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- Style : Franz Ferdinand, The Zombies , The Beatles , The Madcaps
- Membre : Ray Davies

The KINKS - Face To Face (1966)
Par BAAZBAAZ le 18 Août 2012          Consultée 2654 fois

Il y a des choses désagréables à entendre. En voici une : les KINKS n’ont jamais réussi à faire un album parfait. Les fans n’aiment pas qu’on leur dise ça, et défendent la théorie des « quatre chefs d’œuvre » selon laquelle tout ce qu’a sorti le groupe entre 1966 et 1969 serait miraculeux. Certes, on tient-là de sacrés bons disques. Mais tous sont inégaux, y compris The Kinks Are the Village Green Preservation Society dont la célébration semble devenue obligatoire. Tous contiennent leur part de remplissage malgré des compositions qui, effectivement, touchent parfois au génie. Les KINKS ont donc échoué là où les BEACH BOYS, les BEATLES et les WHO ont réussi. Et c’est d’autant plus frustrant que Ray Davies était le plus grand songwriter des années 60. Le plus fin, le plus doué mais aussi le plus cynique.

Mais l’on peut être capable d’écrire sans sourciller des choses aussi formidables que « You Really Got Me » et « Waterloo Sunset », et caler lorsqu’il s’agit de sortir un album tous les ans sous la pression des idiots de Pye, entre deux tournées éreintantes ou deux dépressions nerveuses. Sans oublier la manie très noble mais risquée de ne pas faire figurer certains de leurs terribles singles sur les disques… Ainsi, en 1966, les KINKS ont sous la main rien moins que « Dedicated Follower of Fashion », « Dead End Street » et l’incroyable face B devenue mythique « I'm Not Like Everybody Else ». Précisément ce qu'il fallait à Face to Face pour devenir dévastateur et jouer dans la cours des très grands.

Le disque ne manque certes pas de singles admirables : « Dandy », moqueuse et désabusée, est l’une des plus jolies réussites de Ray Davies. Elle est l’exemple parfait du mélange de légèreté, d’entrain et de mélancolie dont il demeure le maître absolu. Surtout, c’est sur Face to Face que figure « Sunny Afternoon », œuvre majeure à classer sans l’ombre d’une hésitation parmi les meilleures chansons des années 60. Tout le génie d’une époque et d’un songwriter est condensé ici, à travers l’influence du Music Hall, l’art de la mélodie, les chœurs délicieux, les arrangements minutieux et une ambiance unique, à la fois précieuse, indolente et angoissée. Ce sera d’ailleurs le dernier single du groupe à atteindre la première place des charts.

Ces compositions incontournables sont en bonne compagnie. Ainsi, « Rosie Won’t You Please Come Home » et « Too Much on My Mind » sont deux belles chansons à l’ambiance très sombre, presque désespérée, où se fait toutefois entendre un petit clavecin exquis qui révèle les aspirations baroques du groupe. Et si l’on est d’humeur tolérante, on ajoutera « A House in the Country », un rock entraînant qui ne fait cependant pas oublier les sommets atteints par les KINKS dans ce domaine (on est loin de « You Really Got Me »).

Le reste est constitué de chansons inégales qui, au mieux, auraient pu constituer d’honnêtes faces B de singles (les sympathiques « Party Line » et « I’ll Remember »), ou, pour certaines, auraient dû tout bonnement disparaître dans les oubliettes de l’histoire. Ainsi, la présence sur l’album des très médiocres « Session Man » ou « You’re Lookin’ Fine » suscite la perplexité. Sans compter que, même lorsque les compositions sont potentiellement correctes (« Most Exclusive Residence for Sale »), la production sèche et famélique de Shel Talmy – qui n’a pas son pareil pour faire sonner les guitares comme des casseroles – parvient à tout gâcher. Mais ce problème concerne la totalité des albums des KINKS de l’époque. Mauvais label, mauvais producteur. On n’ose rêver de ce qui aurait pu arriver s’ils étaient allés plutôt chez Immediate…

Face to Face n’a finalement rien d’atypique dans la discographie des KINKS, pleine à craquer de singles hallucinants et d’albums en demi-teinte qui se vendent d’ailleurs assez mal. Il n’empêche que ce disque demeure historique puisqu’il marque l’évolution de Ray Davies vers un songwriting de plus en plus complexe et riche. On n’ose appeler cela un « virage psychédélique » car, hormis la pochette criarde (dont il ne voulait pas) et quelques bruitages imbéciles (le tonnerre qui n’apporte franchement rien à « Rainy Day in June »), c’est l’obscurité et le pessimisme qui dominent, en adéquation avec sa personnalité mélancolique. Le groupe était immense, son leader était immense. Mais leurs albums sont un témoignage de leurs limites.

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- Ray Davies (chant, guitare, piano)
- Dave Davies (chant, guitare)
- Pete Quaife (basse)
- John Dalton (basse)
- Mick Avory (batterie)
- Nicky Hopkins (piano, clavecin)


1. Party Line
2. Rosie Won't You Please Come Home
3. Dandy
4. Too Much On My Mind
5. Session Man
6. Rainy Day In June
7. A House In The Country
8. Holiday In Waikiki
9. Most Exclusive Residence For Sale
10. Fancy
11. Little Miss Queen Of Darkness
12. You're Lookin' Fine
13. Sunny Afternoon
14. I'll Remember



             



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