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POP EXPERIMENTALE  |  STUDIO

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U2 - Zooropa (1993)
Par CHIPSTOUILLE le 3 Janvier 2005          Consultée 12266 fois

Pour être honnête avec vous, cela devait faire 6 ou 7 ans que cet album n'avait pas rencontré mon lecteur CD. Mais d'un autre coté, mes goûts évoluent, et j'écoute volontiers plus de pop, rock ou musique électronique aujourd'hui. Il m'est donc venu à l'idée de retenter l'aventure Zooropa... Et j'avoue que parfois, je m'étonne d'avoir quelques bonnes idées.

La première chose qui m'a étonné, c'est l'originalité de cet album. Ça ne m'avait pas réellement surpris à l'époque, pourtant cet album est une perle au niveau des samplers divers, bruits, sonorités empruntées ici ou là. Oubliez donc les quelques fricotages électro de Zoo Station d'Achtung Baby, U2 remet les compteurs à zéro et revoie son style en profondeur. Zooropa parviens à mélanger bon nombre de sonorités bizarroïdes non sans une certaine harmonie. Le tout est d'une cohérence formidable, alors qu'on pourrai croire à un foutoire incroyable en essayant d'en décrire le contenu.

On pourra donc discerner un ballon qui se dégonfle (ou un truc qui y fait penser), des bruits de foule, un crash, des bruits de lecteur CD (non non, ma platine n'en fait aucun !), de radar et du bruit blanc entre autres, parmi un florilège de choses que mon oreille peine à identifier.

On peut ensuite, au niveau des styles musicaux empruntés, différencier plusieurs choses. La première composante est bien évidement la pop, marque de fabrique de U2 (ils ont même nommé un de leurs albums ainsi...). Certains titres comme Babyface, Stay ou Some days are better than other. Pour ce qui est du reste, le fameux Brian Eno (considéré, entre autres, comme le géniteur du genre techno) est venu donner un coup de main. On le retrouve ainsi sur 7 des 10 titres qui composent cet album. Brian Eno est réputé pour ces expérimentations, cet album ne déroge donc pas à la règle. Enfin, on retrouvera en vrac des sonorités orientales (dans l'intro de Zooropa, ou au milieu de Numb), une basse oversaturée dans Numb ou Daddy's gonna pay for your crashed car (je vous laisse le choix de l'origine, punk, metal, grunge ?), quelques aspects jazzy, et une chanson à texte "épique" en toute fin d'album (j'y reviendrai).

Outre cette originalité caractéristique, le gros point fort de cet album est le chant de Bono. Le chanteur module sa voix au fil des titres et se permet quelques prouesses inattendues. C'est particulièrement remarquable sur Lemon, où il chante d'une voix aiguë pour casser le tout sur le refrain qu'il reprend d'une voix plus rauque, plus proche de son style habituel. Sur Numb, dont le chant principal est assuré par The Edge (et oui !), Bono vient apporter un contraste énorme avec sa voix qualifiée à juste titre dans le livret de voix de grosse femme ("FAT LADY - Backing Vocals"). Le summum est atteint lorsque Bono se sert de sa voix de la même manière qu'un saxophone pour ajouter une petite touche jazzy à l'ensemble, ce que l'on peut constater en particulier sur The first time. L'intégralité de l'album est donc soufflée par une prestation remarquable (une nouvelle fois ?) du chanteur aux (futures en 1993) lunettes roses.

Alors que se passe-t-il ? Je retournerai ma veste ainsi sans vous préciser pourquoi cet album n'avait pas effleuré mes tympans depuis si longtemps ? J'y viens justement ! J'ai beau avoir décelé des qualités que je n'avais pas réellement remarqué dans mon adolescence boutonneuse, les défauts sont toujours présents...

Le gros problème de cet album, c'est qu'il ne parvient que très difficilement à capter l'attention de l'auditeur tout du long. Certes, l'originalité est bien là, mais vos paupières vont vous sembler peser des tonnes par moments. Si je retiens Zooropa pour son originalité percutante, Stay qui est LE véritable hit de l'album et Some days are better than others qui est certainement le titre qui rappelle le plus le U2 old school, beaucoup de titres auraient gagné à être raccourcis... C'est d'autant plus dommage que ceux-ci sont pour la plupart en partie très bons.

Le cas de Lemon est le plus flagrant. Le titre est original, part sur de bonnes bases avec une basse groovy des percutions diverses, des nappes de clavier avec vibrato, et se voit pourvu d'un refrain excellent, mais dont le souffle retombe beaucoup trop rapidement, pour de nouveau repartir sur un couplet qui semble durer une éternité... Sur 4 minutes, Lemon aurait largement eu de quoi révéler tous ses charmes, mais 7 minutes, c'est trop ! Le pire étant atteint avec Dirty day, qui se paye même le luxe de démarrer sur un fading de plus de 30 secondes (pitié, un café, un guronzan, un cola, n'importe quoi pour me réveiller !)

Ainsi Babyface, Numb, Lemon, The first time et Dirty day traînent en longueur, ce qui est bien dommage car certains de ces titres débordent d'idées géniales (le 'riff' électro de Numb, le trop court refrain de Lemon, le passage jazzy 'à la voix' de The first time, le finish de Dirty day pour n'en citer que quelques-uns).

Restent deux titres : le premier, Daddy's gonna pay for your crashed car recelle d'idées succulentes en matière de nouveauté, mais uniquement dans l'intro et la fin. Les couplets et refrains, eux, sont peu intéressants, voir même usants. Enfin, le dernier titre, The wanderer, n'est pas du tout ma tasse de thé, une sorte d'ode mid-tempo électro venue tout droit du fin fond de l'Alaska ou je ne sais d'où chantée par Johnny Cash (euh...ouai, c'est bien lui)... Le morceau me fait plus rire qu'autre chose, et vient à mon avis, finir de gâcher la fin de l'album en beauté.

Un déluge de trouvailles donc, mais trop souvent occultées par un aspect pop limitatif qui donne l'impression que Zooropa est un album qui traîne du pied. On retrouve déjà ici quelques aspects qui feront la gloire du brillant 'Pop', qui sortira quelques 3 ans plus tard, mais Zooropa manque cruellement de quelques titres bien catchy pour rivaliser avec son successeur. Enfin, si vous ne jurez que par le U2 de la première heure, il est évident que cet album expérimental risque de vous décevoir. Si vous cherchez quelque chose d'original, en revanche, cet album n'a pas pris une ride depuis sa sortie.

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- Bono (chant et guitare)
- The Edge (guitare, piano, synthétiseur e)
- Adam Clayton (guitare basse)
- Larry Mullen Jnr (batterie, percussions et chant)


1. Zooropa
2. Babyface
3. Numb
4. Lemon
5. Stay (faraway, So Close!)
6. Daddy's Gonna Pay For Your Crashed Car
7. Some Days Are Better Than Others
8. The First Time
9. Dirty Day
10. The Wanderer



             



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