Recherche avancée       Liste groupes



      
ROCK  |  STUDIO

Commentaires (1)
Questions / Réponses (1 / 14)
L' auteur
Acheter Cet Album
 


 

1969 Pretties For You
1970 Easy Action
1971 Love It To Death
  Killer
1972 School's Out
1973 Billion Dollar Babies
  Muscle Of Love
1974 Greatest Hits
1975 Welcome To My Nightma...
1976 Alice Cooper Goes To ...
1977 Lace And Whiskey
  The Alice Cooper Show
1978 From The Inside
1980 Flush The Fashion
1981 Special Forces
1982 Zipper Catches Skin
1983 Dada
1986 Constrictor
1987 Raise Your Fist And Y...
  The Nightmare Returns
1989 The Beast Of Alice Coope...
  Trash
1990 Trashes The World
1991 Hey Stoopid
1994 The Last Temptation
  The Last Temptation
1997 A Fistful Of Alice
1999 The Life And Crimes Of A...
  Welcome To The Nightmare...
2000 Brutal Planet
  Brutally Live
2001 Dragontown
  The Definitive Alice Coo...
2003 The Eyes Of Alice Coo...
2005 Dirty Diamonds
2006 Live At Montreux 2005
2008 Along Came A Spider
2009 Keepin' Halloween Alive
2010 Theatre Of Death : Live ...
2011 Welcome 2 My Nightmar...
2014 Raise The Dead: Live Fro...
2017 Paranormal
2021 Detroit Stories
 

- Style : Aerosmith
- Membre : Black Star Riders, Suicidal Tendencies
 

 Site Officiel (662)

ALICE COOPER - Dada (1983)
Par LONG JOHN SILVER le 16 Octobre 2021          Consultée 283 fois

En 1983, Vincent Furnier a.k.a ALICE COOPER n’est plus que l’ombre de l’ombre de lui-même, c’est un mort-vivant qui achève son processus de désintégration initié dès le tournant des années 80, années promptes à faire dériver les ex-idoles des sixties et seventies, une fois le mouvement punk entériné et le triomphe de la new-wave établi. Côté hard-rock, on revit grâce à la percée du Heavy Metal ou, plus pernicieusement, avec le règne du Hard FM, principalement aux USA. On voit ALICE justement à la télé française pour la promo de Special Forces, mis en scène lors d’une émission où sa silhouette décharnée et son teint livide marquent les esprits. Une démonstration horrifique, à la fois théâtrale et confondante de réalisme, de quoi faire frissonner les âmes sensibles.

Deux ans plus tard, il est en fin de contrat avec Warner Bros, label qui le contraint à lui fournir un dernier album avant de l’éjecter car plus du tout bankable, d’autant qu’il ne tourne plus. C’est Bob Ezrin qu’on envoie chercher le gaillard par le paletot, lequel vit enfermé dans un appartement transformé en dépotoir insalubre, pour le traîner de force jusqu’au studio d’enregistrement où l’attendent Dick Wagner, le guitariste des grandes heures du Coop’, et un certain Graham Shaw (Canadien comme Erzin) qui officie aux claviers et intervient en tant que song doctor, collaborant sur trois titre, l’essentiel de l’album étant écrit par le trio Cooper/Wagner/Ezrin.
De ces sessions, ALICE ne se souvient de rien, comme c’est le cas concernant celles qui se sont déroulées depuis 1980. Par ailleurs, ni Wagner ni Erzin ne sont dans une forme optimale car l’alcool coule à flots au sein de l’équipe restreinte qui opère sur Dada. Est-il besoin de préciser que ce fumeux Dada réussira à supplanter dans les avis généraux, dès sa sortie, From The Inside à la place de pire album du Coop’ ? Depuis, peu de biographes l’ont réhabilité et aucune de ses chansons n’ont jamais été interprétées sur scène. Richard Kolinka (encore batteur de TELEPHONE) participe sur trois titres aux sessions du skeud. Il raconte qu’il a exigé de pouvoir jammer avec le taulier afin d’accepter son rôle de mercenaire occasionnel or Ezrin, accédant à sa demande, est alors allé chercher un ALICE entouré de packs de bières pour lui coller un micro sous le nez, lui faisant lâcher (momentanément) ses canettes. Or, Kolinka ajoute par la suite que le bonhomme assurait carrément. Finissons cette introduction en rappelant que Dada est un album concept où le protagoniste principal se nomme Sonny, sorte de cousin germain du Steven de Welcome To My Nightmare. Alors Dada, dont la pochette reproduit une œuvre de Dali -que le Coop’ avait rencontré au faîte de sa splendeur- mais dont les référence au dadaïsme s’arrêtent à ladite pochette, est-il un naufrage (trop) prévisible ou un album injustement sous-estimé ?

La réponse de votre serviteur penche nettement vers la seconde option, comme ce fut le cas concernant From The Inside, album dont il paraît être une suite logique, tout aussi ouvertement détesté par nombre de fans et de critiques. Dada est porté par des textes introspectifs terrifiants et une ambiance largement aussi malsaine que celle de son aîné publié en 1978. Musicalement parlant, sa texture ne tranche pas avec les influences new-wave des trois précédents opus, mais on retrouve itou la patte seventies des disques produits par Ezrin qui fait son come-back pour la première fois depuis 1977. Or, cet équilibre périlleux est déjà réussi, le disque n’a pas pris beaucoup de rides. Les faces 1 et 2 sont articulées comme les deux actes d’une même pièce, avec une première partie déjà glauque, mais plutôt légère musicalement, et une seconde où on s’enfonce dans un énième cauchemar qui s’avère n’être autre que la représentation de la réalité la plus crue.
Toutefois, le début du disque donne le ton de ce qui adviendra en toute fin. Son thème entièrement composé par Bob Erzin est ultra-malaisant. Sous couvert d’accords mineurs lancinants, on y entend une voix de gosse psalmodiant le mot Dada comme un écho au Mommy, Where’s daddy ? entendu en 1971 dans "Ballad Of Dwight Fry". Alors évidemment, on est en droit de trouver que l’ambiance enjouée de "Enough’s Enough", portée sur des accords majeurs, tranche de façon abrupte avec cette ouverture glaçante, si ce n’est que son texte est on ne peut plus sinistre, le Daddy de la chanson ne semble pas être étranger au décès de Mother. Only Women Bleed. "Former Lee Warner", sorte de "Quiet Room" bis, est une ballade guère plus rassurante où la mort rôde partout. S’ensuit la poppy "No man’s Land" qui tranche également avec la pesanteur du titre précédent, où brille un superbe solo de Dick Wagner, mais dont le texte met en avant la solitude extrême de sa rock star en perdition ainsi que sa fuite en avant. C’est "Dyslexia" qui clôt cette première partie, une chanson franchement new-wave au rythme entraînant certes, mais vers les abîmes.

Si cette entame est déjà assez rondement ficelée, la suite ressert le carcan : ses accents et enjeux sont encore plus dramatiques et, pour tout dire, les compos les plus fortes y sont aussi. Le mode oriental ouvre la chanson "Scarlet and Sheba", titre morbide indirectement autobiographique, inspiré de serveuses s’occupant des coktails alcoolisés dévolus aux musiciens, et plus si affinités. "I Love America" est le seul single tiré de l’opus, soit un mid-tempo assez rock où l’ironie se mêle à un hommage sincère dans une forme de schizophrénie enivrante. La basse slappée de "Fresh Blood" n’est pas sans rappeler celle de "From The Inside", de même que ses tentations discoïdes alors quelques relents de percus vaudou lorgnent surtout vers "Go To Hell" d’autant que son protagoniste s’y décrit comme un authentique vampire. Indéniablement, Dada prend toute sa dimension (étrangement méta) sur sa seconde face. Et que dire de son apothéose ? "Pass The Gun Around" nous fait découvrir Sonny qui se réveille auprès d’une inconnue dont il n’a aucun souvenir, un peu comme lorsque Steven découvrait au réveil qu’il y avait le sang d’une femme dans son appartement lors du climax de Welcome To My Nightmare, si ce n’est qu’ici Sonny, muni d’une arme à feu, aspire à ce qu’elle s’en serve contre lui et qu’il finisse flottant et dérivant mort dans les eaux trouble d’un fleuve. Un magnifique solo de Wagner se plante au milieu de ce finale grandiose, comme un diamant éternel, et les dernières mesures du disque, une fois le coup de feu tiré, sont dévolues à la voix de l’enfant qui résonne sur "Dada" en ouverture. Aussi sinistre que magistral. Lugubre comme jamais.

La suite ? L’album est un flop retentissant, Warner Bros exerçant le minimum possible pour sa promotion, le chanteur ne le défendant pas plus sur scène que son prédécesseur Zipper Catches Skin. Aujourd’hui, ALICE dit ne pas trop savoir quelle en est la direction mais qu’il s’agit de son disque le plus terrifiant. A l’époque, il avait d’autres chats à fouetter, ainsi il parvient au dernier moment à annuler son divorce avec Sherryl, lui délivrant une promesse (tenue) de filer en cure de désintox et de ne plus jamais replonger. Le couple file depuis une parfaite entente. Si sa collaboration avec Warner s’achève, on le voit renaître de ses cendres chez MCA, trois ans après, avec les médiocres Constrictor puis en 1987 Raise Your Fist And Yell, avant de renouer avec le succès mainstream par l’entremise de l’épouvantable Trash en 1988. Si ce n’est que ces disques respectifs possédaient le mérite de mieux correspondre aux attentes du public de cette époque. Maudite époque, soit, mais belle destinée pour un ALICE toujours fringant depuis, en dépit de productions inégales.

A lire aussi en ROCK par LONG JOHN SILVER :


Iggy POP
Post Pop Depression (2016)
Doctor Pop vs Mister Homme




The J. GEILS BAND
Live Full House (1972)
Carré !


Marquez et partagez





 
   LONG JOHN SILVER

 
   NESTOR

 
   (2 chroniques)



- Alice Cooper (chant)
- Dick Wagner (guitare, basse, chœurs)
- Bob Erzin (claviers, programmation, batterie, percus)
- Graham Shaw (claviers, chœurs)
- Richard Kolinka (batterie : 3,6,9)
- John Anderson (batterie : 8)
- Prakash John (basse : 8)
- Karen Hendricks, Lisa Dalbello (chœurs)


1. Dada
2. Enough's Enough
3. Former Lee Warner
4. No Man's Land
5. Dyslexia
6. Scarlet And Sheba
7. I Love America
8. Fresh Blood
9. Pass The Gun Around



             



1999 - 2021 © Nightfall.fr V5.0_Slider - Comment Soutenir Nightfall ? - Nous contacter - Webdesign : Inox Prod