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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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- Style : Ramin Djawadi
- Membre : Bande Originale De Film

Hans ZIMMER - Inception (2010)
Par TARTE le 15 Octobre 2010          Consultée 1940 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Un rêve, aussi fantaisiste soit-il, nous paraît réel tant que l’on est dedans, ce n’est qu’au réveil que l’on se rend compte de ce qu’il avait de bizarre. La bande originale d’Inception ? Elle est très agréable à l’écoute, et ce n’est qu’après que l’on se rend compte à quel point elle est géniale. Christopher Nolan tenait un concept en béton, et il n’y avait guère qu’un compositeur capable de le suivre jusqu’au bout de ses songes : HANS ZIMMER.

Il faut savoir que la musique joue un rôle primordial dans le film, d’abord parce qu’elle accompagne avec maestria les dimensions dramatiques et oniriques du métrage, mais surtout elle articule intelligemment les « réalités » de l’histoire par une maturité de composition rare, chaque titre à son discours, son ambiance, mais tous possèdent « la » touche d’extravagance rendant la musique surréaliste, ou devrais-je dire « subréaliste ».

Après avoir écouté cette bande originale, il m’est (entre autres) resté en tête la luisante couleur ocre des cuivres, les phrasés monumentaux introduisant l’album dans « Half Remembrered Dream », et dont les puissants échos se font entendre ça et là, donnent une intonation définitivement mégalomaniaque à l’ensemble. « Dream Is Collapsing » signe un emballement orchestral aussi dantesque que la scène qu’il illustre, l’image d’un rêve en pleine agonie, ornée par la guitare rugueuse de Johnny Marr (que l’on retrouvera notamment dans « Dream Within A Dream » et « Time »). La chaleur boisée des violoncelles et des contrebasses se mêle alors avec cors, tubas et trombones, les sonorités s’enchevêtrent dans « 528491 » jusqu’à un envoûtant crescendo, les cuivres s’affirment à nouveau lors du dénouement, écoutez attentivement l’inspiration que prennent les musiciens avant chaque détonation et la force délivrée par les cuivres, preuve supplémentaire que ZIMMER ne s’est pas arrêté à mi-chemin sur sa quête de l’excessif. La course de « Mombassa » elle, se tourne davantage vers un électronique tissée au fil d’une rythmique décadente. Mais au-delà de cette énergie se cache une réelle finesse, des cordes graves qui vibrent à l’unisson dans « Paradox » au lancinant synthétiseur de « Old Souls ». Puis un hommage fugace à l’œuvre de John Williams sur « Star Wars III » (« The Immolation Scene ») dans « Waiting For a Train », empli d’émotions.

Mais là où la bande originale brille d’ingéniosité, c’est dans son sens conceptuel (c’est là que ceux qui n’ont pas vu le film risquent d'être complètement perdus), pour l’anecdote, HANS ZIMMER a pris pour patron la chanson d’Edith Piaf « Non, Je ne regrette rien » en hommage à l’illustre rôle qu’à tenu Marion Cotillard dans « La Môme ». Oui, pour patron, car (et ce n’est plus vraiment un secret) l’introduction « Half Remembered Dream » n’est autre qu’un arrangement orchestral de la chanson de Piaf passée au ralenti. Hop ! Lien direct avec le film et la théorie de la modulation du temps selon les niveaux de rêve, plus on s’enfonce vers les limbes, plus les témoins des niveaux supérieurs sont ralentis. Paf ! Corollaire avec la musique sonoriquement grave, rappelez-vous des violoncelles, contrebasses, cors et tubas, et oui… sans même friser un quelconque aspect mécanique, la musique suit scrupuleusement le déroulement de l’histoire et renforce sa crédibilité, a fortiori, elle complète les interrogations sur l’intrigue même, quelques originaux ont en effet établi l’idée que le film entier est un rêve, et la fin de « Time » annoncerait le réveil imminent, mais pour cause d’un cordage narratif trop bien ficelé, rien ne justifie cette théorie plus qu’une autre.
Quant aux deux titres bonus « Projections » et « Don’t Think About Elephant » (disponibles séparément et gratuitement), ils revisitent la quasi-totalité de l’album sur un ton sensiblement plus machinique, leur intérêt est donc très limité.

Véritable abîme méditative, la musique d’Inception garde encore foule de mystères, gardant la part énigmatique du récit tout en retranscrivant une ingénieuse et pléthorique démesure, elle nous apparaît fantastique, mais aussi très sombre, alors n’oubliez pas de garder un œil sur votre totem.

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   TARTE

 
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- Hans Zimmer (composition)
- Johnny Marr (guitare)


1. Half Remembered Dream
2. We Built Our Own World
3. Dream Is Collapsing
4. Radical Notion
5. Old Souls
6. 528491
7. Mombassa
8. One Simple Idea
9. Dream Within A Dream
10. Waiting For A Train
11. Paradox
12. Time
- titres Bonus
13. Projections
14. Don’t Think About Elephants



             



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