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PIXIES - Surfer Rosa (1988)
Par ARP2600 le 17 Avril 2014          Consultée 1634 fois

Les Pixies sont un groupe impressionnant autant qu'agaçant. Comment une musique aussi stupide peut-elle exercer un tel magnétisme sur tant de musiciens, tant de spécialistes de musique ? Déjà en 1988, malgré un certain scepticisme initial, les critiques se posaient la question car ils ne pouvaient pas s'empêcher d'y accrocher. Ce doit être le génie, tout simplement. Un mot galvaudé et pourtant, en ce qui les concerne, et en particulier le chanteur-compositeur Black Francis, il est adapté. Leurs deux premiers albums, sans compter l'EP Come on Pilgrim, sont de grandes références, presque ultimes, du rock alternatif.

Le premier, Surfer Rosa, est très dynamique, voire agressif, puisant sa puissance dans le punk hardcore mais en plus délirant, et à la fois moins méchant et plus indécent. Le titre de l'album trahit également l'influence du surf rock, ainsi que de la culture latino-américaine. Dans la chronique qui m'a incité à écouter l'album (pour les curieux, sur Progrography), l'auteur parle de «mescalina rock» et je trouve cette dénomination très parlante (la mescaline étant un hallucinogène nord-américain). Quand on écoute Surfer Rosa, on entre dans un trip très particulier, on se déconnecte le cerveau, et il est même assez difficile de ce fait de vraiment juger la qualité de la musique. La pochette est également très adaptée, avec sa guitare démolie, cette danseuse à moitié nue, mais aussi le crucifix, même s'il n'est pas tellement question de religion ici.

Un autre mot pour décrire cette musique est primal. Devrait-on dire «primaire» ? Peut-être... ce rock est fort simple, bien que pas pire que le punk extrême. La musique est également fort répétitive ; le rock l'est presque toujours, mais Surfer Rosa est basé sur des éléments mélodiques et rythmiques très courts, répétés inlassablement de façon hypnotique. Sur «Gigantic» et «River Euphrates», deux des titres les plus connus de l'album, la bassiste Kim Deal – toujours renseignée ici sous le pseudonyme Mrs John Murphy – chante des mots en boucle («gigantic», «my big big love», «ride»), un peu comme des mantras. Cela pourrait être lassant, et pourtant la pertinence de ces courtes phrases musicales suffit à garder l'auditeur accroché, avec l'aide de la guitare abrasive de Joey Santiago, et grâce aussi à la technique «couplet calme/refrain éclatant».

Il faut dire aussi que les chansons sont courtes, on n'a pas le temps de se lasser avant de passer à autre chose et, si chaque titre est basé sur une petite idée exploitée à fond, ils sont assez différents entre eux. Les tempos sont variés, les tonalités également... découpée ainsi en tranches de deux à trois minutes, cette musique est tout bonnement fascinante. Une seule chose est un peu regrettable : les petits dialogues au début de «Vamos» et «I'm amazed», qui font potache et interrompent la musique. Si on ne les compte pas, l'album dépasse à peine la demi-heure, mais quelle demi-heure... Tout vaut le coup ici, ce n'est même presque pas la peine de détailler les treize plages. Citons quand même à la volée «Where is my Mind?», autre chanson phare du groupe, connue notamment grâce à son utilisation dans le film Fight Club.

Dernier élément important : la production. Surfer Rosa est le seul album des Pixies produit par Steve Albini. Un nom qui résonne aux oreilles des amateurs de rock alternatif. Son attitude indépendante est particulièrement adaptée au genre. Également musicien et critique, il a aidé un nombre incroyable de petits groupes à enregistrer, au moindre coût possible. Sa façon de produire, très naturelle, et mettant en avant les instruments par rapport au chant, surtout la basse, permet à un son agressif comme celui des Pixies d'exploser complètement.

Notons encore que Surfer Rosa était un des albums préférés de Kurt Cobain (son album de chevet, dit-on). Avec Nirvana, il a cherché à imiter les Pixies, sans jamais réussir à atteindre leur niveau de délire. Sans doute était-il trop dépressif pour atteindre ce but ? Toujours est-il que ce n'est pas pour rien s'il a recruté Steve Albini pour enregistrer son meilleur album, In Utero, tellement plus dynamique que Nevermind... Albini n'a peut-être enregistré que deux disques majeurs, mais ils comptent parmi les plus importants, les plus réussis du rock alternatif.

Tout est dit, Surfer Rosa est un indispensable du rock alternatif et même du rock tout court. Il faut avoir les oreilles bien accrochées, mais ce n'est certainement pas un hasard si ce disque est aussi culte. Jamais plus après ils n'allaient oser quelque chose d'aussi percutant, ce qui n'empêche pas Doolittle d'être une référence dans son genre, et Bossanova d'être un très chouette recueil de chansons.

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- Black Francis (chant, guitare)
- Mrs John Murphy (basse, chœurs)
- Joey Santiago (guitare)
- David Lovering (batterie)


1. Bone Machine
2. Break My Body
3. Something Against You
4. Broken Face
5. Gigantic
6. River Euphrates
7. Where Is My Mind
8. Cactus
9. Tony's Theme
10. Oh My Golly!
11. Vamos
12. I'm Amazed
13. Brick Is Red



             



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