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ROCK PROGRESSIF  |  STUDIO

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- Membre : Caravan, King Crimson, Matching Mole

CAMEL - Rajaz (1999)
Par MARCO STIVELL le 22 Juin 2012          Consultée 2010 fois

Quelques temps après avoir confirmé le succès de son retour grâce à Harbour of Tears et la tournée qui a suivi, CAMEL propose une nouvelle fournée, plus précisément une nouvelle pièce essentielle bien décidée à montrer que le groupe n'est pas encore en manque d'inspiration. Pour cette fois-ci, ça a juste été le cas concernant une idée de concept, et Rajaz n'en est donc pas un, même si l'on retrouve dans les paroles et aussi parfois la musique le thème récurrent du désert (saharien). Comme un écho qui, dès la pochette, nous renvoie au lointain Mirage, sorti vingt-cinq ans plus tôt.

Rajaz est un disque dans la lignée de ses prédécesseurs, moins grandiloquent et contrasté qu'un Dust and Dreams, moins folk dans l'âme que Harbour of Tears. Il conserve juste la forte teneur symphonico-orchestrale, celle-ci étant toujours dévolue à Ton Scherpenzeel mais aussi au violoncelle occasionnel de Barry Phillips.
L'album peut se scinder en trois temps, pas forcément si distincts d'ailleurs, on parlera plus simplement d'une accalmie globale au milieu de temps plus enlevés. "Three Wishes" ouvre le premier, en bonne suite qui met en valeur le lyrisme d'Andy Latimer (lui seule faisait sonner aussi bien une guitare gilmourienne comme on n'en entendait plus à l'époque). Après un début contemplatif très propre aux mirages sahariens, le titre s'envole et libère d'embée un rock progressif sous-jacent sur le précédent disque, avec fiesta de percussions, claps... Très séduisant, tout comme la chanson "Lost and Found" qui, entre deux parties de rythmique en 7/8 (le premier étant chanté), permet au synthé de Scherpenzeel de faire de splendides échappées. "The Final Encore" est tout aussi riche de changements savants, parfois austères, mais avec aussi de solides passages symphoniques aux cordes-synthé. A leur détour, la guitare place quelques phrasés orientaux, le violoncelle parait torturé et la voix de Latimer, subtilement doublée à l'octave, sera le seul guide possible à travers la tempête de sable.

Les chansons qui suivent annoncent donc une accalmie dans le ton musical, pas plus joyeux pour autant. "Rajaz" possède une superbe mélodie chantée mélancolique, soulignée par le violoncelle. Malgré ensuite la présence de la batterie et de la basse, le titre ne change pas de rythme et se contente d'aligner de très jolis solo de guitare au-dessus du leitmotiv qui caractérise la softitude de l'ensemble. "Shout" est le type de ballades que Mark Knopfler en solo pourrait interpréter, mais on reste bien dans l'univers CAMEL grâce à ces claviers flottants et bien sûr la voix d'Andy Latimer qui trouve, peut-être plus que jamais, ses meilleures performances ici. "Straight to My Heart", chanson d'amour que le musicien adresse à sa guitare, nous présente encore une fois cette dernière s'exprimant en toute suavité et lyrisme sur un ensemble soft et lent, magnifique !

Le dernier temps du disque revient à une musique plus énergique mais aussi plus volontairement épique, à l'image d'abord de ce "Sahara" qui comblera une fois encore les amateurs de prog. Le début est empreint d'une fragilité onirique propre à l'album (la guitare d'Andy a rarement sonné aussi jazzy), mais décuplée par ce retour aux contrastes. Les nappes de Ton et une rythmique de plus en plus dense amènent ce cri de la guitare, auquel s'ensuit un décollage typiquement camélien en 7/8, propice à un nouveau discours soigné de la part d'Andy. "Lawrence" prend quant à lui plus de temps, laissant la première partie aux nappes. La simplicité du tandem Bass-Stewart soutient joliment la fragilité de la partie chantée, mais c'est bien dans les six minutes restantes que celle-ci trouve toute sa superbe. Latimer y réalise un triple solo, le troisième, étant introduit par une splendide montée de basse, restant le plus poignant et déchirant. Ou comment faire naître les larmes pour une fin de disque déjà si émouvant...

Rajaz ne ravira pas tous les fans de rock progressif, en cela qu'il contient beaucoup plus de parties calmes que d'enlevées. Néanmoins en tant qu'amateurs de cette délicatesse propre à CAMEL, on ne saurait passer à côté, car c'est une perle encore pleine de sens que l'on contournerait.

Note réelle : 4,5

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   MARCO STIVELL

 
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- Andy Latimer (guitares, chant, flûte, claviers, percussions)
- Colin Bass (basse)
- Ton Scherpenzeel (claviers)
- Dave Stewart (batterie, percussions)
- + Barry Phillips (violoncelle)


1. Three Wishes
2. Lost And Found
3. The Final Encore
4. Rajaz
5. Shout
6. Straight To My Heart
7. Sahara
8. Lawrence



             



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