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I MUVRINI - Leia (1998)
Par MARCO STIVELL le 1er Janvier 2011          Consultée 2754 fois

Je m'en souviens comme si c'était hier. Dans les promenades familiales du dimanche après-midi, le trajet aller et retour avait son importance. Ce jour-là c'était l'aller. Direction la Provence des Alpilles sous un soleil radieux. Pour une fois, il n'y avait pas de cassette audio dans le lecteur, alors nous avions opté pour la radio. Une seule chanson a retenu mon attention, avec sa mélodie aussi replendissante que ce sacré mois de juin... Je venais de découvrir l'univers d'I MUVRINI, du moins celui de Leia, mais d'une manière quelque peu détournée. En effet, cette chanson était la reprise anglo-corse du "Fields of Gold" de Sting, avec la participation de ce dernier. Mais ce n'est pas vers Sting que je me suis ensuite dirigé, c'était bien vers I MUVRINI.

Merveilleux I MUVRINI... Après avoir sorti tant de pépites dans un style pop-rock variété corse raffiné, voilà qu'ils se sont mis en 1998 à nous régaler de l'un de leurs tout meilleurs albums, celui envers lequel mon attachement est le plus fort car je l'ai découvert bien avant les autres. Je l'écoutais en boucle durant cette période bénie juin-juillet, aux grandes heures de chaleur avec un temps des plus cléments... Souvenirs souvenirs.

Après l'hiver, le printemps et l'été. Ce parfum de temps doré se dégage à la simple vue de la pochette, où l'on peut voir les deux frères leaders du groupe, Alain et Jean-François Bernardini (ainsi que Gilles Chabenat à l'arrière-plan, avec sa vielle à roue) assis devant l'église de leur village natal, Tagliu-Isulaccia au nord-est de la Corse. C'est aussi le cas lorsqu'on découvre l'artwork du livret et de la jaquette du disque, avec le fond des paroles où même les tons des photos elles-mêmes tirant sur un jaune-vert en parfait accord avec la saison. Magnifiques photos d'ailleurs, très touchantes pour certaines, et qui illustrent à merveille les ambiances de certaines chansons de Leia.

Ce disque, contrairement aux précédents qui sortaient avec un ou deux ans d'intervalle seulement, a demandé un peu plus de temps pour être peaufiné, et le résultat est probant. Si les albums antérieurs étaient pour la plupart très bien réalisés, Leia les dépasse tous aisément, mais c'est aussi dû aux qualités et à l'unité des chansons, avec l'efficacité de Noi et Curagiu ici doublée. Certaines de ces chansons sont particulières par rapport au reste de l'oeuvre du groupe non pas pour leur forme, mais en raison du fait qu'elles contiennent la participation active de deux musiciens importants dans l'espace sonore, à savoir les italiens Corrado Rustici et Luciano Luisi. Tout deux ont beaucoup joué avec Zucchero, le premier est un guitariste et programmateur de grand talent, tandis que Luisi, pour parler familièrement, se défend bigrement bien aux claviers, en particulier au piano et à l'orgue Hammond, deux instruments très présents sur Leia. Bien sûr, Jean-Bernard Rongiconi joue toujours son rôle d'arrangeur-orfèvre, mais hélas plus pour très longtemps.

Les chansons maintenant. "Quantu Omu Pò" est très caractéristique de ce démarquage avec le climat froid des deux albums précédents. Ses nappes de synthés chaleureuses, sa guitare et sa cornemuse belle comme un soleil de juin, sans oublier ses choeurs très appuyés, en font une première franche réussite pour ce disque. Le fait que Jean-Bernard ait participé à l'écriture s'entend, c'est une chanson qui ne ressemble vraiment pas à d'autres du groupe. Ceci dit, "Ora Ghjé", première chanson sur laquelle Rustici et Luisi interviennent, n'est pas mal non plus avec tous ces effets de synthés enivrants sur le début, et le décollage soul passionnant sur le refrain (avec les choeurs de Tessa Niles et Katie Kissoon). Plus sombre, solennel et reposant sur des accords de claviers, "Un So Micca Venuti" se voit enrichi d'un arrangement de cordes et de hautbois du plus bel effet. On revient à la lumière avec le doux slow-ballade "Eo e Tu", chanson d'amour splendide subtilement garnie d'orgue Hammond et de la vielle à roue. "Avà" clôture cette première partie de manière plus "classique", tout en mettant l'accent sur l'accordéon de Régis Gizavo, dont il faut profiter car ça non plus, ça ne va plus trop durer...

Si vous êtes à l'heure des grosses chaleurs, "Pè Salutà" est idéal en tant qu'illustration, rien qu'avec son intro vielle à roue/tremolo guitare. L'ambiance y est très forte, le motif mélodique répété est de plus en plus beau au fur et à mesure que progresse la chanson. On passe ensuite à "L'Emigrante", chanson dont le piano est joué par Alain Bonnin, et qui a de quoi faire chavirer plus d'un coeur tant la mélodie et l'arrangement (y compris les voix sur les parties instrumentales) sont fabuleux... Une pure merveille. Et niveau excellentes surprises, ce n'est pas tout, arrive "E Dumane Dinu", pop-song géniale et chaleureuse avec l'aternance chant d'Alain / chant de Jean-François qui fait toujours son petit effet. Cette suite "Pè Salutà" / "L'Emigrante" / "E Dumane Dinu" est sans doute ce que le groupe a produit de mieux jusqu'alors, et on pourrait rajouter "I Lindumani" si il n'y avait le chant traditionnel "Salve Sancta Parens" au milieu. "I Lindumani", plus chaleureux et optimiste tu meurs... Et l'on doit s'en ternir là à la création imuvrinienne pour ce disque, car pour la fin du disque, le groupe nous propose des reprises uniquement. D'abord une de lui-même, à savoir une version piano-guitare-chant de "Quelli Chi un Anu a Nimu" (un morceau de Curagiu), très très belle. Ensuite le fameux "Terre d'Oru", que je trouve meilleur à la version originale non pas parce que je l'ai découvert avant, mais parce que l'arrangement est, une fois de plus, splendide : nappes de claviers, accordéon, vielle à roue, et un meilleur choix de cornemuse. Enfin l'hymne corse "Diu Vi Salvi Regina", avec un violoncelle pour seul accompagnement, assez sympathique même si ce n'est honnêtement pas le sommet du disque.

Leia, même si il laisse peu de place à de la création par rapport aux précédents disques, est réellement un disque remarquable, se présente comme un élement à la fois majeur de la discographie et en même temps une excellente porte d'entrée. On y retrouve tout ce que le groupe sait faire de mieux... En mieux que jamais!

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   MARCO STIVELL

 
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- Alain Bernardini (chant, choeurs)
- Jean-françois Bernardini (chant, choeurs)
- Jean-bernard Rongiconi (guitares, cetera, programmations)
- Manu Katché (batterie)
- Pino Palladino (basse)
- Alain Bonnin (piano, claviers)
- Gilles Chabenat (vielle à roue)
- Régis Gizavo (accordéon, choeurs)
- Loïc Taillebrest (cornemuses)
- Denis Benarosch (percussions)
- Kenny Norris (choeurs)
- Corrado Rustici (guitares électriques, claviers, programmations)
- Luciano Luisi (piano, claviers, orgue hammond)
- Hervé Rakotofiringa (claviers)
- Tessa Niles (choeurs)
- Katie Kissoon (choeurs)
- Tommy Blaize (choeurs)
- Christophe Guiot (violon)
- Véronique Marcel (violon)
- Christophe Chiarelli (alto)
- Eric Courreges (violoncelle)
- Isabelle Dupre (hautbois)
- Jérôme Lemonnier (arrangements et direction des cordes)
- Chris Henry (batterie)
- Bernard Paganotti (basse)
- Jean-charles Adami (chant)
- Marc Ventura (chant)
- Stéphane Mangiantini (chant)
- Martin Vadella (chant)
- Sting (chant)


1. Quantu Omu Pò
2. Ora Ghje
3. Un So Micca Venuti
4. Eo E Tu
5. Avà
6. Pè Salutà
7. L'emigrante
8. E Dumane Dinu
9. Salve Sancta Parens
10. I Lindumani
11. Quelli Chi Un Anu A Nimu
12. Terre D'oru
13. Diu Vi Salvi Regina



             



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