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I MUVRINI - I Muvrini Et Les 500 Choristes (2007)
Par MARCO STIVELL le 1er Décembre 2011          Consultée 1724 fois

En 2007, I MUVRINI peut-il encore innover, se faire audacieux comme sur certains albums passés, peut-il encore se sortir du carcan variété dans lequel il s'est (définitivement ?) enfermé avec Alma ? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que cette année-là, c'est un projet original qui voit le jour et dont on se dit déjà qu'il restera unique dans l'oeuvre du groupe. Celui-ci, en plus de ses musiciens habituels (Anot, Manouguian, Meier, Taillebrest) s'est adjoint les services du groupe vocal sobrement baptisé "Les 500 Choristes", venu du nord-est de la France et dirigé par Jacky Locks. Déjà qu'en temps normal on profite allègrement des voix sublimes des frères Bernardini (sans parler des polyphonies de plus en plus rares), cet expérience nous promet de belles envolées oralomusicales.

I Muvrini et les 500 Choristes est aussi un album particulier dans la discographie du groupe d'un point de vue structure, car c'est la première fois qu'on a droit à tout juste 50 % de compos et 50 % de reprises. Des reprises qui vont pour la plupart se révéler inattendues et convaincantes. La chorale ne participe pas à tout, mais par exemple elle donne une dimension supplémentaire au "Amsterdam" de Jacques Brel que I MUVRINI avait déjà repris pour sa compilation A Strada en 2000. Le final est particulièrement magnifique. A l'inverse, la version du "Veiller Tard" de Jean-Jacques Goldman, bien qu'heureusement privée de saxo, se révèle être l'exercice le moins intéressant de l'opus. "Diu vi Salvi Regina" a une portée dix fois plus mythique que sur Leia, avec cette cornemuse que l'on croirait presque entendre pour la dernière fois. Les interventions des invités, ou plutôt des invitées quant à elles sont pour le moins intéressantes. Anggun vient insuffler une suavité inédite à ce "Streets of Philadelphia" (Bruce Springsteen of course) anglo-corse totalement inattendu et typé variété. Tina Arena enflamme (certains diront "parasite") "A Voce Rivolta", qui est certes loin d'égaler la version originale de la chanson mais qui reste agréable avec tous ces choeurs. Enfin, "Tu Quieres Volver", la meilleure de toutes, a le seul défaut de ne pas être authentique. Cette chanson désespérée des Gypsy Kings à la base rythmée avait déjà été reprise par la diva Sarah Brightman sur son album Timeless de 1997, et sa voix en plus de la musique, c'est mot pour mot, note pour note, intonation pour intonation la même chose que vous pouvez entendre entre sa version et celle d'I MUVRINI. Le groupe corse n'a fait qu'apporter ses voix et une partie de guitare acoustique par le guitariste attitré de Sarah, Peter Weihe. Qu'importe, le résultat est si sublime, si touchant (je me souviens avoir pleuré en écoutant cette version) qu'on ne peut que rester admiratif.

Attardons-nous maintenant sur les compos, qui sont en vérité ce que l'on attendait le plus. Le disque n'embraye pas forcément sur un bon démarrage avec "Quand hè" et "Ti Mandu". Pour la première, les "tou tou" des couplets font ameublement plutôt moyen (alors que les refrains sont excellents), et en matière de morceau dansant avec ukulélé, "Ti Mandu" n'est pas des plus satisfaisants. Loïc Taillebrest y apporte un peu de clarinette, ce qui en fait son originalité. "Solamamma" à son tour, ne parvient pas à procurer l'effet escompté malgré la présence des 500 Choristes, la chanson sonnant un peu commune par rapport à ce que le groupe nous propose comme complainte depuis quelques années. Agréable mais sans génie. "Passerà" est en revanche une bonne surprise, le ukulélé y est joliment utilisé, et il y a un petit côté reggae dont on n'avait pas bénéficié depuis "A mio Lingua" sur Quorum en 1989 ! Trois chansons arrivent cependant à se détacher nettement du lot. "È Ghjè Cusi" commence comme une ballade plaintive d'I MUVRINI dans la plus pure tradition, mais le refrain est propice à donner un maximum de frissons, avec la participation du choeur angélique, et Alain qui le reprend à son compte... Une splendeur. "Sarà" offre l'utilisation inédite de la cornemuse irlandaise, et sur un mode majeur, ouvert et ample, se présente comme une pleine réussite. On termine par la surprise sur le gâteau, "A la Terra Intera". Lancée sur un up-tempo comme on n'en a eu que trop rarement avec le groupe, cette chanson représente un fin de concert idéale, c'est du vécu. Toujours soutenus par la chorale, les frères Bernardini chantent gaiement la louange de la "terre entière", sur une musique pop-rock des plus efficaces à grand renfort de violon (la délicieuse Laurence Dupuis) et de cornemuse. Une perle encore...

Bien que tous les morceaux de l'opus n'aient pas cette portée mythique, l'expérience se révèle plutôt intéressante, et du côté des compos aussi bien que des reprises, le groupe nous a encore offert quelques joyaux. Cela va t-il encore durer ?

Note réelle : 3,5/5

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   MARCO STIVELL

 
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1. A Voce Rivolta
2. Streets Of Philadelphia
3. Quand' Hè
4. Ti Mandu
5. Amsterdam
6. E Ghjè Cusi
7. Solamamma
8. Sarà
9. Agnus Dei
10. A La Terra Intera
11. Veiller Tard
12. Passerà
13. Tu Quieres Volver
14. Diu Vi Salvi Regina



             



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