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NO ONE IS INNOCENT - Gazoline (2007)
Par OULIPOP le 26 Mars 2017          Consultée 1555 fois

En ce début d’année 2007, ce quatrième album de NO ONE IS INNOCENT, joliment nommé Gazoline et orné d’une pochette absolument superbe, sort dans un contexte politique français agité. En effet, au printemps doit se dérouler la fameuse élection présidentielle : celle qui rend fou la plupart des hommes et femmes politiques de notre pays et qui secoue gravement la sphère médiatique (ceci dit, rien n’a changé dix ans plus tard : cela a même empiré semble-t-il !). Et celle-ci plus particulièrement car elle marque la fin d’une ère Chirac de douze ans, qu’elle voit de nombreux candidats en être à l’affut et qu’elle confirme que la menace Front National est plus que jamais présente suite au choc du 21 avril 2002. Bref, tout cela fait un terreau idéal pour les No One et leur rock dénonciateur. A tel point que Kemar Gulbenkian, le frontman du quintette, décrira Gazoline à sa sortie comme « le disque le plus politisé de [sa] carrière ». Constat qui se vérifiera dans les trois chansons fortes de l’album, mais nous y reviendrons plus tard.

Musicalement, cet opus suit dans ses grandes lignes le sillon tracé par son prédécesseur, à savoir Revolution.com. C’est-à-dire que l’on y retrouve un rock puissant saupoudré ici et là de quelques touches d’électro. Ces dernières s’avèrent néanmoins plus discrètes que sur l’album de 2004, au profit d’un distinctif retour en avant des guitares (« Liar (machine à rêver) », « Les mêmes idées, la même erreur », « Police-délice »). Ceci dit, l’ensemble reste tout à fait abordable pour n’importe quel quidam ; nous sommes en effet, loin des décharges sonores du disque éponyme et d’Utopia. « Je ne crois pas » (critique acerbe de la religion et véritable ode à l’athéisme), oscillant allègrement entre six cordes et sons synthétiques est ainsi le parfait exemple de cet équilibre ténu et tisse le lien évident avec l’orientation prise par le groupe trois ans auparavant. Mais, comme cela a pu être le cas parfois dans le passé, les No One proposent tout de même quelques pérégrinations exotiques ; à l’image du superbe morceau titre rythmé par un sitar accrocheur et finement enrobé de violons.

Ce sont en revanche les textes qui, pour leur part, affichent un certain renouvellement. Qu’on se rassure, Kemar manie toujours habilement la plume et n’a rien perdu de sa verve revendicatrice mais il se montre parfois moins direct qu’à l’accoutumée et ose aborder des thématiques différentes. Véritable ovni de Gazoline, « Boomerang » reflète à merveille cette tentative… réussie ! En évoquant avec une réelle subtilité la passion amoureuse, destructrice par définition pour les belligérants concernés, le parolier fait mouche. Quant à « Laisse-toi aller », d’à propos en clôture, c’est l’angoisse de la page blanche qui est évoquée sans détour. Un questionnement sincère de la part de Kemar, tantôt grinçant, tantôt amusant, et un bel exemple d’auto dérision.

Comme évoqué plus haut, le cœur de Gazoline, son intérêt premier, se situe donc dans ses trois morceaux purement politiques et totalement ancrés dans la réalité du moment (début 2007 donc, à l’orée de l’élection présidentielle pour celles et ceux qui ont loupés un épisode). « Salut l’artiste » ouvre brillamment le bal de ce triptyque sur un riff bluesy des plus réussis et qui s’avère être une vraie première pour le groupe. Quant aux paroles, et non sans humour, elles offrent une rétrospective cynique du parcours de Jacques Chirac à la tête du pays et au-delà : tout simplement jouissif !

S'ensuit « La Peur », le tube de l'album en quelque sorte (mais, n'oublions qu' « un tube c'est long et creux » dixit Boris VIAN) ; à se demander plus sérieusement comment un titre pareil n'a pas mieux fonctionné à l'époque sur les radios rock ! Car au-delà de cette description sans concession du brouhaha politique, qui plus est en période électorale, c'est la rythmique imparable déclinée tout au long de ses 3 minutes 42 qui accroche irrémédiablement.Enfin, c’est « L’amour de la haine » qui clôt brillamment ce non moins brillant trio puisqu’il s’agit là, sans contestation possible, du meilleur morceau du disque. Sur fond de guitare sèche, tout en finesse, il est égréné une inquiétante diatribe anti Sarkozy visionnaire lorsque l’on sait que ce dernier sortira grand vainqueur à l’issue du scrutin.

Mais alors, Gazoline serait-il un sans faute ? Pas tout à fait, car il ne parvient pas à convaincre dans sa globalité proposée. En incombe à « Les désespérés » et « Exil » qui sonnent bien trop quelconques pour retenir l’attention et qui, placés en milieu de set-list, en constituent le ventre-mou. Cependant, il n’y a là pas de quoi entamer grandement la franche réussite du quatrième volet des aventures de NO ONE IS INNOCENT. La nouvelle vie débutée par le groupe avec Revolution.com, si elle n’est pas au niveau de la première des nineties, n’en reste pas moins de très bonne facture.

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   OULIPOP

 
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- Kemar Gulbenkian (voix)
- Shanka (guitares, sitar, choeurs)
- Julien Reymond (basse)
- Yann Coste (batterie, percussions, choeurs)
- K-mille (machines, contrebasse, claviers)


1. Liar (machine à Rêver)
2. Gazoline
3. Je Ne Crois Pas
4. Salut L'artiste
5. La Peur
6. Les Mêmes Idées, La Même Erreur
7. L'amour De La Haine
8. Les Désespérés
9. Exil
10. Boomerang
11. Police-délice
12. Laisse-toi Aller



             



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