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- Style : Children In Paradise, Mostly Autumn, Karnataka, Mermaid Kiss, The Reasoning , Panic Room
- Membre : Kajagoogoo

IONA - The Circling Hour (2006)
Par MARCO STIVELL le 6 Avril 2011          Consultée 1397 fois

28 juillet 2009. La nouvelle tombe comme un couperet : Troy quitte le groupe. C'est qui Troy ? Roh vous ne suivez pas, Troy, de son nom complet Troy Donockley est le sonneur-flûtiste d'IONA (et aussi bouzoukiste, et aussi second guitariste, et aussi choriste...). Essentiel à la musique du groupe depuis le premier album de ce dernier, passé progressivement de musicien de session à membre officiel, puis à pilier compositeur, Troy annonce en cette année 2009 qu'il quitte le groupe, avec un accord tout à fait à l'amiable. Grand désarroi pour moi qui apprécie énormément ce musicien (que j'ai découvert avec Mostly Autumn en fait, il a également fait des sessions avec Karnataka, Mermaid Kiss et plein d'autres groupes excellents), mais aussi parce que, et ça fait un petit moment que je le dis, il est l'un des cinq composants de la formation la plus durable d'IONA, et celle à laquelle je tiens le plus. Celle-ci n'aura eu au final le temps de produire que deux albums studio (entre moult disques solo et collaborations extérieurs), dont le présent The Circling Hour, en 2006.

Joanne introduit "Empyrean Dawn" a-cappella, de sa voix magnifiquement douce, pour un début plein de fragilité. C'est tellement simple, fin comme de la dentelle, et en même temps on ne peut s'empêcher de se dire que c'est la meilleure introduction d'album que le groupe ait réalisé. L'ensemble est planant, vite brisé par cette brusque (c'est rien de le dire) entrée des instruments qui sur plusieurs secondes réalisent une cacophonie magistrale. Puis le morceau prend le temps de s'installer. Aucune inquiétude de ce côté-là, Ce début d'album garde le son et l'esprit de Open Sky, ce dont on ne saurait trop se réjouir.

Et effectivement, la suite nous donne raison. The Circling Hour n'est autre que le digne petit frère temporel, qualitativement égal du disque précédent, réemployant la recette déjà ultra utilisée par le groupe depuis ses débuts, à savoir un mélange de pop, de rock progressif, de musique ambient et de folk celtique, mais à son meilleur état, comme sur Open Sky. "Empyrean Dawn" et "Wind off the Lake" (composition de Troy étalée sur près de dix minutes) emploient des ambiances fabuleuses, alternant pour la seconde les parties mystiques et développements plus échevelés avec soli de guitares lyriques, auxquels Troy participe lui-même. On remarque à ce titre qu'il est plus "sage" que Dave. Sa composition est l'une des plus magistrales de l'album, et pas seulement parce qu'elle est longue et exigeante. A l'inverse, "Factory of Mgnificent Souls" fait tout aussi bien. Cette chanson d'une poignée de minutes où les bouzoukis de Troy et de Dave jouent le rôle de guitare acoustique et où flûte irlandaise et guitare électrique enjouées se suivent de près, aurait pu constituer un excellent tube de pop celtique, moins grandiose que "Treasure" et "Irish Day" certes, mais avec toujours la magie de la mélodie efficace ainsi que la voix en or de Joanne pour atouts principaux.

On peut rapprocher cette chanson de "No Fear in Love", petite soeur de "Open Sky", et qui n'a rien à leur envier. Elle est plus dense que "Factory of Magnificent Souls", avec des petites notes de piano qui viennent s'ajouter à la magie des coupets brumeux. C'est sans doute la chanson où tout l'amour que tente de semer le groupe est perceptible. En moins évident il y a "Strenght", seul autre single potentiel du disque, car la chanson est basée sur une mélodie moins séduisante au premier abord, mais plutôt appréciable pour peu que l'on veuille bien lui accorder du temps. "Sky Maps" est l'une des perles les mieux cachées, avec un travail sur la rythmique particulièrement remarquable, sans dénaturer l'aspect presque hypnotique de certains passages. Frank Van Essen côtoie les sommets, à la batterie autant qu'au violon qu'il utilise sur un break à la "Castlerigg". "Children of Time" emploie une rythmique plus "tribale" et des flûtes un peu plus orientées world. Encore un très beau morceau qui comporte sa propre ambiance, sans se démarquer du reste pour autant.

On arrive au morceau de choix du disque, la suite "Wind, Water & Fire", pendant de "Songs of Ascent" mais sur The Circling Hour. Cela peut sembler facile, mais cela ne que fait ressortir le jumelage entre les deux albums, ou presque car la présente suite n'utilise pas de reprise d'un air traditionnel. Tout est 100 % IONA, et c'est valable dans le contexte comme dans l'écriture, ainsi que ce que l'on pouvait en attendre. "Wind" est une introduction ambient, avec parties de violon diverses qui se balladent sur des nappes brumeuses, du IONA pur jus vous dis-je. Cela rappelle le "A Million Stars" de l'album précédent, en au moins aussi bien. C'est surtout que là, il y a la suite... "Water" démarre avec l'arrivée de la voix de Joanne, qui pour trois autres minutes de bonheur vient tenir le même rôle que le violon sur la partie précédente. Joanne nous enchante, nous fait planer, nous émeut avec la douceur de sa voix, ses vocalises sublimes... Elle est rejointe par un petit jeu de percussions (bodhran ?), mais qui ne rompt pas la fragilité de l'instant, du moins pas sur la première moitié. Elles s'intensifient, la batterie est présente aussi. On sent la venue d'un décollage plus rock et salvateur (pour la fragilité, pas pour la qualité bien sûr). Effectivement, "Fire" termine le tout en nous offrant sur près de sept minutes un grand moment du même style et du même acabit que le "Woven Cord" de Open Sky. La cornemuse et la guitare se suivent de près une nouvelle fois, les "refrains" sont plus tranchants, l'effet majestueux est toujours là... Encore un très grand moment, et là aussi le jumelage à son sens, car c'est un peu comme si "Fire" terminait un cycle (un rapport avec le départ de Troy dont le groupe ne se doutait pas encore ?). Pour bien le faire et ne pas tomber complètement dans la redite, un break survient, lui aussi salvateur. Cette conclusion mystique se révèle encore plus magique, avec la voix tout juste audible d'une Joanne prise dans un grand élan de foi délicieusement incontrolée, et la cornemuse ainsi que la guitare ne manquent pas de se réserver leur part du gâteau. Une partie merveilleuse que vient compléter la reprise de l'introduction du disque. La voix de Joanne n'est plus seule, il y a la flûte, les violons, les claviers, ainsi que surprise énorme, la présence de Heather Findlay (ex-Mostly Autumn) pour le dernier couplet, avec le piano. Quelle conclusion sublime, j'en ai à la fois les frissons et les larmes aux yeux...

Et c'est encore plus fort quand je pense qu'il n'y aura (sûrement) pas d'autre album avec cette formation, ce qui rend ces deux disques très précieux (bon ça les empêchera pas de faire des très bons disques quand même). The Circling Hour peut, lors des premières écoutes, sembler de moins bonne qualité que le précédent, il n'en est rien. Toujours parfaitement représentatif de la sensibilité (qui sait parler à celle de l'auditeur) et du génie de la musique de ce grand groupe, ce dernier disque avec Troy est le jumeau de Open Sky jusqu'au bout, avec les mêmes grandes lignes, des temps forts (très forts) égaux, et une absence totale de points négatifs. Pour vouloir en trouver à cette musique-là quand on est amoureux de ce style de métissage, il faut être bien mal intentionné. Je suis peut-être très subjectif, mais comment ne pas l'être lorsqu'on est très attaché à quelque chose ? Même en me forçant, je ne trouverai pas de faiblesse(s) à ce disque pas plus qu'au précédent. A la rigueur j'aurais dit qu'il est moins bien, mais c'était sans compter sur l'effet "nombreuses écoutes" car il se bonifie avec le temps. Et ça ce n'est pas de l'accoutumance, c'est de la compréhension, et surtout de l'amour, autant que ce que IONA peut donner.

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   MARCO STIVELL

 
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- Joanne Hogg (chant, choeurs, claviers)
- Dave Bainbridge (guitares, claviers, piano, bouzouki, choeurs, orgu)
- Phil Barker (basse)
- Frank Van Essen (batterie, percussions, violons, altos, choeurs)
- + Heather Findlay (chant)
- Troy Donockley (cornemuse et flûtes irlandaise)


1. Empyrean Dawn
2. Children Of Time
3. Strenght
4. Wind Off The Lake
5. Factory Of Magnificent Souls
6. Sky Maps
7. No Fear In Love
8. Wind, Water & Fire - Wind
9. Wind, Water & Fire - Water
10. Wind, Water & Fire - Fire
11. Fragment Of A Fiery Sun



             



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