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TRIO DE GUITARES  |  STUDIO

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- Membre : Santana & Buddy Miles, John Mclaughlin , Richard Wahnfried

SANTANA - Brothers (1994)
Par MARCO STIVELL le 2 Juin 2013          Consultée 1638 fois

Il existe dans la carrière du SANTANA on va dire "normal" (pré-1999), un album résolument mineur. Je vais donner l'impression de me contredire, mais Santana Brothers n'est pas tout à fait du SANTANA "normal", c'est juste un projet autour de Carlos et de son groupe habituel, mais avec trois vedettes à la guitare cette fois-ci. Bien sûr, on pourrait faire la fine bouche, mais étant donné que les deux vrais SANTANA (Carlos et son jeune frère Jorge) ont décidé de regrouper le neveu de l'auteur d'Abraxas, Carlos Hernandez, sous le nom SANTANA, alors considérons ce disque comme un SANTANA, juste un peu différent. L'avantage est aussi que cela évite un vide discographique trop important entre Milagro et Supernatural.

Alors qui sont-ils ? Carlos, le plus grand en âge et en succès, on ne le présente plus. Son frère Jorge est déjà beaucoup moins connu, même s'il a été durant les années 70 le fondateur et pilier de Malo, l'un des groupes les plus prestigieux du latino-rock de l'époque, leur premier (excellent) album ayant aisément remporté toutes les faveurs. Jorge avait rejoint Carlos en tant que sessionman sur Milagro, et comme membre à part entière du groupe pendant la dernière tournée - on peut d'ailleurs l'entendre sur le live Sacred Fire. Carlos Hernandez lui est nettement plus jeune, et c'est un grand admirateur de Joe Satriani. Quand on sait ça, on commence à s'inquiéter. Comment le lyrisme éclatant de Carlos peut-il se marier avec le style plus discret du frère et avec la bouillonnante hardiesse du neveu ? La réponse avec cet unique galette du trio, Brothers.

Le titre "Transmutation – Industrial" a vite fait de dissiper les possibles attentes que l'on peut avoir envers un tel disque. Pendant trois minutes trente, ce ne sont que des bourdonnements de guitares en bandes inversées pendant que la batterie fait des siennes, une introduction qui cache sa modestie surtout quand elle débouche sur un hard-rock qui tente de reproduire le génie d'un Nine Inch Nails avec les moyens du bord. Le plus surprenant dans tout cela, c'est que le solo vient à la toute fin, au moment du fade-out...

Le reste de l'album alterne les styles tout en gardant cette homogénéité au niveau du son : moderne, mais sans grand relief. On dénombre une tentative par chanson, latino, jazz, slow, reggae, pop-rock, hard-rock, ska... Et le tout instrumental, même si Carlos tente d'apporter ses paroles de bénédiction et aphorismes au disque sur le premier titre. Brothers est un collage d'influences, certes toujours ramené au son rock-latino avec ce emploi de percussions inimitable et qui a apporté un succès plus ou moins marqué aux deux frères SANTANA, mais l'ensemble tourne à vide, étouffé par une production trop lisse et des compositions loin d'être brillantes.

Les cinquante minutes vont ainsi sembler longues, certains parti-pris pouvant aisément rappeler quelques gloires aussi bien que les dérives passées de Carlos, et annoncer ce qui va venir ensuite. Les fameuses réussites, on les entrevoit de loin surtout lorsque résonne "Luz Amor y Vida" qui fait écho à "Guajira" et préfigure "Smooth", le méga-tube de l'été 1999. Carlos essaie de nous faire le coup du traditionnel repris à la sauce reggae ("En Aranjuez Con Tu Amor"). En réalité, à part peut-être le gentillet et printanier "Morning in Marin" par Jorge, on retient difficilement une tierce composition ou interprétation de l'ensemble. Par ailleurs, au niveau des sons de guitares, le style plus gras et sale de Carlos Hernandez a pour la plupart des fans, bien du mal à se mélanger avec la finesse des deux frères, voir en particulier le travail réalisé sur "En Aranjuez Con Tu Amor".

On peut aussi se demander si l'un des trois a réellement pris du plaisir en participant à cette oeuvre, et le fait qu'ils n'aient pas retravaillé ensemble depuis ne rassure pas quant aux potentielles interprétations. Les divers solos manquent de vie, ne parlons pas du reste de la musique, de la batterie en mode pilote automatique (sur "La Danza" entre autres). L'exemple flagrant étant ce "Contigo" où, pour pallier la monotonie générale du solo concerné, la guitare lance d'un coup quelque chose de plus dense, sans crier gare. Ce disque peut passer en fond sonore, mais ne suscite décidément pas la passion, ce qui demeure raisonnable par rapport aux albums suivants qui eux, forcent bien souvent l'antipathie.

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Final lights...


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   MARCO STIVELL

 
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- Carlos Santana (guitares)
- Jorge Santana (guitares)
- Carlos Hernandez (guitares)
- + Divers Instrumentistes


1. Transmutation/industrial
2. Thoughts
3. Luz Amor Y Vida
4. En Aranjuez Con Tu Amor
5. Contigo (with You)
6. Blues Latino
7. La Danza
8. Brujo
9. The Trip
10. Reflections
11. Morning In Marin



             



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