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NO ONE IS INNOCENT - Revolution.com (2004)
Par OULIPOP le 7 Janvier 2017          Consultée 210 fois

Début des années 2000, NO ONE IS INNOCENT n’est plus. Après deux albums volcaniques (dont un Utopia en guise de Vésuve), le groupe explose en plein vol pour d’obscures raisons et voit chacun de ses membres partir sous divers horizons musicaux. Certains créent SPOR, d’autres incorporent MEZZO LITRO et Kemar Gulbenkian, âme des No One, tente l’aventure solo en sortant Prénom Betty ; une galette très personnelle, variée et plutôt réussie (mais qui ne rencontrera pas le succès escompté). Bref, tout semble indiquer que l’aventure NO ONE IS INNOCENT est désormais arrivée à son terme.
Pourtant, contre toute attente, voilà que le groupe annonce sa reformation puis la parution de ce Revolution.com au cours de l’année 2004 ! Bon, tempérons un peu cependant : le terme reformation n’est pas forcément approprié puisque, du line-up original, seul Kemar reste présent et c’est un va et vient de plusieurs musiciens (dont, pour l’anecdote, Matthieu Chédid alias M et Boris Jardel d’INDOCHINE) qui interviennent sur l’enregistrement. Fort heureusement, tout cela se stabilisera lors de la tournée qui suivra la sortie de l’album.

L’étonnement est de rigueur à la première écoute du disque, tant le son balancé là diffère des précédentes productions du groupe. Principalement habitué aux guitares corrosives, ce dernier donne ici un timbre beaucoup plus propre à celles-ci en les rendant moins âpres et en les accompagnant de-ci de-là d’effets électro plus ou moins kitsch et, parfois, un brin encombrants. L’ensemble reste bien sûr très rock (en témoigne un « G.r.a.b.u.g.e » bien punk), mais ce lissage sonore surprend et rend, en conséquence, la musique des No One plus easy-listening qu’auparavant.

Les deux morceaux d’ouverture (« US festival » et « Revolution.com ») sont ainsi très révélateurs de cette évolution. Certes, c’est speed et cela donne une furieuse envie de pogoter au milieu d’une fosse déchaînée, mais il manque quelque chose ; comme si les chevaux n’étaient pas complètement lâchés. La faute, donc, à cette production trop clinquante et, surtout, à cet électro qui vole bien trop la vedette aux guitares et à la basse.
Kemar, en revanche, n’a rien perdu de sa plume acerbe et expédie là deux implacables diatribes envers les méfaits de l’armée américaine en terres étrangères et le confort tranquille des révolutionnaires virtuels.
Cette entrée en matière démontre ô combien cet album souffle le chaud et le froid, ô combien il fourmille d’autant de bonnes choses que de moins bonnes.

Concernant le positif, des titres comme « Où veux-tu que je t’aime ? » avec son excellent texte tout en parallèles entre une histoire d’amour chevrotante et la précarité sociale ainsi que « Où étions-nous ? » qui interroge notre conscience politique suite aux tristes évènements du 21 avril 2002 (la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle) s’avèrent être des réussites. Musicalement qui plus est, NO ONE IS INNOCENT tente ici une approche plus mélodieuse et acoustique que d’ordinaire et force est de constater que cela fonctionne bien. C’est également le cas pour « No one hears you anymore », qui referme brillamment l’album.
Citons aussi le brûlot altermondialiste qu’est « Tout laisse croire… », qui s’impose même comme le meilleur morceau du disque. Peut-être n’est-ce d’ailleurs pas si surprenant que cela dans la mesure où, laissant pour le coup la part belle aux guitares et aux cris gutturaux, c’est celui qui sonne sans doute comme le plus No One dans l’âme.
Enfin, signalons la singulière reprise de « Personal Jesus » alors que l’on ne soupçonnait pas le groupe influencé par Dave Gahan and co. Le classique de DEPECHE MODE est ici totalement revisité et imprégné d’une urgence bienvenue.

Ces passages, hélas, sont tempérés par quelques-uns moins réussis. « Automatic » et « Drive me » sont assez anecdotiques, « Attends » est un peu cheap et « B.O » est carrément agaçant. Issu de l’album solo de Kemar, son propos très personnel (les influences cinéma de ce dernier), bien qu’original, dénote trop par rapport au reste et, qui plus est, se voit porté par une mélodie bien faiblarde.

Bref, qu’on se le dise : en purgeant son traitement sonore de sa violence originelle, le NO ONE IS INNOCENT des années 2000 est bien différent d’auparavant. Il n’est plus aussi percutant, se révèle déroutant et parfois décevant mais finalement toujours présent. N’est-ce pas là l’essentiel ?

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   OULIPOP

 
  N/A



- Kemar Gulbenkian (voix, guitares)
- K-mille (guitares, basse, claviers, programmation)
- René Van Barneveld (guitares)
- Boris Jardel (guitares)
- Shanka (guitares)
- Guy Perrot (guitares)
- Matthieu Chédid (guitares)
- James Eller (basse)
- Cyril Denis (basse)
- Julien Reymond (basse)
- Maxime Garoute (batterie)
- Greg Jacks (batterie)


1. Us Festival
2. Revolution.com
3. Automatic
4. Où Veux-tu Que Je T'aime ?
5. Drive Me
6. Où étions-nous ?
7. B.o
8. Personal Jesus
9. G.r.a.b.u.g.e
10. Tout Laisse Croire...
11. Attends
12. No One Hears You Anymore



             



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