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MUSIQUE CONTEMPORAINE  |  B.O FILM

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- Style : Ramin Djawadi
- Membre : Bande Originale De Film

Hans ZIMMER - Gladiator (2000)
Par MR. AMEFORGEE le 7 Septembre 2006          Consultée 5406 fois

AVERTISSEMENT : cette chronique de bande originale de film est également susceptible de contenir des révélations sur le film

Hans Zimmer est un champion de la musique de film épique à la Hollywood, dont Gladiator constitue l’un des parangons et qui fait partie, selon une opinion largement répandue, des meilleures B.O. qu’il ait pu concevoir. Dans sa tâche de dépoussiérage de la musique de péplum, il s’adjoint les services de Lisa Gerrard, qui apporte une touche de folklore traditionnel et ethnique ainsi que de mysticisme, qui viendra contrebalancer les imposantes armatures orchestrales, d’héroïsme et de grandiloquence, que le compositeur édifie pour les passages guerriers, à la gloire du torse huilé, de la jupette au vent et du gros glaive dégoulinant de sang de Russel Crowe.

De fait, la B.O. présente, tel le dieu Janus, deux visages. L’un est particulièrement planant, riche en effets d’atmosphère, tissé à partir d’instruments à consonance orientale, et auquel Lisa Gerrard prête les vocalises énigmatiques dont elle a le secret depuis Dead Can Dance. Cet aspect tend à faire planer sur le film l’ombre d’un « fatum », d’un destin tragique, inéluctable, de sueur et de sang mêlés, qui finira par avoir la peau du héros. En général, les morceaux qui le caractérisent sont assez courts et l’on songe à l’occasion à Vangelis.
L’autre est la face belliqueuse, virile. C’est à cet endroit que Hans Zimmer déploie tout son savoir faire, à coups de percussions frénétiques qui accentuent les sensations d’angoisse et dramatisent l’action, de puissants sons de cuivre et d’amples tourbillons de cordes qui abattent les cloisons de nos tympans comme autant de murs de Jéricho. Si cela n’est pas suffisant, un choeur aux pieds de plombs et aux vocalises d’airain sera tapi en renfort pour annihiler les dernières résistances. L’illustration caractéristique de cette facette se retrouvera notamment le temps de deux morceaux conséquents, de dix minutes chacun, qui constituent en quelque sorte le clou du spectacle.

Bien entendu, il ne faut pas oublier la composante essentielle de toute bonne B.O. hollywoodienne qui respecte son public de mangeurs de pop-corn invertébrés : l’émotion. De la tendresse pour le pauvre héros malchanceux et trahi : en ce sens, le thème principal, plutôt sympathique, que l’on entendra à maintes reprises le long du film, nous est servi à toutes les sauces, tantôt éclatant, tantôt désespéré, tantôt compassionné (et enfin apaisé sur « Honor Him »). Des accents tordus de douleur pour le pauvre vieil empereur, tels qu’on peut en percevoir chez les violons gémissants de « Patricide ». Des sentiments de gloire solennelle, sur le court « Slaves to Rome » notamment, qui évoque quelque Boléro de Ravel. Un titre comme « The Might of Rome », intéressant, nous offre la mixité bicéphale des genres évoquée plus haut, partagé entre le sens épique à gros coups de sabots de Zimmer et les arabesques gracieuses de Gerrard.
Les deux passages de choix, « The Battle » et « Barbarian Horde », quant à eux, sont tonitruants et offrent de l’héroïsme typique de Hans Zimmer, relativement saisissant grâce aux nombreuses modulations dynamiques, qui nous font voguer d’un état de ténèbres angoissé à un moment d’épanchement victorieux, en passant par cet instant de dramatique incertitude où les événements ne sont pas encore joués, sur la corde raide. A noter que les thèmes martiaux sont complètement inspirés de l’inévitable « Mars, the Bringer of War » de la suite des Planètes de Gustav Holst (et non, ce n’est pas du comique de répétition quand on vous répète sans cesse l’importance de cette suite), que Zimmer adapte à son propre style pour plus de puissance, de sensations fortes, de grandiloquence létale. A défaut d’être surprenants, ces deux morceaux ont au moins la qualité d’être prenants et bien troussés.

La fin est particulièrement réussie, en laissant carte blanche à Lisa Gerrard pour déployer toute sa mystique émotive, sur le funèbre « Elysium » et le conclusif et plein d’espoir « Now We Are Free ». Dommage que les Kleenex n’existaient pas à l’époque de Marc-Aurèle et de son félon de fils, Johnny Cash : ils auraient pu servir.
On notera peut-être quelques longueurs inutiles, notamment au coeur de la B.O., mais l’ensemble reste relativement intéressant et expressif. On comprend à cet égard l’engouement qu’a pu connaître cette oeuvre de Hans Zimmer, qui se révèle en fin de compte tout à fait recommandable.

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   MR. AMEFORGEE

 
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1. Progeny
2. The Wheat
3. The Battle
4. Earth
5. Sorrow
6. To Zucchabar
7. Patricide
8. The Emperor Is Dead
9. The Might Of Rome
10. Strength And Honor
11. Reunion
12. Slaves To Rome
13. Barbarian Horde
14. Am I Not Merciful?
15. Elysium
16. Honor Him
17. Now We Are Free



             



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