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- Style : Kansas
 

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RUSH - A Farewell To Kings (1977)
Par ARP2600 le 11 Mai 2012          Consultée 2476 fois

Apparemment, l'expérience 2112 leur ayant plu, les membres de Rush ont donc décidé de franchir le Rubicon et de rejoindre les rangs des rockeurs progressifs pour un petit moment, le temps de livrer l'excellent diptyque A farewell to Kings/Hemispheres. Une initiative gonflée quand on connaît le paysage musical de 1977. Ni le rock progressif ni le hard rock n'étaient à la fête à cette époque, mais il ne faut pas oublier que le groupe est canadien. Tandis que l'Angleterre était à fond dans son trip punk/new wave, le prog commençait seulement à faire des émules outre-Atlantique, ainsi par exemple, les principales contributions de Kansas et Styx datent de la même époque. Pour en revenir à Rush, la principale chose que je reprocherais à cette paire d'albums est de ne pas avoir formé un double. On pourrait dire qu'il suffit de les écouter à la suite... En attendant, il manquera une petite étoile à chacun des volets.

Oh bien sûr, c'est de la musique de spécialistes du hard rock, assez incisive et rugueuse, du prog d'action plus que d'émotion. Mais progressif il est quand même, par ses structures rythmiques complexes proches de celles de Camel, son harmonie romantique calquée sur Yes, et la structure des chansons montrant ces progressions qui ont donné leur nom au style. Les paroles, elles, étaient déjà dans le ton depuis Fly by night. Pourtant, le titre lui-même annonce le prochain départ du groupe du territoire de la fantasy. A vrai dire, la science-fiction ne restera plus bien longtemps non plus...

Il ne faut pas cinq secondes pour remarquer le virage de style quand on entend l'introduction délicate de la chanson-tire, à la guitare acoustique accompagnée de xylophone et de synthé. A l'instar de «Tears» sur 2112, on pense à Genesis, un peu à Gentle Giant. L'identité du groupe revient cependant après une bonne minute, quand retentissent des guitares lourdes sur un rythme d'abord lent puis s'accélérant tandis qu'intervient le chant acéré de Geddy Lee. Tout au long de l'album, il est assez délirant, comme d'habitude tout le monde ne goûtera pas cette agression vocale. Le rythme est très mouvant tout au long de ce numéro qui parle de l'usure du pouvoir, de la corruption de l'esprit qu'elle engendre.

Ensuite vient la superbe «Xanadu», le clou de l'album. Un morceau à moitié instrumental parlant de la capitale de Kubilai Khan, avec une dimension mythique : Ici elle est présentée comme un paradis où on peut atteindre l'immortalité. Mais le cadeau est empoisonné car une fois qu'on y parvient on se retrouve pris au piège, dans un temps figé sans espoir de retour dans le monde normal. Au niveau de la musique, bien que les mélodies soient typiquement de Rush, on pense nettement à Yes. La façon dont le refrain est répété plusieurs fois sur des tons différents, en mode majeur puis mineur, me fait penser à «Yours is no disgrace». Une superbe évolution en tout cas, partant d'une ambiance exotique calme, avec fond de synthé et une technique de guitare faisant décidément penser à Steve Howe, les choses s'accélérant ensuite pour déboucher sur un thème nerveux et lyrique. C'est seulement après cinq minutes, presque la moitié du morceau, que le chant intervient. A partir de là, les passages d'action et de contemplation se succèdent, avec une très belle orchestration. Sans doute leur meilleure chanson progressive.

Passons rapidement sur les trois bouche-trou. Je suis dur en disant cela, mais bon, ces petites chansons ne font pas le poids. «Closer to the Heart» est pourtant un single ayant connu un relatif succès et étrangement populaire auprès du public des concerts du groupe. Bizarre, car cette annexe de la chanson-titre est un peu courte et légère pour faire un bon numéro prog. «Cinderella man» manque un peu de personnalité. Ici, il est question d'un homme devenu riche mais trop bon pour paraître crédible, un peu comme s'il était normal qu'une personne puissante soit forcément tyrannique. On tourne toujours un peu autour du même thème, s'il ne s'agit pas d'un album concept, il est fort cohérent. La troisième, «Madrigal», est une chanson d'amour, poétique et joliette mais également un peu courte.

Après tous ces numéros à l'ambiance plutôt médiévale, on sera un peu surpris de trouver le cosmique «Cygnus X-1 Part One – The voyage». Cosmique mais progressif, il ne s'agit pas vraiment de space rock, on pourrait la comparer à «South side of the sky» de Yes ou Albedo 0.39 de Vangelis si on veut lui trouver des précédents. Il y a cependant dans «Cygnus X-1» une énergie sombre assez originale. Précisons que Cygnus X-1 est le premier trou noir jamais détecté. Ces restes de l'effondrement d'étoiles massives sont des objets mystérieux, de véritables problèmes dans la structure de l'espace-temps. Il n'est pas étonnant que l'imagination ait pu se déchaîner à leur sujet. Dans cette première partie – la seconde débutant l'album suivant – il est simplement question de présenter l'objet et de parler de la chute volontaire d'un vaisseau dans celui-ci. Notons que le vaisseau s'appelle «Rocinante», je suppose qu'il est aussi stupide de lutter contre un trou noir que contre des moulins à vent... On en saura plus dans «Hemispheres». En tout cas, encore une évolution spectaculaire, le début est absolument glaçant, la présentation du trou noir héroïque et le final aussi affolant que la chute dans celui-ci. Un morceau fort bien structuré donc, bien que manquant un peu de finesse.

Dans une carrière aussi brillante que celle de Rush, «A farewell to Kings» est une étape comme une autre, ni exceptionnelle ni décevante. Il mérite tout de même d'être découvert par tout amateur de rock progressif, ne fut-ce que pour l'incontournable «Xanadu» et pour connaître la contribution somme toute fort originale du groupe à ce style.

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- Neil Peart (percussions)
- Geddy Lee (basse, chant, mini moog, guitare à 12 cordes)
- Alex Lifeson (guitares électriques et acoustiques)


1. A Farewell To Kings
2. Xanadu
3. Closer To The Heart
4. Cinderella Man
5. Madrigal
6. Cygnus X-1 Book One - The Voyage



             



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