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RENAISSANCE - Azure D'or (1979)
Par MARCO STIVELL le 4 Décembre 2012          Consultée 1330 fois

Avec Azure d'Or, RENAISSANCE arrive au tournant de la fin des seventies, là où beaucoup d'anciens groupes ont reconnu leur défaite. C'en sera une aussi pour eux néanmoins, car il s'agit du dernier album avec le line-up classique. Produit tout comme le précédent par David Hentschel (Elton John, Genesis), ce Azure d'Or va également bien vite se révéler comme la seule réelle baisse de régime du RENAISSANCE de l'ancienne époque...

Le fait est qu'après toute une série de chefs-d'oeuvre et encore un très bon album, le groupe semble fatigué, essaye de se renouveler mais ne provoque plus l'étincelle que l'on a si bien connue sur plusieurs années. Ce renouvellement, on le doit en réalité à, pour la première fois depuis Prologue en 1972, un recentrage sur le groupe lui-même. Haslam, Camp, Dunford, Sullivan et Tout ne font ici pas une seule fois appel à un instrument extérieur donc pas d'orchestre symphonique, oui vous avez bien lu. Pas d'orchestre, mais en revanche cela pousse John Tout à fournir un effort supplémentaire et de tenter de restituer le son d'un orchestre par le biais de moult synthétiseurs. Avec amusement, on pense à un autre grand groupe de progressif né quelques temps plus tôt, appelé The Enid et qui lui avait réussi cette entreprise à merveille. Tout, bien qu'excellent claviériste, n'a pas l'audace et la maîtrise d'un Robert John Godfrey à ce sujet, et le premier victime de ce remaniement est son précieux grand piano acoustique, autrefois marque de fabrique du groupe et qui se retrouve ici totalement avalé par le reste des claviers. Autrement, on remarquera que sur Azure d'Or subsistent les nombreuses guitares (électriques comprises) tenues par Michael Dunford et plus occasionnellement Jon Camp, dont la basse reste bien évidemment reine, ce qui a de quoi nous rassurer un peu.

Le problème, c'est que les chansons sont les premières à refléter cette fatigue, ce manque de relief et de passion. Toutes plutôt courtes (adieu les morceaux de dix minutes), au mieux elles sonneront agréables, au pire on les considèrera comme peu inspirées quand elles ne sont pas carrément maladroites. John Tout ayant totalement laissé la main pour cette fois, la moitié a été composée par Michael Dunford dans son coin, l'autre par Jon Camp. Même Terrence Sullivan signe sa seule composition entière à lui tout seul dans l'histoire du groupe ! («Forever Changing»). Quant aux textes, ils sont toujours l'affaire de Betty Thatcher sauf lorsque Camp compose, il les écrit lui-même.

Dans le genre agréable, on pourrait mettre plutôt les nombreuses ballades acoustiques qui peuplent le disque, avec force guitares 12 cordes, arpèges délicats et nappes de synthés massives. «Forever Changing», la composition de Terrence Sullivan, est de celles-là. «The Winter Tree» de Dunford est accrocheuse, mais les passages les plus beaux restent les courts instrumentaux, où ressortent les guitares et les «aaah» d'Annie. «Golden Key» par Dunford toujours, est un peu plus alambiquée mais rien que son début en piano-voix l'inscrit dans la lignée des grandes ballades du groupe. C'est bien la seule du disque ceci dit. Ajoutons encore le «Kalynda (a Magical Isle)» de Camp, un slow symphonique où le bassiste et Annie chantent en choeur, même si c'est peu de choses par rapport aux chefs-d'oeuvre passés...

Car Camp est le premier touché par ce creux d'inspiration. Il a réalisé seul avec John Tout l'ouverture de «Golden Key», «Only Angels Have Wings» et les die-hard fans ne sauront apprécier ce romantisme synthétique plus que le «She Is Love» de l'album précédent. Son instrumental «The Discovery» (le seul du groupe !) aligne diverses idées aussi bien rock que funk sans réel succès, à part l'intro qui voit Tout utiliser le CP-70 ! «Secret Mission» utilise du clavinet et des rythmiques particulières sans jamais déclencher la moindre passion. Quant à Dunford, il ouvre le disque avec «Jekyll and Hyde», au son pop-rock qui vaut surtout pour le jeu des guitares. La ballade «Friends» essaie trop de réitérer l'efficacité de «Northern Lights» mais reste bien moyenne, et de «The Flood at Lyons» qui aligne lui aussi les idées de manière bizarre, on ne retiendra que le refrain sur fond de mellotron.

Le sort frappera le groupe à cette époque. L'album ne sera pas bien reçu, et la maison de disques Warner/Sire mettra fin à leur contrat. Pendant la tournée, John Tout perdra sa soeur et le stress qui en résulte l'entraînera à faire une grosse erreur de jeu pendant une chanson, l'obligeant à quitter la scène. D'un commun accord, le groupe se sépare de lui et Terrence Sullivan son ami fidèle choisira de le suivre. Fin de toute une époque, sur une note assez triste...

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   MARCO STIVELL

 
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- Annie Haslam (chant, choeurs)
- Jon Camp (basse, guitares, chant, choeurs)
- Michael Dunford (guitares)
- Terence Sullivan (batterie, percussions, choeurs)
- John Tout (pianos, claviers)


1. Jekyll And Hyde
2. The Winter Tree
3. Only Angels Have Wings
4. Golden Key
5. Forever Changing
6. Secret Mission
7. Kalynda (a Magical Isle)
8. The Discovery
9. Friends
10. The Flood At Lyons



             



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