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FOLK CELTIQUE/WORLD  |  STUDIO

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Loreena MCKENNITT - Parallel Dreams (1989)
Par MARCO STIVELL le 24 Décembre 2010          Consultée 1613 fois

Après deux albums plutôt intimistes musicalement (surtout le deuxième), Parallel Dreams se présente comme le premier album dont l'orchestration se veut "massive", bien que l'univers, la sensibilité, et la densité d'Elemental soient toujours présents. En fait, ce troisième opus forme avec le suivant, une sorte de diptyque à travers lequel Loreena McKENNiTT garde une certaine préférence pour le folk celtique, mais commence aussi d'affirmer une volonté de se diriger vers d'autres horizons.

"Samain Night" est un des plus beaux exemples qui confirme la règle. Le son froid d'Elemental est toujours bien présent (nous ne sommes qu'à la fin des années 80), apportant une touche hivernale à l'esprit harpe celtique + nappe de synthés lui toujours aussi fort. Sans oublier bien sûr la voix d'or de Loreena. A tout cela vient cependant s'ajouter une autre coloration loin d'être déplaisante : la guitare électrique de Brian Hughes, qui a eu l'excellente idée de terminer le motif de son arpège par un accord "coulé" réalisé en grattant les cordes près du chevalet de l'instrument. Une très chic idée qui vient renforcer la densité de l'ensemble, et c'est valable sur pas mal d'autres titres de l'album, pour la présence de cet instrument j'entends. Des chansons à la durée plus ou moins étirée comme on peut le remarquer, ce qui justifie le petit nombre de morceaux.

Parallel Dreams est donc aussi l'occasion pour Loreena de s'aventurer sur d'autres terrains musicaux, même si les titres concernés restent très mâtinés de musique celtique. Sur "Breaking the Silence", on peut entendre, entre autres le tamboura de George Koller. En matière d'import hindou, notons aussi les tablas sur "Standing Stones", avec aussi des percussions multiples. Mais le titre le plus marquant dans cet enrichissement reste le seul (quasi-)instrumental du disque, "Huron 'Beltane' Fire Dance". Il est introduit par un long passage mi-tribal mi-lyrique où l'on peut entendre la voix de Loreena avec un effet démultiplié. Puis le reste du morceau est dominé par les percussions "world" et un motif mélodique au violon qui s'ancre dans la tête pour ne plus en sortir. A la fois simple et magistral, c'est l'une des pièces les plus importantes du disque. Cetains amateurs de Loreena n'accrocheront pas au virage qui sera pris par la Reine, mais il faut dire aussi que l'utilisation de ces instruments venus d'ailleurs reste "minime" sur ce disque, comparé à ceux qui seront publiés après le suivant.

Et il ne faut pas perdre de vue que d'autres chansons parmi celles de Parallel Dreams viennent pour le moins joliment confirmer cette volonté de rester avant tout proche de l'univers exclusivement folk celtique des débuts. "Moon Cradle" et "Dickens' Dublin (the Palace)" en font partie, surtout la deuxième avec ce refrain si profond, si optimiste ("maybe I can find a place I can call my own..."). Mais les deux plus importants restent "Breaking the Silence" et "Annachie Gordon". Ce dernier représente un point commun de choix avec l'album qui suivra, car c'est une des plus belles ballades du folk irlandais étirée sur plus de huit minutes, avec la douceur de la harpe celtique, du fredonnement de Loreena et toute l'ambiance requise pour une telle chanson : nappe envoûtante, projection sur les étendues vertes de l'île d'Avalon par un temps gris et venteux... A l'image de la pochette quoi. Quant à "Breaking the Silence", ce titre est particulièrement important dans l'oeuvre de Loreena, car écrit en hommage à Amnesty International. On y retrouve une mélodie proche de celle de "Samain Night", ainsi que là encore tous les éléments qui font principalement la beauté de Parallel Dreams. Notons la présence de la crème des musiciens "celtiques" du Canada : Oliver Schroer, David Woodhead...

Ceux-ci confèrent à ce disque une densité multipliée par trois par rapport à celle d'Elemental et de To Drive the Cold winter Away réunis, ce qui n'est pas un moindre détail. L'univers est globalement féérique et ainsi plus que séduisant et tout comme son petit frère le plus proche, Parallel Dreams représente une transition idéale vers des oeuvres futures qui joueront beaucoup plus sur une sorte de melting-pot d'influences. Mais ce troisième disque a aussi de quoi se défendre pour obtenir facilement la première place parmi les albums de Loreena McKENNITT... Seulement n'allons pas trop vite en besogne, tout est loin d'être terminé. Wait and see.

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   MARCO STIVELL

 
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- Loreena Mckennitt (chant, harpe celtique, claviers, bodhran, ukelin, )
- Brian Hughes (guitares, basse électrique, traitements synthétiqu)
- Oliver Schroer (violon, fiddle)
- George Koller (violoncelle, basse, tamboura)
- David Woodhead (mandoline, accordéon)
- Rick Lazar (batterie udu, congas)
- Shelly Berger (pzud, basse)
- Patrick Hutchinson (cornemuse irlandaise)
- Ratesh Dasj (tablas)
- Al Cross (percussions)


1. Samain Night
2. Moon Cradle
3. Huron 'beltane' Fire Dance
4. Annachie Gordon
5. Standing Stones
6. Dickens' Dublin (the Palace)
7. Breaking The Silence
8. Ancient Pines (from Goddes Remembered)



             



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