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FOLK CELTIQUE SYMPHONIQUE  |  STUDIO

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 Excaliburtrilogy (1397)

Alan SIMON - Anne De Bretagne (2009)
Par GEGERS le 26 Juin 2011          Consultée 2607 fois

Consacrer, sous forme d'opera-rock, un double album à cette grande figure historique qu'est Anne de Bretagne relève d'une grande confiance en soi, voire d'une certaine folie douce. Mais lorsque l'on apprend que le grand Alan SIMON est l'artisan de ce projet, l'inquiétude n'est plus de mise. Compositeur et orchestrateur de grand talent, comme en attestent les deux premiers volets forts réussis de la trilogie Excalibur, l'artiste prouve ici que si légendes et mythes celtiques le fascinent, il n'en reste pas moins passionné d'histoire bretonne, et s'attaque avec ambition à cette figure tutélaire de la région armoricaine qu'est la méconnue Anne. Car si la conscience populaire associe son nom à la célèbre comptine « C'était Anne de Bretagne, duchesse en sabots... », elle oublie bien souvent que ce petit bout de femme fut au cœur des conflits qui étouffèrent la Bretagne aux 15ème et 16ème siècles, s'achevant sur le rattachement du Duché péninsulaire au Royaume de France en 1532. A l'époque, la Bretagne est en effet une plaque tournante du commerce maritime, en faisant une région attisant les convoitises du Royaume de France. Et puis, protectrice des arts et des sciences, femme moderne et passionnée, Anne constitue une figure complète, dont l'existence seule suffit à remplir cet album d'1h40.

L'expérience et l'envie ont ainsi permis à Alan SIMON de réunir à nouveau un casting très prestigieux. On retrouve bien entendu les « fidèles », issus de la scène celtique ou rock progressif (Tri Yann, Fairport Convention), quelques espoirs (dont la majestueuse Cécile Corbel, interprète d'Anne), et quelques invités surprenants, parmi lesquels Christian et Tristan Décamps (Ange) ou encore Nilda Fernandez, qui de sa voix de fausset interprète avec brio le rôle de Ferdinand II d'Aragon, qui envoya des troupes au secours du Duché de Bretagne avant la terrible bataille de St Aubin du Cormier (28 juillet 1488). C'est donc à une épopée historique foisonnante que nous convie Alan SIMON. Fort de son savoir-faire, l'artiste prend néanmoins le parti de placer sur un pied d'égalité évocation historique et retranscriptions des sentiments ressentis par les protagonistes. Les personnages ne sont aucunement de simples narrateurs, se contentant de décrire des faits, ce qui aurait pu amoindrir l'intérêt de l'auditeur. Si la chronologie des événements est respectée, c'est plutôt ici à un déballage de sentiments et d'états-d'âme que nous avons affaire. Pour l'Histoire pure et simple, le livret (très fourni) suffit amplement. Pour le reste, l'écoute de l'album, découpé en deux actes, happe et séduit en quelques minutes à peine. On se prend à frissonner dès que Christian Décamps (Ange) prend le micro pour interpréter François II, père d'Anné et Duc de Bretagne, tiraillé entre l'amour pour sa fille et la préservation des intérêts du duché (« Messire le duc », « Ô ma fille »). On ne reste insensible à la voix profonde et solennelle d'un Giorgio Conte campant à merveille Leonard de Vinci, refusant avec regret l'invitation d'Anne de la visiter en son chateau, l'Italie étant alors dévastée par l'armée du roi de France (« Il maestro »). Intimistes ou grandiloquentes, les ambiances distillées se font variées et fascinantes, tout comme la musique : souvent symphonique, n'hésitant pas à revisiter le patrimoine breton ou résolument médiéval (« Le prince d'Orange »), et voguant bien souvent en eaux rock celtique, marquée par des guitares mordantes (les instrumentaux « La guerre folle » et « St Aubin du Cormier »). Tant et si bien que, dotés chacun d'une personnalité propre, les morceaux s'enchaînent et s'inscrivent durablement dans l'esprit de l'auditeur.

Équilibrés, les deux actes proposent leur lot de bons moments. Si certains artistes restent fidèles à eux-mêmes et œuvrent sur des compositions taillées sur-mesure pour leur personnalité (« Le lys et l'hermine », « L'Italie » - Tri Yann, « Moi le maudit » - Ange, « Duchess Anne » - Fairport Convention), certains surprennent par leur capacité à proposer des interprétations fascinantes, à l'image de Nilda Fernandez (« Ma dame », « Amerigo »). Il va de soi qu'Alan SIMON use de ficelles maîtrisées et savamment mises en place pour capter l'intérêt et générer l'empathie pour Anne, victime d'un destin marqué par l'absence de libre-arbitre, mais c'est avec plaisir que l'on se laisse envelopper dans ces mélodies de très grande qualité. L'auteur intervient d'ailleurs brièvement sur cet album, le temps d'interpréter la formidable ballade acoustico-symphonique « Le pommier d'or », chantée par un Michel-Ange désabusé et témoin des ravages de la guerre.

Dense mais néanmoins digeste, et surtout très inspiré, cet opera-rock s'impose comme l'hommage ultime à celle qui donna littéralement son cœur à la Bretagne (il fut prélevé selon ses volontés pour être mis en relique à sa mort en janvier 1514). Foisonnant, l'album demande un véritable investissement de l'auditeur, tout du moins pour qui souhaite en saisir toutes les subtilités. Mais le jeu en vaut la chandelle, tant Alan SIMON parvient à prouver une fois de plus qu'il est un barde de génie.

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   GEGERS

 
   MR. AMEFORGEE

 
   (2 chroniques)



- Alan Simon (flûte, claviers, guitare, chant)
- Simon Nicol (guitare, chant)
- Pat O May (guitare)
- Basile Leroux (guitare)
- James Wood (guitare, basse, chant)
- Olivier Rousseau (piano)
- Didier Squiban (piano)
- Michel Bourcier (grand orgue de la cathédrale st pierre de nantes)
- Sylvain Fabre (percussions)
- Miguel Henry (luth, guitare renaissance)
- Laurent Tixier (vièle à roue, flute baroque, veuze, chant)
- Chris Leslie (violon)
- Alessandro Sacco (violon)
- Bob Callero (basse)
- Marco Canepa (clavecin et programmation)
- Gérard Goron (batterie, percussions)
- Jean Paul Corbineau (chant lead et choeur)
- Jean Louis Jossic (chant lead et choeur)
- Jean Chocun (bouzouki irlandais)
- Konan Mevel (cornemuse)
- Christophe Peloil (violon)
- Frederic Bourgeois (claviers)
- Jean Luc Chevalier (guitare electrique et acoustique)
- Tristan Decamps (chant lead et choeur)
- Christian Decamps (chant lead et choeur)
- Les Holroyd (chant lead et choeur)
- Gorgio Conte (chant lead et voix)


- acte 1
1. Ouverture – Anna Dei Gratia
2. Messire Le Duc
3. Ysabeau
4. Duchess Anne
5. La Guerre Folle
6. Le Lys Et L’hermine
7. Ô Ma Fille
8. Ma Zat
9. Ma Dame
10. St. Aubin Du Cormier
11. Je Vous Pleure
12. Le Prince D’orange
13. La Feste
14. Desire
15. Moi Le Maudit
16. Solitude
17. L’italie

- acte 2
1. L’enfant Roy
2. Amerigo
3. Les Amours Galants
4. Il Maestro
5. The King
6. Tro Breizh
7. Le Pommier D’or
8. Le Pommier D’or (reprise)
9. Marie La Cordeliere
10. Anna Vreizh (intro)
11. Anna Vreizh
12. Final : 'in Pace Anna'
13. Epilogue : The Soldier



             



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