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RUSH - Fly By Night (1975)
Par ARP2600 le 7 Décembre 2011          Consultée 2275 fois

Admirons ensemble le « vol de nuit » de Rush, parfaitement illustré par la couverture du disque. Le harfang des neiges qui vous toise d'un air mauvais indique la froideur et l'agressivité de ce que vous allez entendre. De fait, Fly by night est un des albums les plus agressifs de Rush. En cette année 1975 où le métal n'était encore qu'en bourgeons, ça n'a vraiment pas dû paraître tendre. Il suffit d'entendre les premières secondes pour comprendre de quoi je parle, la charge initiale est saisissante.

Fly by night marque l'arrivée du batteur et parolier définitif, Neil Peart, qui donnera de fait l'essentiel de l'orientation philosophique de Rush. Ce n'est pas encore le cas ici, cependant, les paroles n'étant pas encore clairement attribuées. A l'instar du premier album, les thèmes abordés ne sont pas très ambitieux... « By-Tor and the Snow Dog » et « Rivendell » sont des histoires de fantasy, la première décrivant un combat entre deux entités – la bonne gagne, la seconde se référant évidemment au « Seigneur des Anneaux ». Les autres chansons parlent de l'importance de croire en ses rêves, de la vie d'errance des artistes, mais aussi exaltent l'individualité – mais pas l'égoïsme – et par-là même expriment déjà un peu, si peu, le côté libre penseur du groupe. Seule « In the end » reste un peu hermétique pour moi.

La musique est plus dure que dans le premier album, mais reste du hard rock modéré bien entendu. Quoique la voix stridente de Geddy Lee – une caractéristique du groupe qui ne s'atténuera vraiment qu'avec Signals – en rebutera plus d'un. Enfin bon, ce n'est pas pire que la voix de sistre d'Ozzy Osbourne, question de goût quoi... En parlant de ça, toute comparaison avec Black Sabbath est cette fois vaine, Rush s'est définitivement installé dans un registre jouant plus sur les aigus, ce qui n'enlève rien à la qualité du jeu de basse de Geddy Lee. C'est toujours très Led Zep en plus froid, mais Rush commence vraiment à avoir un style qui lui est propre. Ainsi, je ne me souviens pas avoir entendu ailleurs, même chez les groupes de hard rock ou de metal les plus brillants, une introduction ayant un tranchant comparable à celle de Fly by night.

« Anthem » ouvre le bal des nombreux débuts d'albums réussis de Rush. Les instruments attaquent directement, sur un rythme à sept temps endiablé, qui se brise rapidement pour donner la place à une séquence à quatre temps assassine. Les parties chantées sont plus modérées mais le mordant revient régulièrement. « Best I can » est une des raisons de mettre une note de 4 et non 5, on a vu du remplissage plus inspiré que ceci. Ca n'en donne que plus de vigueur au nouvel assaut qui suit avec « Beneath, between and behind ». Son caractère syncopé rapide lui donne une nature bondissante rare. C'est vicieusement conçu : les syncopes semblent doubler le tempo mais la mesure reste modérée, ce qui permet à la chanson suivante, « By-Tor and the Snow Dog », d'être plus rapide malgré son rythme carré. Bon alors là, on va dire que c'est la « grosse pièce ». Celle où le groupe montre sa technique, dans un emballage un peu progressif. Le contrat est réussi, bien que la transition lente après les deux premiers couplets me paraisse moyenne. A vrai dire, c'est une des faiblesses de composition de Rush, qui ne sera que partiellement comblée dans leurs albums les plus progressifs que sont A farewell to Kings et Hemispheres : les changements brusques d'ambiance restent maladroits, il convient beaucoup mieux à leur style de faire plusieurs chansons aux tempos différents qu'une seule suite à parties. On notera encore le solo de guitare lent, j'aime ces passages où tout n'est pas que virtuosité.

Sur la deuxième face, je suis un peu plus réservé, « Fly by night » et « Rivendell » ne me plaisent en fin de compte pas tellement. La première est linéaire, la deuxième montre leur faible efficacité en matière de ballades. Je ne dis pas que ce n'est pas joli mais... Par contre, « Making memories », qui rappelle un peu Led Zep III avec sa guitare acoustique véloce, me plaît beaucoup. On termine logiquement avec « In the end » – il faut s'appeler Hammill pour mettre ça au milieu – qui se la joue « Stairway to heaven », avec un début lent et acoustique se renforçant ensuite, la mélodie restant invariable. Excellente chanson bien qu'elle ne me semble valoir ni son modèle ni les deux dernières du premier album.

Et je me rend compte que ma chronique doit paraître trop peu positive pour un excellent album. C'est le problème de Fly by night, il a tout d'un chef-d'oeuvre sans en être un. Il faut prendre ça pour un 5 dont on aurait enlevé des demi-points. Et je me dis que c'est peut-être ça le problème de Rush, leur musique est très facilement sous-estimée. Quoi qu'il en soit, remettons les choses à leur place, Fly by night est un grand album de hard rock, je le considère comme important, bien que je ne le recommanderais pas à un néophyte, mieux vaut commencer par leur premier ou 2112.

Note réelle : 3,5/5

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- Geddy Lee (chant, basse)
- Alex Lifeson (guitare)
- Neil Peart (batterie)


1. Anthem
2. Best I Can
3. Beneath, Between And Behind
4. By-tor And The Snow Dog
5. Fly By Night
6. Making Memories
7. Rivendell
8. In The End



             



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