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- Style : Blackmore's Night
- Membre : Pretty Things/yardbird Blues Band
 

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RENAISSANCE - Prologue (1972)
Par MARCO STIVELL le 1er Septembre 2011          Consultée 1479 fois

RENAISSANCE ne pouvait s'achever comme cela, sur une note mitigée (car Illusion, sorti dans un seul pays, représentait bien cette déroute), sans avoir à l'instar de tous les autres grands groupes de prog pondu une série de chefs-d'oeuvre durant ces merveilleuses années. Non décidément, impossible de passer à côté de cette opportunité. C'est sans doute ce qui a motivé l'entourage du groupe, management compris, à le reformer avec de tout nouveaux musiciens, tout en gardant ce nom emblématique.

Après une valse de membres dans le courant de l'année 71, les seuls à rester sont la chanteuse Annie Haslam et John Tout. Le choix du bassiste a été particulièrement difficile, et c'est finalement Jon Camp qui décroche le titre, tandis que Terrence Sullivan s'installe derrière les fûts. Le guitariste Michael Dunford, qui avait pourtant participé à Illusion, a été pour une raison inconnue relégué à la composition, il ne figure donc pas encore comme instrumentiste complet dans RENAISSANCE. A sa place, c'est un certain Mick Parsons qui tient la six cordes. Hélas, Parsons décède brutalement d'un accident de voiture, et sera remplacé par Rob Hendry. Le fait est cependant que même si une place importante lui est laissée (la guitare électrique résonne sur Prologue bien plus que sur n'importe quel autre album du groupe des débuts jusqu'à loin après), le groupe ne s'entend pas avec ce personnage qui ne fera qu'un album avec lui.

Prologue porte bien son nom. Ce n'est pas simplement un "prélude" à l'avènement du nouveau RENAISSANCE, c'est plus encore, un disque déjà probant qui ne figure cependant pas dans la liste des chefs-d'oeuvre du groupe comme les suivants. Et pourtant, quel très bon disque ! D'où la note de 4/5, la meilleure pour départager. Michael Dunford est le principal compositeur, mais on note encore la participation de l'ancien batteur du groupe, Jim McCarty, et les paroles sont de la main de Betty Thatcher. Le seul morceau non-original est l'intro du morceau "Prologue", emprunté à l'Etude Révolutionnaire de Frédéric Chopin.

Une descente de piano vertigineuse qui rassure d'emblée sur la santé du groupe, prêt à en découdre, même avec un guitariste "à part" dans l'affaire. Le riff funky de six cordes électrique est omniprésent dans ce "Prologue", qu'une rythmique sans concession, parfois exotique, égrène autant que le piano (qui de classique passe au bastringue), alors que Annie Haslam survole le tout de sa magnifique voix mélodieuse, n'hésitant pas à s'aventurer dans le suraigü avec des "lou lou" pour seules paroles. Morceau un peu décousu et parfaitement à l'image de cet album : très bon, mais auquel il manque quelque chose. "Kiev" se veut être le morceau de choix de cette première face, offrant pour toute intro une partie de piano dans la lignée de "Golden Thread". Jon Camp chante le morceau d'une belle voix (avec Annie aux choeurs), plus séduisante encore que celle qu'offrait Keith Relf. Le morceau reste dans les inspirations hippies du groupe, avant de s'accélérer pour un décollage savant, dans la lignée du meilleur du premier album. Mais, encore une fois, il manque quelque chose. "Sounds of the Sea" est une ballade sereine à l'image du titre du morceau, et de ce parfum marin qui se dégage du sample de houle et de goélands. Très joli morceau, sans rythmique (tout juste une basse et une batterie déstructurée légères), l'un des meilleurs du disque. La voix d'Annie y apparait très pure, à son meilleur.

C'est curieusement une guitare acoustique qui ouvre le seul single potentiel de l'album, "Spare Some Love". Toujours dans une mouvance hippie qui perdure, Annie chante bien accompagnée aux choeurs par tous les musiciens du disque. Cette chanson plus "simple" possède une efficacité pop-folk assez prenante. Le titre s'emballe un peu en son milieu, mais ça reste court. "Bound For Infinity" offre une respiration plus folk, dans lequel viennent s'intégrer des percussions et la guitare électrique soft pour le coup. Le titre a beaucoup de charme et permet d'introduire en douceur le morceau le plus ambitieux du disque. Le début de "Rajah Khan" est en roue libre pour la guitare de Rob Hendry qui se voit concéder son dernier moment de gloire. Ca dure plus de deux minutes trente avant le début du morceau. Le titre prend alors des allures de ragga indien occidentalisé, avec les percussions, tablas et le tamboura indien de rigueur. Annie se fait charmeuse de serpents, lançant les "na-na" comme autant de démonstrations corporelles piquantes. Le titre garde néanmoins ses éléments prog, en se voyant ponctué d'interventions fofolles du synthétiseur VCS3 de Francis Monkman, alors fraîchement échappé du groupe Curved Air. Et il alterne ces passages, entre ambiances marquées et passages en rupture, pour un titre bien fait, agréable mais qui n'a pas non plus la maturité des futurs chefs-d'oeuvre.

Très bon dernier essai quand même que ce Prologue, avec ses charmes multiples, même si on sent que ce "pas grand-chose" qui manque approche à grands pas !

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   MARCO STIVELL

 
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- Annie Haslam (chant, choeurs, percussions)
- Jon Camp (basse, tamboura, chant, choeurs)
- Rob Hendry (guitares, mandoline, carillons, choeurs)
- Terry Sullivan (batterie, percussions, choeurs)
- John Tout (claviers, choeurs)
- + Francis Monkman (synthétiseur vcs3)


1. Prologue
2. Kiev
3. Sounds Of The Sea
4. Spare Some Love
5. Bound For Infinity
6. Rajah Khan



             



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