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- Membre : Santana & Buddy Miles, John Mclaughlin , Richard Wahnfried

SANTANA - Inner Secrets (1978)
Par MARCO STIVELL le 17 Février 2011          Consultée 3132 fois

Inner Secrets débarque à un tournant crucial pour le monde de la musique en cette fin de décennie seventies. Le punk a tout ravagé les deux années précédentes, ce "tout" comprenant les anciennes valeurs et notamment celles du rock progressif. Le disco fait aussi place nette, autant dire que nous entrons dans l'ère du "direct", ce qui sera bien évidemment prolongé par les années 80. Et comme on s'y attend, non pas par rapport à Moonflower qui représente une parenthèse de génie, mais plus au vu du travail réalisé sur Amigos et Festival, SANTANA s'engage dans cette brèche. Pas totalement cependant, car cette fin des années 70 sera encore l'occasion pour lui de publier deux ou trois œuvres un peu plus "recherchées", mais avec Inner Secrets, nous en sommes aux bribes de la voie la plus importante que le groupe et son leader vont suivre pour les années à venir. D'ailleurs, parler de groupe est un peu fort, car dès lors la formation sera en perpétuel changement. Rien qu'ici, on remarque que le super musicien Tom Coster n'est plus de l'aventure. Comme au temps de la période jazz de SANTANA, on trouve deux claviéristes en remplacement, dont Chris Solberg qui tient aussi la seconde guitare. Ce qui de prime abord a de quoi faire renaître le vieux débat, "l'utilité du deuxième guitariste chez SANTANA quand on sait qu'il se fait bouffer par le premier", un peu comme quand Neal Schon était présent.

Mais en dehors des deux Chris, Solberg et Rhyne (qui ne sont d'ailleurs pas les seuls aux claviers, il y a des musiciens additionnels), on est plutôt content de retrouver la bande des précédents albums : Armando Peraza qui fait son retour, les géniaux Graham Lear et David Margen, Raul Rekow, Pete Escovedo... En revanche, je le suis moins concernant Greg Walker mais bon. Ah, n'oublions pas Carlos, seulement quitte à devenir hérétique, je dirais que plus le temps passe, et moins je vais être content de le retrouver lui aussi... Bon, ça va encore, de 78 à 97, vingt ans ou presque, ça laisse encore de la marge.

Et puis on peut d'emblée dire que de toutes ses galettes post-Moonflower, en dehors des expérimentations "Devadip" dont on parlera ensuite, Inner Secrets reste quand même un de ses efforts les plus honnêtes et réussis. J'ai bien fait d'être mesuré en parlant du plongeon du groupe à travers la nouvelle ère du "direct" et du "facile à avaler", car comme on peut le voir, rien qu'avec le premier titre du disque, on a droit à quelque chose de très intéressant et de pas aussi évident que cela. Parler de musique progressive serait aller un peu vite, mais l'inclusion de l'instrumental "Spanish Rose" au sein de la chanson "Dealer" a, sans connaître les nouvelles directives musicales du groupe, quelque chose de très charmeur, ou de rassurant si on les connait. Il y a une certaine fièvre dans la rythmique et les plans de guitare qui perpétuent l'un des aspects positifs de Moonflower. On reconnait à part cela la même recette que pour Amigos, en plus dense (à l'exception de "Dance Sister Dance" qui reste un sommet). En tout cas, c'est nettement plus enthousiasmant que les trois quarts de Festival, et Greg Walker a le bon goût de ne pas trop en faire. Un bon point que je ne donnerai pas à "Stormy", le genre de slow qui a de quoi donner de l'urticaire aux allergiques au miel, et qui joue sur le même plan que le "The River" de Festival, avec un léger degré de réussite en plus (malgré, encore une fois, le chant geignard de Walker qui a tendance à énerver par moments).

Les vraies premières surprises apparaissent avec les incursions dans le genre "nouveau" que j'ai cité plus haut, à savoir le disco. Pour cela, ne pas manquer d'abord "Move on", "One Chain (Don't Make no Prison)" mais aussi "Well all Right", une reprise d'un standard de Buddy HOLLY. On retrouve tous les éléments du genre, à savoir une rythmique chaloupée et soignée, notamment dans les lignes de basse, ainsi que les diverses parties de claviers, piano électrique et sons de cordes discrètes en fond. Pour le coup, on reconnaîtra que si Carlos n'est que peu ou pas responsable de cet apport en or (jolie rime, merci merci !) étant donné sa quasi-absence dans la composition, il a bien réussi son coup. Le développement instrumental de "One Chain (Don't Make no Prison)" est très réussi, de même que "Well all Right", porté par son riff torride.

On a d'ailleurs été à ce titre plutôt mauvaise langue (enfin pas moi, vous. Oui, VOUS !!) car contrairement à ce qu'on aurait pu craindre, plus par regret d'absence que de présence, c'est que Chris Solberg ne soit pas assez mis en avant. Il y a une paire de morceaux qui prennent en réalité toute leur signification grâce à l'union des deux guitaristes (même si le roi du solo reste bien évidemment Carlos). Car cette deuxième moitié des années 70, et ça Carlos ne l'a pas manqué, c'est aussi la montée en flèche de groupes comme AC/DC, IRON MAIDEN et VAN HALEN. Il faut donc s'attendre à ce que Inner Secrets, plus que n'importe lequel des autres albums de SANTANA post-III, soit marqué par un son de guitare "hard". Le début de "Move on" est remarquable à ce titre, tout comme le final de "Well all Right", ce sont les deux titres qui font le mieux ressortir ce mélange hard et disco. Mais la chanson qui gère avec le plus de réussite ce côté "toutes guitares dehors", c'est l'excellent "Open Invitation", avec the riff qui tue, dans le même style que les "I Love Rock'n'Roll" et consorts. Jouissif sur son final, Walker chante ce qu'il faut, bref on peut parler de pépite musicale que les hardos ne sauraient renier.

Pas mal d'exemples qui font de Inner Secrets un très très bon album, bien meilleur que Festival voire que Amigos, avec même un instrumental pour "guitare caressante" ou "qui pleure" ("Life is a Lady/Holiday") qui a le culot de surpasser "Europa" - mais pas la sensuelle et sublimissime "Samba pa ti" -, notamment grâce à une plus grande modestie, ce qui peut paraître paradoxal. Il y a aussi bien évidemment toujours cette touche latino dont on aurait tort de se priver, surtout lorsqu'ils sont trois à se charger des percussions.

Note réelle : 3,5/5, arrondi à 4 parce que Carlos se renouvelait à l'époque, et il le faisait de belle manière.

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   MARCO STIVELL

 
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- Carlos Santana (guitares, chant)
- Graham Lear (batterie)
- David Margen (basse)
- Chris Solberg (guitares, orgue, claviers, claviers)
- Chris Rhyne (claviers, synthétiseurs)
- Greg Walker (chant, choeurs)
- Armando Peraza (percussions, chant)
- Raul Rekow (percussions)
- Pete Escovedo (percussions)
- Michael Boddicker (claviers additionnels, programmations)
- Dennis Lambert (claviers, clavinet, choeurs)


1. Dealer/spanish Rose
2. Move On
3. One Chain (don't Make No Prison)
4. Stormy
5. Well All Right
6. Open Invitation
7. Life Is A Lady/holiday
8. The Facts Of Love
9. Wham !



             



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