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PIXIES - Indie Cindy (2014)
Par ARP2600 le 1er Novembre 2014          Consultée 1719 fois

Il arrive à tout le monde de se faire avoir, et autant en rire quand ce n'est pas bien grave... En février, j'ai chroniqué le single «Bagboy» et deux EP, en râlant sur le fait que les PIXIES auraient pu sortir un album s'ils avaient autant de chansons sous le bras. Je ne pensais pas qu'ils allaient le faire, j'ai eu tort... Deux mois plus tard, ils ont réuni le contenu de leurs trois EP dans un album de douze titres, nommé d'après l'un d'entre eux, Indie Cindy. On ne va pas refaire la critique de chaque chanson par le menu, néanmoins le fait d'avoir un album complet sous les oreilles avec un certain agencement change la perspective... Comme souvent dans ces cas-là, on se rend compte que le résultat n'est pas si mauvais. Finalement, même si on ne retrouve pas l'originalité et la fougue de leur grande époque, les PIXIES n'ont peut-être pas eu tort de ressortir quelque chose.

La politique de sortie de ce nouveau matériel au compte-gouttes : d'abord un single éclaireur, puis des EP de quatre titres, puis enfin l'album, pose question... On peut d'abord penser que c'était bassement commercial, pour tirer quelques sous deux voire trois fois avec les mêmes plages. Les EP ayant été diffusés en édition physique limitée, ça ne doit quand même pas faire grand chose, seuls des fans collectionneurs seront tombés dans le panneau. Il y a cependant une autre explication, la vérité se trouvant sans doute entre les deux. En procédant ainsi, ils ont évité le piège classique des reformations : annoncer la sortie d'un album, provoquer une attente de la part du public, puis décevoir celui-ci car la musique ne peut plus être la même 20 ans plus tard... En procédant par petites étapes avant de sortir l'album, ils ont échelonné la déception sur plusieurs mois, permettant au public de s’accoutumer à cette nouvelle musique. Ça vaut ce que ça vaut (et, honnêteté intellectuelle oblige, j'ai trouvé cet argument sur un site anglophone bien connu).

Résumons ce qui a été dit dans les précédentes chroniques. Le PIXIES de 2014 n'est plus aussi rapide et déjanté que par le passé, le chant de Black Francis, modelé par plus de 20 ans de carrière solo, est devenu plus grave et doux, il se laisse rarement aller aux mêmes élans de folie que sur les grands albums. De plus, pendant ces vingt-trois ans depuis Trompe le monde, de nombreux groupes de rock alternatif ont eu du succès, les codes des PIXIES sont devenus banals, et il était donc presque impossible qu'ils puissent maintenant surprendre : ils font toujours du rock alternatif, mais simplement remis au goût du jour, avec quelques éléments hard rock hérités de la mode grunge. Enfin, l'absence de Kim Deal est un problème, sa basse et ses chœurs caractéristiques étaient une partie du son du groupe et ses remplaçantes n'ont apparemment pas sa personnalité...

Tout ceci laisse quand même encore la place pour faire un bon album, et c'est finalement à peu près ce qu'on obtient... Parmi les neuf titres déjà connus, certains se détachaient, comme «What goes boom», «Snakes» ou «Bagboy». Les deux premiers sont placés aux extrémités du disque et c'est bien vu, tandis qu'en glissant la chanson-titre, «Bagboy» et «Magdalena» d'affilée, on obtient une première partie finalement assez solide. Les espèces de ballades plutôt ratées que sont «Greens and blues» et «Andro Queen» sont bien séparées et ne gênent pas trop. Enfin, les trois titres supplémentaires sont honnêtes, surtout la mystérieuse «Silver Snail» et «Ring The Bell». Le final «Jaime Bravo» est un peu simple mais ça passe.

Tout ceci est diversifié mais reste du PIXIES, il n'y a pas de quoi s'ennuyer, tout au plus on n'aimera pas un titre ou l'autre mais il n'y a pas vraiment de ventre mou. Un album peu ambitieux, peu prétentieux mais cohérent, de la part de trois musiciens, Black Francis, Joey Santiago et David Lovering, qui avaient simplement envie de ressortir quelque chose ensemble... Il souffre de la comparaison avec les quatre grands, bien sûr, mais il vaût quand même le détour, il montre une nouvelle face du groupe, plus posée, plus carrée, mais certainement pas dépourvue de la malice surréaliste qui fait leur identité.

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- Black Francis (chant, guitare)
- David Lovering (batterie)
- Joey Santiago (guitare)
- Simon 'dingo' Archer (basse)
- Jeremy Dubs (chœurs)


1. What Goes Boom
2. Greens And Blues
3. Indie Cindy
4. Bagboy
5. Magdalena 318
6. Silver Snail
7. Blue Eyed Hexe
8. Ring The Bell
9. Another Toe In The Ocean
10. Andro Queen
11. Snakes
12. Jaime Bravo



             



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