Recherche avancée       Liste groupes



      
VARIETE FRANCAISE  |  STUDIO

Commentaires (3)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

 Site Officiel (324)

Laurent VOULZY - Bopper En Larmes (1983)
Par MARCO STIVELL le 3 Avril 2015          Consultée 1012 fois

Cinq ans, c'est le délai qu'il aura fallu à Laurent VOULZY pour parachever sa deuxième expérience en 33 tours (dont 13 mois d'enregistrement). Et dites-vous bien une chose : c'est le délai le plus court de sa carrière, avant qu'il ne faille le multiplier par deux ! Le rythme de publication du talentueux métis en deviendra peu à peu légendaire. Néanmoins, quand on voit le résultat, cela force le respect !

Bopper en Larmes est l'album le plus expérimental de VOULZY, le plus « coloré », le plus diversifié. Ce n'est pas rien de la part de ce grand garçon qui, depuis « Rockollection », a eu l'occasion de prouver qu'il adore bidouiller. Rien qu'au niveau des singles -qu'il devait diviser en deux parties au départ-, on pense à « Paris-Strasbourg » (1978) et son avalanche de saxophones inédits chez l'artiste, puis à « Idéal Simplifié » qui en 1981 signe l'incorporation des synthétiseurs, dès lors définitivement essentiels dans son empreinte pop et flower-power.

C'est Richard, son propre frère, qui en joue, alors que les deux enregistrent « à la maison » sur un multipistes. Autant dire que ça laisse beaucoup de temps et de liberté, une telle formule ! Ce deuxième album contient plusieurs morceaux expérimentaux, à commencer par « Mayenne », pourtant court, mais qui annonce les futures escapades mystiques de VOULZY. Sa voix est ici peu présente, les synthétiseurs à la TANGERINE DREAM planent sur une boite à rythmes Roland et le final est rempli de bruitages à la PINK FLOYD, vent et portes qui claquent. Quelle ambiance !

D'autres morceaux prolongent le bonheur d'un VOULZY en roue libre et moins strictement pop. Ce sont « Black Poule », avec son rythme bluesy et qui comme de nombreux autres titres, contient des choeurs féminins superbes, ainsi que « En Pas Oublie'ou ». Etirée sur plus de sept minutes, elle aussi, elle permet à l'artiste de se lâcher niveau séquenceurs et délires en langue créole : la voix ordinairement douce de VOULZY est employée comme jamais sur ce disque, dans les falsetti notamment. Le plus méconnu « L'océane » révèle également ce goût-là.

Les tubes sont placés en début de face, avec la mention dorée SOUCHON/VOULZY. C'est « Bopper en Larmes » qui ouvre le bal. Les mots de SOUCHON s'accordent à merveille, avec ce désarroi sentimental du « bopper » (fan de musique jazz-bop, bebop... onomatopées ici à l'avenant). La musique de VOULZY est grandiose, ce n'est rien moins que BEATLES + BEACH BOYS + POLICE, car depuis la fin des 70's, ce troisième nom a eu le temps de séduire l'artiste, comme des millions d'autres personnes. Ces guitares à la Andy Summers, ces voix dans tous les sens (présence des frères Costa), cette intro longue en crescendo, ces enchaînements tarabiscotés de mélodies pourtant si évidentes, ces refrains en canons, oui crénom de Dieu, tout ça fait un tube de l'été (83) ! Le génie VOULZY dans toute sa splendeur, un de ses meilleurs efforts en compagnie de SOUCHON.

L'autre morceau « Liebe » est plus solennel et emploie les vagues de synthés orchestrales comme ce sera encore souvent le cas. Un nouveau texte noir, fragile et faussement naïf comme SOUCHON sait bien les faire, qui prend ici une tournure d'hymne religieux. Splendide, tout comme d'autres morceaux moins connus et rétros. « Ricken » est particulièrement émouvant avec sa bluette made in SOUCHON, ballade nostalgique pour une guitare Rickenbaker égarée dans un New-York crépusculaire, swing léger et conclusion « au féminin » d'une grande délicatesse, dont on aimerait qu'elle n'ait pas de fin. À noter le jeu de basse très inspiré sur ces titres, parfois en tant que soliste.

Créatif, ce disque l'est aussi jusque dans sa structure, grâce à la présence de morceaux très courts, servant de transition entre d'autres plus longs. L'occasion pour VOULZY de flirter avec la samba (« Meu Samba Pra Voce »/« Ma Samba Pour Vous », tout en brésilien), de caser un nouveau clin d'oeil aux BEACH BOYS (« Cadillac Cruise », dont le texte est écrit par Elaine Rowan du groupe THE DICE) ainsi qu'à Paul McCartney et son « When I'm Sixty Four » (« Jalousie »), entre autres.

Pour certains, Bopper en Larmes est le meilleur album de l'artiste. Sans prendre un tel risque, on peut au moins dire un de ses meilleurs, l'un de ses plus étonnants surtout. Le son a beau être typique de son époque, les influences sont bien digérées. L'excellence des compositions et des ambiances, sans parler de la diversité des thèmes, en font un opus hautement recommandable et à redécouvrir.

A lire aussi en VARIETE FRANCAISE par MARCO STIVELL :


Johnny HALLYDAY
Derrière L'amour (1976)
Quatre grands classiques, mais pas que !




Gilles SERVAT
Mad In Sérénité (1988)
Chanson franco-bretonne


Marquez et partagez





 
   MARCO STIVELL

 
  N/A



Non disponible


1. Bopper En Larmes
2. Mayenne
3. Black Poule
4. Meu Samba Pra Voce
5. L'océane
6. Ricken
7. Cadillac Cruise
8. Liebe
9. Plus D'un Milliard De Filles
10. Flirt
11. Jalousie
12. En Pas Oublié' Ou
13. Aut'chose



             



1999 - 2017 © Nightfall.fr - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod