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CLUSTER - Qua (2009)
Par ARP2600 le 20 Novembre 2014          Consultée 491 fois

On peut au moins reconnaître un mérite à CLUSTER, celui d'avoir proposé des albums fort différents les uns des autres, pour le meilleur et pour le pire. Ils ne se sont jamais répétés même s'il y a moyen de reconnaître leur style. Leur dernière parution, datant de 2009, ne déroge pas à la règle. Elle illustre la reformation du groupe entre 2007 et 2010 et vient quatorze ans après l'étrange One Hour. L'évolution technologique dans l'intervalle a du bon... oubliés les sons foireux des précédents opus, ce qui permet à Qua d'être leur meilleur album studio depuis After the heat avec Brian ENO en 1978, soit trente-et-un ans auparavant.

Ceci amène la question de l'âge des musiciens. Hans-Joachim Roedelius est un cas atypique : né en 1934, il n'a commencé son activité discographique qu'à 36 ans (avec KLUSTER) et en avait donc 75 au moment de publier Qua. Il a pourtant continué de créer des albums solo à un rythme effréné au long des années 90 et 2000 et est toujours actif en 2014, à 80 ans. Son complice Dieter Moebius, né en 1944 (comme Edgar Froese...) n'est quand même plus tout jeune non plus et a été assez actif depuis la seconde séparation de la paire en 97. Vu le caractère sporadique des albums de CLUSTER depuis 1981 et l'âge de Roedelius, on peut tout de même penser que celui-ci sera le dernier sous ce nom, d'autant que Moebius semble avoir quitté l'affaire pour de bon et que Roedelius a maintenant fondé un projet nommé... QLUSTER, avec un nouveau partenaire, Onnen Bock, mais où on ressent cruellement l'absence de Moebius.

Voyons maintenant ce que contient ce Qua. Il est constitué de dix-sept plages dont les titres sont des mots insensés, peut-être censés refléter l'ambiance particulière de chaque morceau, mais qui dénotent l'abstraction retrouvée du groupe. À l'instar du vieux Cluster 71 et de One Hour, il n'y a pas de programme, juste des impressions... Grosses Wasser, Curiosum et Apropos CLUSTER avaient probablement trop essayé d'être figuratifs et on ne peut qu'apprécier la pureté retrouvée de leur propos. Par contre, tandis que One Hour se constituait d'une unique plage peu rythmique et sans repères, Qua renoue plutôt avec le principe de Zuckerzeit, en moins mélodique. Les 17 morceaux, dont les durées sont très variables, beaucoup ne dépassant pas les 2 minutes mais le plus long approchant les sept, sont chacun très homogènes mais fort différents les uns des autres, le seul point commun étant le rythme répétitif et l'errance peu mélodique de la musique. On est nettement plus proche d'ENO et de l'ambient techno que sur One Hour, qui restera décidément quelque chose de bien atypique, même pour du CLUSTER.

La plupart des plages sont à dominante électronique, avec quelques effets de guitare de Moebius. Le final «Imtrerion», d'ailleurs assez peu réussi, présente néanmoins de manière plus évidente des guitares lancinantes rappelant Robert FRIPP. Les deux musiciens utilisent assez habilement une certaine résonance, qui rend le résultat moins sec que celui de One Hour. Des bruitages agrémentent le mélange, ce qui rappelle vraiment les débuts du groupe. Si tout est de nature rythmique ici, on ne trouve curieusement pas à proprement parler de batterie, c'est juste la répétition inlassable des sons qui crée cette ambiance hypnotique. Tout n'est pas parfait, par exemple, on se passerait bien de ce son aigu très cru sur «Na Ernel», ce bruit de porte qui grince sur «Putoil» ou la guitare distordue de «Diagon». On appréciera d'autre part la courte introduction «Lerandis», qui annonce fort bien la couleur, l'industriel «Flutful», les cristallins «Protea» et «Gissander» ou encore le presque funky «Malturi Sa», le plus réussi de l'ensemble étant à mon goût le magnifique «Stenthin».

On se retrouve au final avec un fort beau disque d'ambient abstraite. Si ce n'est pas le meilleur album jamais proposé par le groupe, il représente une forme d'aboutissement stylistique, on a l'impression qu'ils ont enfin réussi à faire ce qu'ils recherchaient depuis des dizaines d'années. C'était inespéré après tous ces errements, que ce soit chez CLUSTER ou au sein des carrières solo des deux musiciens. On ne peut que le recommander, en prévenant qu'il ne s'agit pas d'une musique facile et qu'il peut falloir quelques écoutes pour qu'il se révèle pleinement, à la fois agréable, apaisant et captivant.

Note : 3,5/5

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- Dieter Moebius
- Hans-joachim Roedelius


1. Lerandis
2. So Ney
3. Flutful
4. Protrea
5. Zircusile
6. Xanesra
7. Na Ernel
8. Putoil
9. Malturi Sa
10. Diagon
11. Gissander
12. Ymstrob
13. Albtrec Com
14. Stenthin
15. Curvtum
16. Formalt
17. Imtrerion



             



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