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- Style : The Nazgûl , Dennis Young , Circles
- Membre : Harmonia, Guru Guru
- Style + Membre : Brian Eno , Eno Moebius Roedelius

CLUSTER - Cluster Ii (1972)
Par ARP2600 le 4 Juillet 2012          Consultée 1432 fois

On peut dire que ce deuxième Cluster tient une place ingrate dans la discographie du groupe. Coincé entre le charismatique Cluster 71 et Musik von Harmonia, il présente une musique toujours non mélodique mais dont la linéarité montre dans quelle direction ils vont évoluer. Un peu assis entre deux chaises, il est presque aussi difficile à apprivoiser que Zeit de Tangerine Dream avec lequel il partage un certain côté écrasant. Après quelques écoutes, on pourra néanmoins lui reconnaître un caractère fascinant et une cohérence que Cluster n'aura finalement que rarement atteint sur un album entier.

Pour être plus précis quant à la chronologie, Cluster II a été réalisé en janvier 1972, quelques mois seulement après Cluster 71, qui lui-même suivait de près les trois Kluster. L'aventure Harmonia n'a vraiment commencé que fin 73, on peut donc dire que cet album-ci conclut une première époque de fertilité pour la paire Möbius-Rödelius. Notons que, si le groupe est surtout constitué de ces deux-là, ils ont souvent eu au moins un comparse, et pas des moindres. Ainsi, Schnitzler avec Kluster, Rother de Neu! avec Harmonia ou encore Brian Eno. Ajoutons-y la grande complicité avec Conny Plank, l'homme qui a produit la majorité des albums de krautrock et plus tard nombre de disques de new wave. S'il a surtout été producteur, son implication dans Cluster a sans doute été la plus forte. Après avoir aidé à la manipulation du matériel sur Cluster 71, il a encore ici un rôle de compositeur.

Revenus de leur voyage dans les contrées les plus abstraites de la musique, illustré par l'absence de titres sur l'album précédent, ils ont ici adopté le format qu'ils allaient garder dans la suite de leur carrière : des morceaux plus courts et plus nombreux, aux titres allemands donnant l'impression d'être un prétexte. Un autre type d'abstraction donc, mettant en évidence, parfois avec humour, la vanité de toujours devoir donner un titre même quand il ne s'agit pas de musique à programme. Il faut dire que, tandis que la musique classique, qui a depuis plusieurs siècles l'habitude de l'abstraction, peut aisément se passer de vrai titre en intitulant une œuvre concerto, quatuor ou symphonie, la musique populaire n'a jamais vraiment développé un tel vocabulaire.

Là où Cluster 71 était très diffus, tout ici repose sur des notes nettes, répétées de façon monotone, inlassablement au long du morceau, sans former de véritables mélodies mais quand même faciles à identifier. Le travail sur les sons n'est pas tout-à-fait le même non plus. Le mélange de Cluster 71 était irréel, au point qu'il est difficile de croire qu'ils n'avaient pas encore de vrais synthés à l'époque. Ici, on entend plus distinctement de l'orgue électronique, de la guitare, du piano. Il est difficile de déterminer s'ils avaient déjà des séquenceurs pour celui-ci, à tout le moins ont-il dû utiliser des artifices d'enregistrement pour produire une musique aussi régulière. C'est en cela que Cluster II est un album important : un peu après Neu! mais dans une ambiance nettement moins rock, il est un des premiers où on peut voir poindre la musique électronique répétitive.

Tout ceci étant dit, «Plas» semble encore un peu vaporeux, avec un rythme palpable mais beaucoup de résonance. J'y suis impressionné par la façon dont l'ambiance est assurée par cet ligne d'orgue monotone au départ, puis par une guitare déformée plus rapide et aiguë répétant une simple quinte, un superbe morceau abstrait. Par contre, au début de «Im süden» (Au sud), on peut avoir des craintes en entendant cette guitare tendue égréner inlassablement ces notes «si b - do - mi b - fa», et en voyant la durée de treize minutes. Effectivement, ce morceau est ingrat, l'ambiance ne se construit que lentement, à mesure que les sons évoluent et que de nouvelles lignes entrent en jeu. «Für die Katz» (Pour le chat) conclut la première face de façon plus nerveuse, elle se rapproche plus du travail de Tangerine Dream.

Le plus gros de la seconde face est occupé par «Live in der Fabrik», qui est de fait un enregistrement en concert à Hambourg. L'ambiance y est plus mystérieuse, le morceau est dominé par les nappes et comprend beaucoup de dissonances. Les orgues de «Georgel» font de nouveau penser à TD («Genesis» sur leur premier album par exemple), tandis que la conclusion pianistique «Nabitte» est un exemple-type de l'influence que cette musique a pu avoir sur Brian Eno avant même que celui-ci ne collabore directement avec eux.

Malgré le peu de reconnaissance qu'a connu Cluster II, sans en avoir l'air, cet album très cohérent occupe une place importante dans l'histoire de la musique électronique, qui m'incite à le recommander à tous les amateurs du style, tout en rappelant que son côté introspectif compulsif le rend oppressant et donc peu accessible.

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- Hans-joachim Roedelius
- Dieter Moebius


1. Plas
2. Im Süden
3. Fur Die Katz'
4. Live In Der Fabrik
5. Georgel
6. Nabitte



             



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