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ELECTRO POP-ROCK  |  SINGLE

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- Style : Simple Minds, The Silencers , Big Country, The Chameleons , Kitchens Of Distinction, Echo And The Bunnymen
- Membre : The Edge

U2 - Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me (1995)
Par CHIPSTOUILLE le 5 Août 2020          Consultée 1198 fois

Hollywood est parvenue, dans les années 90, à tirer de la part de groupes de renoms quelques singles exclusifs émérites. L’impressionnante B.O de Last Action Hero en est l’exemple le plus frappant, cumulant quelques hits de groupes alors au sommet de leur art (AC/DC, QUEENSRYCHE, ALICE IN CHAINS, MEGADETH…). On se doute que les brouzoufs alignés pour la cause y sont pour quelque chose. L'inexplicable absence de certains de ces hits sur les albums de leurs auteurs nous laisse aujourd'hui encore circonspects. Côté blockbusters, le cinéma reaganien des années 80 tirait alors sa révérence et fit ainsi place à d’autres réalisateurs plus enclins à maltraiter leurs héros, tels que Tim Burton. Le film Batman, premier du nom (1), a ainsi collaboré avec PRINCE et sa fameuse "Batdance" à une couverture médiatique qui leur a été mutuellement bénéficiaire. Le "Face to Face" de Batman Returns, collaboration de Danny ELFMAN avec SIOUXSIE AND THE BANSHEES a moins fait date. La faute au marketing ? Le titre était pourtant réussi.

Enfin, il y a le cas de Batman Forever, sur lequel Tim Burton s’est contenté du rôle de producteur afin de laisser place à un Joel Shumacher (2) plus flamboyant. Loin de se soucier des questions de crédibilité chères à Christopher Nolan, Shumacher nous emmenait sur une piste de cirque épileptique, avec profusion d’effets de lumières fascinants (vert, rose, bleu nuit…) qui se dégagent au milieu de l’obscurité persistante de ses prédécesseurs. Ce Gotham tragicomique, constamment dans le faux et la surenchère, a tout des Sodome et Gomorrhe de l’antiquité. Ses artifices surréalistes prennent avec le temps une saveur très particulière. Avouons que la sobriété insistante de The Dark Knight Rises (2012) nous a quelque peu fait regretter ce spectacle de tous les instants.

Sur un plan musical, avec U2, SEAL et OFFSPRING au menu, on pourrait presque croire que la B.O allait offrir un rejeton au phénomène Last Action Hero précité. Si le "Kiss from a Rose" de SEAL a bien fait date (impossible d’oublier ces chœurs introductifs), la reprise d’OFFSPRING est néanmoins restée confidentielle. On se contentera donc de mettre le projecteur sur le hit de U2 aujourd’hui.

Chute studio à l’origine des sessions de Zooropa, "Hold me, Thrill me, Kiss me, Kill me" n’avait à l’origine que ses 3 premiers ordres dans son titre et détonait probablement dans cet album quasi statique. Si l’on vous en reparle aujourd’hui, c’est que la période 90 de U2 et ses expérimentations pas toutes réussies est de loin celle qui nous fascine le plus. Ce single en est l’incontestable point d’orgue.

The Edge utilise ici une pédale de distorsion rappelant les sons acides alors en vogue en Trance, House et autres sous-genres de l’EDM que l’on appelait alors encore Techno. En résulte un titre qui repose sur son effet oscillant transcendant, emporté par toute la section rythmique (cette basse !) et quelques cordes en supplément pour un ensemble riche en effets. Bono, à son plus haut niveau, nous susurre sa complainte de rock-star messianique. Le refrain est imparable, mélodie en notes claires typique des meilleurs hits des Irlandais et final qui finit à sa troisième itération par partir en falsetto, c’est magique.

Mais ce qui nous convainc encore plus au point de prendre notre plume électronique 25 ans après les faits, ce sont les paroles et le clip. U2 nous conte ici les mésaventures d’une rock star à son sommet, persistant au gré des années, et suscitant les plus vives critiques passé la trentaine. Contrairement à beaucoup de groupes en vogue dans les années 80, U2 a en effet manœuvré quelques virages risqués là où bien d’autres ont périclité. Rares sont en effet ceux qui survivent à leurs albums expérimentaux, comme ce fut le cas d’Achtung Baby. Reconnaissons au groupe qu’avant d’expérimenter ils avaient défié les tendances du moment pour définir le son intemporel de The Joshua Tree.

Le clip, dont l’animation est malheureusement par instants déplorable, nous abreuve d’un déluge d’images inspirées de Comics saturé en couleurs vives et ombres profondes. Le chanteur, à l’écart du reste du groupe, s’y dédouble. Il incarne premièrement une rockstar en cuir qui troque son auréole contre une paire de lunettes noires. D’une autre, c’est un démon transformiste à la fois inspiré des figures du Joker et de Batman lui-même qui nous toise d’un regard acéré. Le clip, fantastique de créativité, opère en particulier de saisissantes transitions impromptues entre dessins et extraits vidéos. Douce amertume, on y trouve du coin de l’œil les portraits de membres du club des 27 (Jimi Hendricks, Kurt Cobain…). Chose qu’on ne peut s’empêcher de mettre en relation avec la tirade suivante « They want you to be Jesus, they’ll go down on one knee, but they’ll want their money back if you’re alive at 33 » (Ils veulent que tu sois Jesus, ils se mettront à genoux. Mais ils voudront leur argent si tu es en vie à 33 ans). Serait-ce l’appel aux secours d’un groupe - et surtout de son chanteur emblématique - qui ne sait alors plus comment gérer les excès de son propre succès ?

Etrangement U2, tout comme le film Batman Forever, a forcé dans une surenchère visuelle comme peu d’autres avant ou après ne l’ont fait. Pour l’un comme pour l’autre, nous avons un peu l’impression de défendre l’indéfendable. Pour qui saura ignorer ses préjugés et tout le battage cynique qui entoure les deux œuvres encore aujourd’hui, il y a 2 facettes fascinantes des années 90 à redécouvrir ici. Notez que le single existe en plusieurs versions. La macédoine thématique d’Elliot Goldenthal qui figure sur la version internationale vous évite une B.O par ailleurs dispensable. "Tell Me Now" de MAZZY STAR, qui figure sur le Maxi initialement réservé aux marchés briton, allemand et japonais, est quant à elle parfaitement oubliable. La note finale, vous l’aurez deviné, ne porte que sur le single de U2.

(1) Oui je sais, il y a aussi les blagues des années 40 et 60, est-ce que ça compte réellement ? Remarquez, je porte sans doute sur Batman Forever le même regard attendrissant nécessaire pour reconsidérer ces vieilleries.
(2) Magie du moteur recommandation Youtube ou coïncidence complètement fortuite ? J’avoue avoir découvert le décès récent du réalisateur durant le mois de Juillet, bien après avoir eu l’envie persistante de réécouter le titre en boucle et de revoir le film en cette fin de mois de juin 2020. Je sais mon subconscient capable de me donner des envies furieuses après avoir entendu à peine 3 notes d’un morceau que j’apprécie. Ce que l’évènement tragique a donc bien pu provoquer. Rassurez-vous, je n’ai pas attendu 2020 pour changer d’avis.

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- Bono (chant)
- The Edge (guitare, arrangements pour cordes)
- Adam Clayton (guitare basse)
- Larry Mullen (batterie)
- Marius De Vries (claviers, programmation)
- Craig Armstrong (arrangements pour cordes)


- version Us
1. Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me

- version Ru, Allemagne, Japon
1. Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me
2. Themes From Batman Forever (by Elliot Goldenthal)
3. Tell Me Now (by Mazzy Star)

- version Internationale
1. Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me
2. Themes From Batman Forever (by Elliot Goldenthal)



             



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