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1997 Utopia
2015 Propaganda
2018 Frankenstein

NO ONE IS INNOCENT - Propaganda (2015)
Par OULIPOP le 14 Février 2018          Consultée 580 fois

Nous avions laissé NO ONE IS INNOCENT en bien mauvaise posture en 2011. Leur cinquième album, Drugstore, s’était orienté vers une musique de plus en plus électronique bien éloignée du rock brut auquel nous avait habitués le groupe et qui avait forgé sa réussite. Pérégrinations synthétiques qui avaient fait perdre une bonne partie d’âme à un quintette animé jusqu’alors d’un furieux feu sacré.

Face à ce postulat guère engageant, qu’attendre donc de Propaganda, sixième opus de Kemar Gulbenkian et ses acolytes ? Une continuation dans la voie électro engagée par Drugstore ou un inespéré retour aux sources ? Ce gamin semblant hurler une rage absolue sur la pochette est-il annonciateur d’un inattendu sursaut ?

Ces tergiversations ne sont pas de mise bien longtemps car « Charlie », le morceau d’ouverture, y met un point final d’entrée de jeu. Foule scandant son unité suite à la tuerie de Charlie Hebdo en janvier 2015, brefs et nerveux accords de guitare et voix hargneuse avant que les instruments explosent dans un déluge de décibels : l’évidence semble absolue. La parenthèse électro est bel et bien close et NO ONE IS INNOCENT a décidé de revenir aux fondamentaux et au rock brut de ses débuts.
« Charlie » se veut un titre combatif et ancré dans l’actualité (Propaganda est sorti seulement cinq mois après les évènements en question), un immense cri de résistance venu du cœur face à la barbarie djihadiste. Une véritable réussite donc qui propulse immédiatement l’album dans une voie teintée d’électricité et de fureur de laquelle il ne s’éloignera pas.

La suite est du même acabit et, à aucun moment, le groupe n'offre le moindre temps mort musical. Comme si, en cette année 2015, le triste état du monde et de la France ne permettait pas autre chose.

Hexagone évoqué sans détour dans l’excellent « Silencio », morceau aux forts relents de RAGE AGAINST THE MACHINE, où il est question des éternelles promesses électorales, de ces mots que la classe politique a depuis longtemps vidés de leur sens et où le candidat Hollande de 2012 est sérieusement égratigné.
Ce n’est pas tout, notre pays est encore à l’ordre du jour dans le jouissif « Putain si ça revient ». En écho au « Où étions-nous ? » de 2004 paru sur Revolution.com, les No One posent une nouvelle fois un regard acerbe sur la place du Front National dans le paysage politique et exposent, en une chanson terrible de justesse et au refrain bouillonnant, leur crainte de revoir l’extrême droite au deuxième tour de l’élection présidentielle à venir. Crainte justifiée, nous le savons maintenant.

Mais NO ONE IS INNOCENT n’ayant pas l’intention de s’en tenir à un constat purement franco-français de ce début de 21ème siècle, l’international n’est pas oublié.
Ainsi, les tristes candidats au djihad de Syrie ou d’ailleurs se voient brocardés dans une terrible piste (« Djihad propaganda ») à la violence inouïe qui n’aurait pas dépareillé sur Utopia, le second disque du groupe.
« Massoud », pour sa part, dans une longue alternance entre accalmie et bruitisme de près de cinq minutes, rend un hommage vibrant au fameux Lion du Panshir d’Afghanistan quand « Un nouveau Scottsboro » et ses exhalaisons bluesy réveille les fantômes de jeunes garçons noirs américains victimes du racisme dans les années 30 ; parallèle historique plus que pertinent à l’heure des montées suprématistes.

Le reste de Propaganda est de la même veine que les descriptions passées ; les titres brillent définitivement par leur qualité textuelle et musicale ainsi que par leur énergie débridée.
« Holy fire », interprétée, une fois n’est pas coutume, par Shanka est une ritournelle punk qui rappelle sans conteste la grande époque de THE CLASH alors que « 20 ans » permet au groupe de s’offrir une chouette et speed séance d’autocongratulations en matant allégrement dans le rétroviseur (on n’est jamais mieux servi que par soi-même, non ?). Enfin, « Kids are on the run », comme échappé de Revolution.com, rappelle que la bande à Kemar peut encore produire un morceau aux sonorités dansantes sans pour autant tomber dans l’easy listening.

Vous l’aurez compris, avec Propaganda, NO ONE IS INNOCENT revient à ses fondements et signe là son meilleur disque depuis près de 20 ans. 12 titres rageurs et directs, et autant d’uppercuts à la face de l’auditeur. Les errements électroniques de Drugstore sont bel et bien derrière : welcome back boys !

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   OULIPOP

 
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- Kemar Gulbenkian (voix)
- Shanka (guitare)
- Popi (guitare)
- Thunder B. (basse)
- Gaël (batterie)


1. Charlie
2. Silencio
3. Djihad Propaganda
4. Putain Si ça Revient
5. Un Nouveau Scottsboro
6. Barricades
7. Kids Are On The Run
8. Massoud
9. Drones
10. 20 Ans
11. Holy Fire
12. Mongoloid



             



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