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DREAM THEATER - Systematic Chaos (2007)
Par ARP2600 le 14 Décembre 2018          Consultée 396 fois

Après s’être réinventé plusieurs fois, DREAM THEATER a une fois de plus surpris et divisé ses auditeurs en 2007, en décidant de se poser et de travailler les acquis. Sur Systematic Chaos, ils n’ont pas essayé d’augmenter leur (déjà énorme) panel d’influences, ni de composer différemment. Cet album compile un peu tout ce qu’ils ont fait depuis Scenes from a Memory, avec une volonté manifeste de peaufiner les compositions et les arrangements.

Certains les ont accusés de commencer à sérieusement tourner en rond, mais c’est un mauvais procès. Ce qu’on trouve sur ce disque ressemble bien sûr à du DREAM THEATER, mais ce sont bel et bien de nouveaux riffs et de nouvelles mélodies, de nouvelles idées à la base des morceaux. Comme sur Scenes from a Memory, ils ont choisi de raconter des histoires, de type fantastique voire gothique. Ce n’est pas une option rare ni en metal ni en rock progressif, et cela nous change des sujets socio-psycho-philosophiques creux des deux ou trois précédents opus. Les paroles ne sont pas à proprement parler géniales, mais elles sont plutôt amusantes ou malicieuses, seule « The Ministry of Lost Souls » est barbante de ce point de vue. Il ne faut donc rien chercher de sérieux ici, c’est de l’imaginaire, à part sur la quatrième partie de la Twelve Steps Suite, « Repentance », de nouveau en rapport avec l’alcoolisme.

Question musique ensuite, il importe de dire que les cinq membres du groupe s’entendaient bien à cette époque. Ils disent que les alentours de 2007 ont été leur meilleure période et cela s’entend très bien ici. Ils ont vraiment voulu faire un bon disque, et ils se sont manifestement beaucoup amusés à l’enregistrer. Le fait d’avoir quitté Warner pour le plus indépendant Roadrunner y est sans doute pour quelque chose également. Si on peut être par moments un peu sceptique au sujet des claviers de Jordan Rudess (mais ce n’est pas la première fois), les autres sont tous exemplaires ici : basse bien grasse, soli lyriques très réussis de Petrucci, peut-être la meilleure contribution du chanteur James LaBrie, et surtout, une très grande prestation du batteur Mike Portnoy, décidément l’âme de DREAM THEATER. Si on pourra reprocher certains choix de production (toujours assurée par Portnoy et Petrucci), le son et l’interprétation sont aussi bons que jamais.

La composition n’est pas en reste non plus. Il y a comme toujours quelques longueurs, c’est le problème du groupe depuis Awake… remplir à ras-bord un support de 80 minutes est une option qui se respecte, mais qui conduit quand même difficilement à des chefs-d’œuvre absolus. C’est en particulier le cas sur l’introspective « Repentance » et « The Ministry of Lost Souls », qui présentent de très belles choses mais auraient pu être bien plus courtes. D’autre part, « Forsaken » et « Prophets of War » sont les titres les plus légers de l’ensemble et font un peu figure de remplissage. Rien de grave et le disque est suffisamment varié pour être écouté en entier sans s’ennuyer. En fait, le groupe s’est laissé aller à sa fantaisie, ils n’avaient pas d’idée préconçue sur le projet, à part de faire quelque chose de très travaillé. C’est le sens de cet oxymore « chaos systématique », outre le fait que le chaos représente le thème maléfique de certaines histoires.

Le reste fait à mon avis partie du tout meilleur de DREAM THEATER. La grande suite en deux parties, commençant et clôturant l’album, « In the Presence of Enemies », présente un prêtre confronté aux forces du mal, notamment un certain « dark master », une histoire paraît-il tirée d’une BD coréenne. C’est l’occasion de proposer une composition passionnante et audacieuse. L’introduction instrumentale rappelle la richesse rythmique d’un « YYZ » de RUSH et le lyrisme d’un « Gates of Delirium » de YES, rien de moins. Aux détracteurs, il faut dire que certes, le groupe a déjà proposé ce genre de passage, mais jamais aussi dense et précis, et ceci ne sonne absolument pas comme un collage de leurs anciens morceaux (ce qui sera plutôt vrai à partir de l’album suivant).

Plus fort encore, le bien nommé « Constant Motion » nous entraîne dans une spirale haletante, de nouveau dans la directe tradition rythmique de RUSH. Le sommet est cependant atteint sur l’incroyable « The Dark Eternal Night », l’exemple même du metal progressif. Une composition redoutable, presque carrée mais avec des ruptures rythmiques assassines. Le début lorgne sur le thrash de METALLICA, mais en plus travaillé que sur Train of Thought, il y a en particulier des évolutions mélodiques étonnantes à la guitare. On trouve ensuite un passage très rapide et martial particulièrement impressionnant, pour terminer sur quelque chose de plus doom. Une vraie démonstration de force, un florilège du genre, sans doute mon morceau préféré du groupe voire du metal dans son ensemble.

Pour conclure, je dois bien l’avouer, j’ai un faible pour Systematic Chaos, cela fait une dizaine d’années que c’est leur disque que je préfère, celui auquel je reviens le plus souvent. Il n’est pas forcément facile à apprivoiser car plus riche, plus malin que leurs œuvres précédentes et d’une classe moins évidente que le très cohérent Scenes from a Memory. Si celui-ci reste objectivement un cran au-dessus, Systematic Chaos me semble faire partie du podium de DREAM THEATER, le troisième étant Awake. On ne peut qu’implorer ceux qui l’ont classé un peu vite à sa sortie de lui redonner une chance, il en vaut vraiment la peine… si on aime la grandiloquence du metal progressif du groupe bien entendu.

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- James Labrie (chant)
- John Myung (basse)
- John Petrucci (guitare, chœurs)
- Mike Portnoy (batterie, chant sur 3,4, chœurs)
- Jordan Rudess (claviers, continuum)


1. In The Presence Of Enemies - Part I
2. Forsaken
3. Constant Motion
4. The Dark Eternal Night
5. Repentance
6. Prophets Of War
7. The Ministry Of Lost Souls
8. In The Presence Of Enemies - Part Ii



             



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