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La SOURIS DEGLINGUEE - Tambour Et Soleil (1995)
Par NESTOR le 17 Avril 2018          Consultée 91 fois

La chronique principale de Tambour Et Soleil lui attribue la note de 1/5. Si je peux très bien comprendre le point de vue exprimé, comme il s’agit d’un des albums figurant dans le top 10 de mon cœur, je propose là, un autre angle de vue.
Ce disque est en effet l’album casse gueule par excellence, et si on le juge à l’aulne de ses prédécesseurs, il est clair que la déconvenue et la déception peuvent-être immenses.
Ce Tambour Et Soleil est en effet la dernière ruade (en date) d’un mustang qui, après avoir secoué son cavalier dans tous les sens, jusqu’à lui faire perdre tous ses sens, fait une nouvelle cabriole afin d’achever de le désarçonner.
Car, après avoir aligné plusieurs albums assez déroutants pour les fans de la première heure (notamment par leurs côtés expérimentaux et transgressifs au regard des racines musicales de LSD), LA SOURIS DEGLINGUEE pousse le bouchon encore plus loin, en flirtant ouvertement avec la variété. Et contre toute attente le résultat est… magnifique.

Si Banzaï, son précédent album, avait déjà largement de quoi dérouter les aficionados du muridé par ses accents 'rapisant', il conservait toutefois une rugosité et une sauvagerie qui préservaient l’image non-conformiste du groupe. Avec Tambour Et Soleil, il est totalement vain de chercher la moindre trace de rage primaire ou de violence gratuite. Ce constat pourrait alors totalement justifier le lynchage : le groupe a vendu son âme au diable.
Mais Méphistophélès a dû payer bien cher, et la transaction tourne clairement à l’avantage du groupe car celui-ci nous pond un album tout en rondeur et en charme. Les rythmiques tranchées ont laissé place à des mélodies plus intimistes, plus accessibles. Le chant s’est considérablement adouci, flirtant même parfois avec le murmure. Et même si la voix de Taï-LUC est moins à l’aise dans le registre de la douceur que dans celui de l’agression verbale, le résultat est très honorable.
L’ensemble sonne apaisé, détendu, ensorceleur. Les influences et références asiatiques sont quasi omniprésentes et constituent l’ossature du disque avec 11 titres sur 13 qui sont directement connectés à l’Asie. Si l’on considère que les deux morceaux restants, qui clôturent le disque, ont pour théâtre l’Europe de l’Est, il devient clair qu’il serait vain de chercher la moindre trace du bitume parisien dans ce disque. L’odeur des poubelles au petit matin s’efface au profit de senteurs plus épicées. Le culte de la camaraderie virile laisse place à des (encore timides) évocations de l’amour et de ses tourments.

S’il y a réellement de quoi choquer les fans nostalgiques, il convient de reconnaître que la qualité des mélodies, tout comme la variété des ambiances musicales, sont bien au rendez-vous, et que le groupe nous promène avec bonheur d’un reggae à un rock, en passant par des ambiances world-music et des incursions de plus en plus fréquentes vers la chanson française. En fusionnant le tout avec une matrise impressionnante. Tout au plus pourrait-on reprocher le côté un peu convenu de "Cheval De Fer" et le décalage entre les paroles engagées de "Invisibles Drapeaux" et ses chœurs un peu gnian-gnian. Mais la beauté d’un "Tambour Et Soleil" (la chanson), qui combine douceur avec évocation de la cause Karen, ou bien de l’invitation au voyage que constitue "Demoiselles De Vientiane", suffisent à balayer toute velléité d’accoler le terme variété (dans son acceptation putassière) à LSD. Si cela ne suffisait pas, l’énergie de "Romania 94" et son mémorable 'Vodka en Tetrapack', ou bien "Cousins, Cousines" et son intro à la Benny Hill, devraient convaincre les incrédules que si le groupe a évolué, il n’en a pas moins conservé une qualité d’écriture et une efficacité redoutable.

Très déroutant et sujet à polémique, Tambour Et Soleil est un album clivant, mais qui à mon sens, n’en demeure pas moins un disque majeur de LA SOURIS. La preuve que le groupe possède un énorme potentiel de renouvellement et d’innovation. Seule réelle déception, une pochette qui ne reflète pas vraiment le charme de ce disque.
Et il est dommage que le groupe n’ait pas connu, avec cet album, le même succès mérité que ZEBDA avec "Tombé La Chemise", ou bien les WAMPAS avec "Manu Chao", cela était envisageable.

Si Banzaï nous avait fait l’effet d’un uppercut du droit, Tambour Et Soleil s’apparente plutôt à une caresse de la main gauche, celle qui est directement irriguée par le cœur. Quoi qu’il en soit, ces 2 albums nous apportant la preuve que LA SOURIS DEGLINGUEE est bien un groupe multifacette. Tout autant boxeur que danseuse.

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   DAVID

 
   NESTOR

 
   (2 chroniques)



- Taî-luc (chant, guitare)
- Rikko (basse, guitare)
- Muzo (saxophone, choeurs)
- Thierry Mathieu (saxophone, baryton, chant)
- Cambouis (peinture en fonds rythmiques)
- Jean-claude Dubois (balais et caisses claires swin)
- Pierre Gonzalès (trompette)


1. Saigon
2. Soldat Du Kuomintang
3. Venales Fiancailles (dieu Créa La Femme)
4. Made In Japan (roppongi Blues)
5. Demoiselles De Vientiane
6. Princesses (de La Rue De Sabailand)
7. Cousins Cousines
8. Brigitte B. Cambodgienne
9. Invisibles Drapeaux
10. Tambour Et Soleil
11. Perdue Dans Le Rer
12. Romania 94
13. Cheval De Fer Ii



             



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