceau, deux maximum, tout est d'une excellence qui place Journey Into the Morn au sommet de ce qu'IONA a fait de mieux, un climat dont quinze ans après, le groupe n'est toujours pas redescendu.

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   MARCO STIVELL

 
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- Joanne Hogg (chant, guitare acoustique, loops vocaux)
- Dave Bainbridge (guitares, mandoline, mandola, claviers, programmat)
- Mike Haughton (tin whistle, saxophone soprano, flûte traversière,)
- Troy Donockley (cornemuse irlandaise, tin whistle, choeurs, carill)
- Tim Harries (basses)
- Terl Bryant (batterie, percussions)
- Maire Brennan (chant, loops vocaux, harpe celtique)
- Robert Fripp (guitare-synthé, frippertronics)
- Peter Whitfield (violons, violon alto)
- Chris Eaton (choeurs)
- Charles Oxtoby (choeurs)
- Nigel Palmer (choeurs)


1. Bi-se I Mo Shuil (part 1)
2. Irish Day
3. Wisdom
4. Everything Changes
5. Inside My Heart
6. Encircling
7. Journey Into The Morn
8. Lindisfarne
9. No Heart Beats
10. The Search
11. Divine Presence
12. Heaven's Bright Sun
13. Bi-se I Mo Shuil (part 2)
14. When I Survey



             



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