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- Membre : Bruce Springsteen

LITTLE STEVEN - Freedom - No Compromise (1987)
Par MARCO STIVELL le 18 Juillet 2016          Consultée 1161 fois

Troisième album du Ministre de la Foi et de l'Amitié, toujours selon les mots du Boss, Freedom - No Compromise fait suite à l'expérience Sun City, alias "We Are the World" en plus dérangeant mais avec moins de succès. En 1985, sous la direction de LITTLE STEVEN, le collectif ARTISTS UNITED AGAINST APARTHEID publiait un album en réunissant plein de stars des années 80 et d'avant (et après), Bruce SPRINGSTEEN, Bob DYLAN, Ringo STARR, Jackson BROWNE, AFRIKA BAMBAATAA, Run-DMC, Miles DAVIS, BONO, Bonnie RAITT, Pat BENATAR, Peter GARRETT, Joey RAMONE, Jimmy CLIFF, George CLINTON, Lou REED, Peter GABRIEL... Tous apparaissent dans le clip de Jonathan Demme pour la chanson "Sun City".

L'objectif était de conspuer publiquement et musicalement certains aspects du gouvernement de l'Afrique du Sud en points précis (le délogement des Africains pour créer des "paradis" immobiliers totalement factices). Ceci, bien entendu, permet d'élargir le propos à l'ensemble de la politique menée dans cette région du globe et depuis trop longtemps, tout comme la durée de l'emprisonnement de Nelson Mandela. LITTLE STEVEN, entre autres stars de l'époque, se sent plus que concerné par la pagaille et les injustices qui minent l'Afrique du Sud. Son discours devient plus engagé encore, et la musique doit s'adapter aux nouveaux sons.

L'approche réalisée sur cet album, Freedom – No Compromise, est autant une suite à l'album Voice of America (1983) qu'au projet Sun City (1985). De ce dernier, on retient l'utilisation par Steve lui-même de boucles électroniques et de boîte à rythmes qui forment la base du projet, le moule dans lequel viennent se greffer les mélodies.

C'est un point important à savoir, puisque cela définit le son, la réalisation dans sa globalité. Le caractère factice des samples, accessible, efficace (du moins pour l'époque) et ouvrant des possibilités multiples, créée logiquement une sensation de répétition, d'abord pour le compositeur. Les mélodies, plutôt simples, sont peu développées alors que les morceaux sont étirés sur une moyenne de cinq à six minutes.

LITTLE STEVEN se rapproche tout simplement de l'Afrique, d'une forme de tradition musicale qui prend toute une signification mystique, avec l'utilisation de choeurs soul et zoulous. Le premier morceau, "Freedom", est une forme d'incantation à la libération du peuple opprimé. C'est l'occasion pour l'artiste de reprendre des éléments de l'album Voice of America, paroles de la chanson-titre (le fameux "No compromise!") et mélodie d'"Among the Believers", un autre titre excellent. On retrouve aussi les "Ouh! Ouh!" mais le rythme se trouve ralenti.

Freedom – No Compromise se rapproche ainsi de son prédécesseur en enlevant le caractère tubesque et en se montrant plus exigeant pour le néophyte. Les synthés sont omniprésents, et joués par divers musiciens, tout comme la batterie, la basse... On retrouve d'ailleurs quelques grands noms comme Steve Jordan (BLUES BROTHERS...) et Greg Phillinganes (CLAPTON, TOTO...).

Néanmoins, LITTLE STEVEN n'oublie pas qu'il est d'abord guitariste, en balançant des riffs incisifs sur des airs pop aériens, en faisant quelques soli bien dans ses cordes. Sa tendance à aller au fond des choses, jusque dans son chant, participe à la réussite de cet album comme ceux d'avant, mais avec un peu moins de qualité au final.

Même si le changement de son est intéressant, la durée des morceaux n'est pas toujours justifiée. Pourtant, l'ensemble est plus qu'agréable, les grooves de "Sanctuary", "Can't You Feel the Fire" et "Trail of Broken Treaties" sont porteurs, la production très 1986-87 révèle plein de bonnes surprises (à l'exception des cuivres au synthé, rarement utilisés de façon correcte en général et même à l'époque). Les percussions et autres effets ethniques y sont pour beaucoup ("Pretoria", génial !), ainsi que les paroles mystiques et contestataires de chaque morceau, en anglais et parfois en afrikaans.

Les DISCIPLES OF SOUL ne sont déjà plus, et sans doute l'affluence de musiciens nuit-t-elle aussi parfois à la qualité en donnant une impression de "trop grand". Toutefois, on ne boude pas notre plaisir lorsque le Boss SPRINGSTEEN vient seconder son lieutenant au micro sur "Native American", le titre d'ouverture de ce disque comme pouvait l'être "Los Desaparecidos", dédié cette fois et sur un rythme reggae aux Amérindiens, dont on connait le sort tragique. Quelle classe, messieurs ! Comme chaque disque de LITTLE STEVEN, Freedom – No Compromise est une curiosité, à préférer au suivant dans un domaine pop-world électronique.

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   MARCO STIVELL

 
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- Little Steven (chant, guitares, dulcimer)
- Steve Jordan, Keith Leblanc (batterie)
- Romeo Williams, Doug Wimbish, Tm Stevens (basse)
- Charlie Judge, Tommy Mandel (claviers)
- Greg Phillinganes, Richard Scher (claviers)
- Paul Shaffer, Bernie Worrell (claviers)
- Monti Louis Ellison (percussions)
- David Beal (batterie, percussions)
- Ruben Blades (percussions, chant sur 4)
- Bruce Springsteen (chant sur 7)
- Hilario P. Soto (toyo)
- Zoë Yanakis (flûte basse)
- + Plein De Choeurs


1. Freedom
2. Trail Of Broken Treaties
3. Pretoria
4. Bitter Fruit
5. No More Party's
6. Can't You Feel The Fire
7. Native American
8. Sanctuary



             



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