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1997 Utopia
2015 Propaganda
2018 Frankenstein

NO ONE IS INNOCENT - Barricades Live (2016)
Par OULIPOP le 7 Septembre 2018          Consultée 132 fois

Il n’a pas dû être facile pour de nombreux artistes français de remonter sur les scènes de l’hexagone dans les jours et semaines qui ont suivi les attentats de Paris du 13 novembre 2015 perpétrés par l’Etat Islamique. Tragédie sans précédent dans notre pays qui fit plus de 130 victimes et cibla clairement, en plusieurs lieux de la capitale, notre mode de vie et notre culture ; la fusillade du Bataclan lors du concert des EAGLES OF DEATH METAL figurant au sommet de cette liste macabre.
C’est dans ce contexte particulier et cette atmosphère emplie de souffre que NO ONE IS INNOCENT a investi la salle parisienne de La Cigale seulement deux semaines après les évènements.

Evènements qui, bien entendu, planent tout au long de cet enregistrement, tels des fantômes hantant sans fin leur lieu de passage de vie à trépas. Que ce soit le texte lu par le guitariste Shanka au début du concert, l’intervention poignante en fin de set de deux des membres de la rédaction de Charlie Hebdo invités par le groupe à s’exprimer ou les interprétations particulièrement rageuses des morceaux « Djihad propaganda » et « Charlie », tout est réuni pour nous rappeler ô combien cette année 2015 a été meurtrière mais que la résistance, notamment par la musique, doit être de mise partout et tout le temps !

Tournée Propaganda oblige, c’est bien entendu ce sixième album qui se taille la part du lion tout au long de ce Barricades live. Conscients d’avoir conçu un disque particulièrement brillant et regorgeant de titres forts, les No One n’hésitent pas à couvrir ainsi la quasi majorité de celui-ci ; dix des douze morceaux en étant joués ici.
Occasion de constater que ces derniers passent haut la main la barrière de l’exposition scénique et de (re)découvrir un groupe pleinement soudé.

Dès l’introductive « Drones », exécutée à cent à l’heure ou presque, nul besoin de tergiverser pendant des heures : NO ONE IS INNOCENT est ici, une fois de plus serait-on tentés de dire, pour faire parler la poudre.
Les deux guitaristes (Popy et l’inénarrable Shanka) balancent leurs décibels comme jamais, soutenus par une section rythmique particulièrement bien en place. Gaël, le batteur, martèle ses fûts tel un furieux et Tramber, à la basse, assure comme un beau diable ; à l’image d’un « Silencio » qu’il mène magnifiquement et que n’aurait pas renié Tim Commerford de RAGE AGAINST THE MACHINE. L’ensemble est bien évidemment conduit par Kemar Gulbenkian, leader incontesté et emblématique du combo parisien, qui, comme à son habitude, éclabousse de sa hargne la salle entière, n’hésitant pas à hurler ses textes comme un damné et à prendre la parole entre deux morceaux.
Le line-up du groupe a beaucoup évolué au gré des années, mais force est de reconnaître qu’il n’a que rarement, voire jamais, atteint une telle cohérence.

Ceci s’en ressent et permet donc une interprétation fidèle et jouissive des titres de Propaganda. Que ce soit « Barricades », Putain si ça revient », « Massoud » (qui fait office de légère accalmie dans ce fatras d’électricité) ou les plus speed « Holy fire » et « 20 ans », tous s’enchaînent dans une urgence et une frénésie collective qui semblent mettre La Cigale à genoux. « Kids are on the run » se paye même le luxe d’agrémenter son final d’un trio de solos des plus gargantuesques.

Mais qu’en est-il des albums précédents me direz-vous ! Chacun a droit, à minima, à son extrait : l’inévitable «  La peau » pour l’éponyme, « Nomenklatura » et « Chile » pour Utopia, « Revolution.com » et « Gazoline » pour les disques du même nom et « Drugs » ainsi que « Johnny Rotten » concernant Drugstore. Ces deux derniers, issus du parent pauvre de la discographie des No One, abandonnent ici leurs oripeaux électroniques pour se parer d’atours électriques bruts qui leur vont parfaitement et permettent de les découvrir sous un jour plus appréciable.

Alors, Barricades live serait-il l’enregistrement en public ultime de NO ONE IS INNOCENT ? Non, mais de peu il faut bien le confesser.
C’est en effet avec une petite amertume que l’on constate tout de même une absence de prise de risque quant aux choix de titres tirés de la période des années 90. Certes, « La peau », « Nomenklatura » et « Chile » sont des morceaux immenses que l’on écoute toujours le cœur battant mais qui, ici, n’apportent pas grand-chose de plus vis-à-vis de Suerte, le premier live paru en 2005. Une mise en lumière des autres perles dont regorgent l’éponyme originel et Utopia aurait, définitivement, rendu Barricades live anthologique.

Il serait cependant fort dommage de bouder son plaisir pour cela tant le groupe livre là une prestation puissante de laquelle on ressort complètement groggy mais, paradoxalement, l’âme férocement prête à résister. Un tel poing levé face à l’oppression djihadiste, ou de quelque forme qu’elle soit, ne peut être que salutaire.

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   OULIPOP

 
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- Kemar Gulbenkian (voix)
- Shanka (guitare)
- Popy (guitare)
- Tramber (basse)
- Gaël (batterie)


1. Drones
2. Silencio
3. Barricades
4. Kids Are On The Run
5. Nomenklatura
6. Revolution.com
7. Putain Si ça Revient
8. Massoud
9. Johnny Rotten
10. Solo Shanka
11. Holy Fire
12. Drugs
13. 20 Ans
14. Djihad Propaganda
15. La Peau
16. Gazoline
17. Chile
18. Charlie



             



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