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PIXIES - Doolittle (1989)
Par ARP2600 le 13 Mai 2014          Consultée 947 fois

En 1989, les Pixies reviennent dans le cours de l'histoire. Surfer Rosa était une folie, un chef-d’œuvre insensé qu'il ne faut pas chercher à comprendre, et pas forcément facile à apprécier. Le suivant, Doolittle, est à la fois plus simple, plus compréhensible et plus important dans l'histoire de la musique, bien qu'il ne soit pas aussi immaculé. En clair, le rock des années 90 n'aurait pas été le même sans ce disque, c'est aussi simple que cela. L'agression canalisée, des rythmes plus carrés, un certain éclectisme, tant d'éléments que de nombreux rockeurs alternatifs ont utilisés par la suite. C'est ici aussi que la fameuse technique «couplet contenu, refrain explosif» est la plus présente.

Question histoire, l'époque de Surfer Rosa est assez tranquille. Le groupe faisait pas mal de concerts, ne disposait pas de beaucoup d'argent, comme tout bon groupe alternatif. Ils étaient chez 4AD qui distribuait surtout leurs disques en Europe, ils n'étaient donc guère connus aux États-Unis dans un premier temps. C'est avec Doolittle que le label Elektra a relayé 4AD en Amérique et qu'ils ont enfin connu un certain succès. Pas au point de vendre des millions d'albums comme les grunge un peu plus tard mais quand même un bon petit classement pour l'album et certains singles. C'est aussi l'époque où Black Francis et Kim Deal ont commencé à ne plus trop s'apprécier. La vie de groupe était trépidante, ce qui mettait leurs nerfs à rude épreuve, et, bon, il faut bien dire que Francis ne voulait pas laisser de place à la créativité de ses comparses, or Deal avait plus d'envie de composer que David Lovering et Joey Santiago, comme elle le prouvera d'ailleurs avec son autre groupe The Breeders.

Ce qui a un peu aidé au succès commercial de Doolittle, c'est aussi la production. Là où Steve Albini avait laissé la musique des Pixies intacte, en mettant juste bien en évidence la rythmique, Gil Norton a ici fait un vrai travail de production, avec les qualités et les inconvénients de la chose... ainsi il y a un peu d'overdubbing, il y a de la réverbération, un peu de toc qui n'apporte pas grand chose mais qui plaît au grand public. La composition est également un peu plus sage que sur Surfer Rosa. Plus exactement, Doolittle est peut-être encore plus fou, avec ses références aussi religieuses que surréalistes, mais le rock qu'on y trouve est plus facile à écouter, plus conventionnel sur le plan de l'écriture, et surtout moins brut, moins punk. C'est la diversité des chansons qui rend l'ensemble bizarre, là où Surfer Rosa est varié mais plus monolithique.

Il importe de signaler que Doolittle reçoit invariablement de bonnes critiques et celle-ci ne fera pas exception bien qu'il me semble nécessaire de mettre certains défauts en évidence. Doolittle est bourré d'idées et la plupart des chansons sont épatantes, mais il n'est pas non plus parfait. Premier problème, les trois premières chansons partagent la même tonalité (à peu près du fa majeur). C'est un facteur de lassitude pour qui a un peu d'oreille, et c'est particulièrement dommage en début d'album. Ainsi, alors que «Wave of mutilation» est une excellente chanson, avec sa grosse basse rappelant le space rock, elle tombe un peu à plat à cause de cela après «Debaser» et «Tame». Pour le reste, c'est subjectif, mais «La la love you» est décidément stupide et «Hey» n'est pas belle (en plus d'être vulgaire... et dire que l'album aurait pu s'appeler «Whore»...).

Parmi les grands moments, maintenant, on se doit de citer «Debaser», un des seuls ici à atteindre leur explosivité passée, une terrible entrée en matière. L'agressivité ne fait pas tout et l'intérêt principal de Doolittle est peut-être plutôt dans les numéros lents comme le malsain «I Bleed» ou le superbe autant que délirant «Monkey gone to Heaven», auquel se réfère la pochette - «Si l'homme est 5 alors le diable est 6, et si le diable est 6 alors Dieu est 7» - ou encore la lancinante «Silver», autant de titres qui élargissent l'horizon stylistique du groupe. «Mr. Grieves» et «Crackity Jones» sont deux miniatures plutôt excitées, mais des exemples de cette «agressivité contenue». On appréciera encore les belles textures régulières de «No. 13 Baby» et «Gouge Away», n'ayant rien à envier aux meilleurs groupes de postpunk.

Au final, il est impossible de ne pas constater que presque tout est bon, ici, même si l'album manque peut-être finalement simplement d'un fil conducteur. Prises à la pièce, toutes ces chansons sont des classiques du rock, leur influence est logique. Si tous les critiques n'ont de nouveau pas été emballés dès 1989, force leur a été de constater par après combien le disque était important. La conclusion s'impose donc : quiconque s'intéresse même de loin au rock alternatif doit connaître Doolittle pour espérer y comprendre quelque chose, c'est une charnière incontournable.

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- Kim Deal (basse, chœurs, guitare slide sur 14)
- Black Francis (chant, guitare)
- David Lovering (batterie, chant sur 10, basse sur 14)
- Joey Santiago (guitare, chœurs)
- Karen Karlsrud (violon sur 7)
- Corine Metter (violon sur 7)
- Arthur Fiacco (violoncelle sur 7)
- Ann Rorich (violoncelle sur 7)


1. Debaser
2. Tame
3. Wave Of Mutilation
4. I Bleed
5. Here Comes Your Man
6. Dead
7. Monkey Gone To Heaven
8. Mr. Grieves
9. Crackity Jones
10. La La Love You
11. No. 13 Baby
12. There Goes My Gun
13. Hey
14. Silver
15. Gouge Away



             



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