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DISCHARGE - Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing (1982)
Par RED ONE le 14 Février 2013          Consultée 2639 fois

S'il y a bien un album qu'il faut retenir avant tous les autres dans la discographie de DISCHARGE, c'est évidemment celui-là : Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing, album sorti en 1982, c'est à dire quelque mois à peine après Why (1981). En raison de l’ambiguïté toujours d'actualité concernant le statut de Why dans la discographie de DISCHARGE, Hear Nothing... peut être considéré soit comme le premier LP du groupe soit comme le second, selon que l'on admette Why comme un LP ou comme un EP, c'est au choix. "HNSNSN" (nous l'appellerons ainsi pour simplifier) est toutefois un peu plus long que son prédécesseur, avec 14 titres au compteur, et donc cette fois le doute n'est plus possible, il s'agit bel et bien d'un LP. Mais peu importe sa durée, car ce qui nous intéresse, c'est avant tout son statut d'oeuvre culte.

Quelques mots sur le line-up : Dave Ellesmere n'est plus de la partie, il cède ici sa place à Garry Maloney, ancien batteur des VARUKERS. Si HNSNSN n'est donc pas l'album du line-up "classique" de DISCHARGE (qui comprend Terry Roberts, frère de Tony Roberts, à la batterie), il s'agit en revanche de celui d'un groupe toujours aussi redoutable face à la concurrence d'alors et qui marquera fortement l'histoire du hardcore. Mais trêve de bavardage : la foule en délire des crêteux veut du punk, et elle le veut hyper hardcore, ultra-violent, sans concessions, car elle en a assez post-punk popisant et décadent dans lequel se sont reconverties d'anciennes gloires de la première vague punk de 1977 (je ne citerai pas de nom). En 1982, DISCHARGE, fleuron de la seconde vague, va satisfaire son peuple de fans affamés et lui délivrer cet album.

Accrochez vous bien à vos oreilles et restez calmes : Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing, de la première à la dernière piste, est un déferlement de kilowatts électriques en puissance et de sauvagerie sonore inouïe. Oui, en 1982, cet album est bien le disque de rock le plus violent de toute la création. Chaque chanson se veut encore plus violente que la précédente. Il n'est pas vraiment utile de détailler chaque chanson ici, leur écoute suffit à comprendre tout le reste de mon propos. Alors oui, on pourrait faire remarquer que "Hell On Earth" et "Cries Of Help" forment une seule et même chanson s'enchainant remarquablement bien. On pourrait aussi parler de "The Blood Runs Red", ou de "Protest And Survive", ou bien de "Free Speech For Dumb", devenus depuis des classiques incontournables du punk hardcore, plusieurs fois repris par divers groupes tels que METALLICA, ANTHRAX, SEPULTURA et consorts. Mais on ne fera que les évoquer, car les mots me manquent personnellement pour évoquer autant de brutalité sonore jouée avec autant de génie.

Avalanche de riffs de guitare ultra-efficaces qui font mouche, basse pesante et lourde, paroles répétitives et minimalistes au possible (ne dépassant parfois pas deux lignes de texte), batterie martiale peu avare en cymbales, esthétique toujours aussi froide et clinique, HNSNSN de DISCHARGE est une sorte d'album-somme, de manifeste hardcore synthétisant l'essence même du groupe à lui tout seul. Ce qui fait la particularité de HNSNSN, aussi, c'est cette espèce de perfection sonore éclatante qui émane tout du long de son écoute. L'album est effectivement très bien produit et les prémices d'expérimentations heavy metal que l'on peut y entendre contribuent à donner à HNSNSN une patine très particulière, à cheval entre le son heavy metal classique influencé par la New Wave Of British Heavy Metal (ça se voit dans les solos notamment) et le punk rock plus conventionnel.

Cette bouillie magmatique créée de toutes pièces par DISCHARGE sur cet album (mais fruit de leurs efforts précédents) ne sera pas sans conséquences sur l'évolution future du punk et du metal. Parlons du metal tout d'abord : à peine un an après cet album sortaient les premiers albums de METALLICA et d'ANTHRAX, qui, influencés par l'album de DISCHARGE, reprendront les mêmes ingrédients mais à l'envers, rajoutant volontairement une louche de punk à leur son traditionnel, lui-même déjà influencé par la New Wave Of British Heavy Metal. Le thrash metal était né, la face du metal ne sera plus jamais la même. L'album de DISCHARGE apparaît donc comme étant un album-clé dans le processus de gestation du metal dit "extrême" et peut donc être considéré comme un album aussi important que Welcome To Hell de VENOM.

Parlons ensuite de la scène punk : avec HNSNSN, DISCHARGE atteint un sommet créatif que ses membres ne retrouveront plus jamais par la suite, étant donné que le line-up de cet album splittera peu de temps après sa sortie et que ce qu'il restera de DISCHARGE se transformera progressivement en groupe de heavy metal conventionnel (enfin presque). En revanche, la masse grouillante des punks purs et durs (ceux que j'évoquais au début) vénèrera désormais cet album comme la sainte Bible. La suite, beaucoup la connaissent : le punk britannique s'orientera vers une radicalisation de son propos, donnant naissance à des courants de plus en plus hardcore, tels que le crust ou encore le grindcore (qui n'était pas encore affilié au death metal à ses débuts). Le célèbre groupe NAPALM DEATH a ainsi commencé sa carrière en recopiant méthodiquement la recette inventé par DISCHARGE sur son album de 1982.

Et donc voilà. N'écoutez plus rien, ne voyez plus rien, ne dites plus rien : le deuxième album de DISCHARGE est l'album de hardcore ultime. La suite de la discographie du groupe sera en revanche plus compliquée, puisque le départ de Tony Roberts en 1982 signera, comme je l'évoquais plus haut, la fin de la période exclusivement "punk" de DISCHARGE, et ce pour plusieurs années. Mais celà c'est une autre histoire ...

Note réelle : 6/5. (arrondie à 5, normal)

Morceaux préférés : TOUS.

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   RED ONE

 
   JOVIAL

 
   (2 chroniques)



- Kelvin Morris (chant)
- Tony Roberts (guitare)
- Roy Wainright (basse)
- Garry Maloney (batterie)


1. Hear Nothing, See Nothing, Say Nothing
2. The Nightmare Continues
3. The Final Blood Bath
4. Protest And Survive
5. I Won't Subscribe
6. Drunk With Power
7. Meanwhile
8. A Hell On Earth
9. Cries Of Help
10. The Possibility Of Life's Destruction
11. Q: And Children? A: And Children.
12. The Blood Runs Red
13. Free Speech For The Dumb
14. The End



             



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