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- Membre : Alan Simon

ZUCCHERO - Spirito Divino (1995)
Par MARCO STIVELL le 18 Juin 2017          Consultée 172 fois

En six ans, ZUCCHERO n'a publié qu'un seul album, et pas le moindre (Miserere, 1992), sans être non plus celui qu'on retient le mieux. De quoi mettre en lumière le septième effort de l'Emilien qui regarde à la fois en avant et en arrière.

Nous avons là, en effet, le petit frère "presque jumeau" d'Oro, Incenso & Birra, non pas jusqu'à la pochette mais dans le titre, détournement de mots sacrés issus du catholicisme avec une touche d'hédonisme/bacchanale : Spirito Divino, esprit divin, spirito di vino, esprit du vin. On trouve les mêmes structures, les mêmes intervenants aussi en majorité : Corrado Rustici, Polo Jones, David Sancious, Rosario Jermano, les Memphis Horns, Clarence "Big Man" Clemons, Lisa Hunt.

Vouloir donner une suite directe à un disque à grand succès n'est pas un mal quand c'est bien fait. Mike OLDFIELD l'a prouvé avec son Tubular Bells II, et d'ailleurs, les mélodies de guitare électrique par Rustici sur "Senza Rimorso" évoquent fortement l'homme de Reading, désormais converti à la new-age des ENIGMA et consorts. Ce style très années 90 est distillé sur Spirito DiVino et son orientation électronique, mais de façon encore légère.

Aux programmations, Corrado s'en donne à coeur joie sur les morceaux soul/funk les plus délirants et où ZUCCHERO se lâche, vocalement, sexuellement aussi, comme "Per Colpa di Chi?" ("la faute à qui ?") et "Datemi una Pompa" (ode à... la fellation !), respectivement les nouveaux "Diavolo in Me" et "Nice (Nietzsche) Che Dice". Tandis que Polo Jones fait vrombir sa basse et Steve Smith égrène ses fûts, le chanteur à la voix rocailleuse nous convie à des orgies musicales et libère les tensions de l'époque début 90's avec un groove irrésistible, des bruits de basse-cour.

Le Big Man, lieutenant de Bruce SPRINGSTEEN, vient faire un bref solo de saxophone clinquant sur le troisième morceau torride et rêveur, comme en 1989 pour "Il Mare...". "O.L.S.M.M.", dans la tradition des titres à rallonge, est une récréation parlant des mariages réalisés trop vite si on n'a pas fait attention, et pour lesquels il existerait, heureusement selon ZUCCHERO, une "Organisation Laïque pour la Sauvegarde et le Maintien des Mariages" (traduction bateau) !

Au-delà de cet humour tendancieux, on apprécie l'accent mis sur les détails à travers une pop/soul/blues toujours aussi riche en production. Comme "A Wonderful World", l'escapade en Californie avec "Papa Perché" (Stewart Copeland à la batterie !) est joliment soulignée par l'intervention d'un guitar-hero anglais mythique, Jeff BECK? qui devient un ami proche de ZUCCHERO. Les quelques éléments dance sont bien dosés, les cuivres des Memphis Horns ainsi que les pianos honky-tonk de Luciano Luisi, David Sancious et Johnnie Johnson pleuvent conjointement au tonnerre de guitares sur "Per Colpa di Chi" et "Voodoo Voodoo", calqué sur "Overdose d'Amore".

Jusque là, il n'y a rien à redire et ce ne sont pas les ballades qui changent cet état de fait. Après "Diamante", "Cosi Celeste" est peut-être moins marquant et plus classique en termes de slow, mais la présence du choeur gospel et la mélodie nous émeuvent grandement, de même que le solo de Luciano Luisi au synthé. "Senza Rimorso" est aussi une réussite, nouvel "Iruben Me" avec un traitement 90's qui annonce le futur album, Blue Sugar (1998). Pas de "Madre Dolcissima" question densité, mais il est impossible d'échapper aux qualités d'un "Pane e Sale" atmosphérique, la face la plus langoureuse de la carrière de l'Emilien dans ce qu'elle a de mieux.

C'est alors que nous arrivons au véritable bijou de l'opus, et son titre le plus connu, "Il Volo", un des plus grands tubes de ZUCCHERO. Il joue lui-même de son Mellotron personnel dans cette chanson d'amour à l'aura quasi-religieuse et à la renommée internationale. Elle est si aérienne avec ses guitares et ses cordes, sa mélodie limpide, tellement merveilleuse. Et ce chant ! Plus de 20 ans après, je ne me lasse aucunement de cet "envol" qui a été mon premier titre chéri de l'Italien, clip tourné dans le désert. "Sogno, qualcosa di buono, che m'illumini il mondo, buono come te", aaaah.

Spirito DiVino réussit son pari en reprenant les éléments des plus grands tubes de ZUCCHERO, en se donnant les moyens (notez que ses managers de l'époque sont Miles Copeland, frère de Stewart, et Henry Padovani, le Corse guitariste fondateur de THE POLICE), tout en se distinguant par son identité 90's et grâce à "Il Volo". Un des derniers disques majeurs de ZUCCHERO dans sa production régulière.

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   MARCO STIVELL

 
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- Zucchero (chant, guitares, piano, orgue hammond, mellotron)
- Corrado Rustici (guitares, claviers, programmations, choeurs)
- Luciano Luisi (piano, claviers)
- Polo Jones (basse)
- Steve Smith (batterie)
- David Sancious (claviers, orgue hammond)
- Rosario Jermano (percussions)
- Lisa Hunt (choeurs)
- Andrew Love (saxophone)
- Wayne Jackson (trompette, trombone)
- Clarence 'big Man' Clemons (saxophone ténor solo)
- Johnnie Johnson (piano, orgue hammond, basse)
- Pat Mac Donald (guitares)
- Sheila E (choeurs, percussions)
- Leo Nocentelli (guitare, choeurs)
- Antonella Pepe, Emanuela Cortesi (choeurs)
- Arthur Miles, Mino Vergnaghi (choeurs)
- New Orleans Gospel Choir (choeur)
- Jeff Beck (guitare)
- Stewart Copeland (batterie)


1. Voodoo Voodoo
2. Datemi Una Pompa
3. O.l.s.m.m.
4. Pane E Sale
5. Per Colpa Di Chi?
6. Il Volo
7. Senza Rimorso
8. Papà Perché
9. Così Celeste
10. Alleluja



             



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