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CLUSTER - Apropos Cluster (1990)
Par ARP2600 le 27 Octobre 2014          Consultée 1313 fois

Résumé des épisodes précédents : après des années 70 brillantes qui ont vu Dieter Moebius et Hans-Joachim Roedelius défricher les domaines de l'ambient, de la techno, voire de la musique industrielle, les deux musiciens ont commencé à moins travailler ensemble, leurs travaux étant de moins en moins inspirés. Après un dernier disque lamentable, Curiosum, ils semblaient être définitivement partis chacun de leur côté. Vers 1990, cependant, décidant de refaire un peu de musique à deux, ils ont fini par publier un nouvel album, Apropos Cluster.

Ce projet s'avère très comparable dans sa structure à Grosses Wasser, sans aucune ambition particulière, il faut le dire. Cela vaut mieux car il est malheureusement tout ce qu'il y a de plus raté. On va toujours répéter les mêmes rengaines, mais pouvait-on encore concilier les petites mélodies de Roedelius avec le bidouillage sonore de Moebius ? Difficilement... Et comme de toute façon, aucun des deux n'a réussi à faire une brillante carrière en dehors de Cluster, c'était vraiment mal embarqué. Roedelius a publié quelque chose comme dix albums solo entre 81 et 91 (et il en avait déjà publié quelques-uns depuis 78), mais le problème, c'est que cette productivité est ridicule, ses œuvres étant toutes identiques : son dépouillé avec beaucoup de piano, ressemblant à du TANGERINE DREAM souffreteux, mélodies romantiques peu variées. Moebius, lui, a beaucoup travaillé avec Conny Plank jusqu'à la mort de celui-ci en 87. Les disques sont plutôt médiocres et difficiles à suivre, mais certains y voient des prémices de la techno. Rien d'inoubliable dans tout ça, même si c'est triste à dire.

Ils sont loin d'avoir été inactifs au cours des années 80, mais cela rend d'autant plus impardonnable ce qu'on trouve sur Apropos Cluster. Les sons employés sont certes moins grossiers que la pâte informe de Curiosum, mais y gagne-t-on vraiment au change ? La fin des années 80 et le début des 90 est certes une période creuse de la musique électronique, avec des instruments peu convaincants et le piège du midi et du début de la MAO. Presque tous les grands noms ont sorti de la soupe à cette époque, VANGELIS étant l'exception avec son The City, et pourtant, même dans celui-là, on peut ressentir une certaine fadeur que doit compenser la musicalité de l'interprète. Pourtant, même dans ces conditions, les sons de CLUSTER ne sont pas à la page. Ils semblent étriqués, secs, quelconques, voire par moments carrément cheap et donc ridicules. Ainsi, sur la longue plage-titre, on trouve à partir de la minute six un motif rythmique totalement déplacé, certainement généré par un séquenceur informatique. Autre exemple de son minable, ces fausses trompettes qui vous cassent les oreilles sur "Grenzgänger" et sur "Falls".

Qu'en est-il de la composition en elle-même ? C'est difficile à juger avec un groupe à tendance abstraite comme CLUSTER, mais disons que l'assemblage des éléments musicaux est maladroit. Diverses mélodies et motifs ne sont pas bien en rythme et, par-dessus tout, les sons, en plus d'être laids, se marient souvent très mal. On a le plus souvent l'impression d'un obscur collage sans queue ni tête. Il n'y a presque pas de musicalité sur ce disque. Pour terminer sur une note positive, citons la seule plage digne d'intérêt. On se demande ce que fait un joli petit morceau comme "Gespiegelt" dans cette galère. Les sons ne sont pas fabuleux, mais le mélange prend bien. On pense à VANGELIS avec ce piano électrique au rythme asymétrique et une mélodie rêveuse sur un son de type accordéon/harmonica comme on en trouve parfois chez le Grec. Ce n'est pas un chef-d’œuvre de la musique électronique mais au moins ce morceau est beau.

Donc, sept minutes valables sur quarante-deux, le reste est à fuir. Sérieusement, ne vous mortifiez pas à écouter ça. Découvrez "Gespiegelt", supportez les trois minutes de "Emmental»"pour appréhender l'horreur de la chose puis passez à une musique plus digne de ce nom. Ils ont été bien inspirés de regeler le groupe après ce deuxième échec cuisant. Fort heureusement, le disque suivant de CLUSTER, One Hour, bien que moins mélodique, s'avère plus subtilement orchestré et présente donc un minimum d'intérêt.

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- Dieter Moebius (sons piteux)
- Hans-joachim Roedelius (sons moisis)
- Stanislaw Michalak (basse douteuse sur 2)


1. Grenzgänger
2. Emmental
3. Gespiegelt
4. Falls
5. Apropos Cluster



             



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