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La SOURIS DEGLINGUEE - Banzaï (1991)
Par NESTOR le 1er Avril 2018          Consultée 569 fois

Banzaï est l’album le plus déroutant et le plus atypique de LA SOURIS DEGLINGUEE. Et ce, pas uniquement parce
que c’est le premier à bénéficier d’une pochette digne de ce nom. L’évolution musicale, déjà perceptible sur les 2 précédents albums, prend ici tout son sens. Et si on ne peut cantonner Eddy Jones et Quartier Libre au rang de disques "chrysalides", de chambres à maturation ayant permis à "Banzaï" de déployer son charme étincelant, c’est toutefois un peu le sentiment qui prévaut lors d’une première écoute de ce disque. Il voit en effet le groupe s’affranchir de ses origines rockabilly et punk rock, pour embrasser un univers à la fois plus riche et plus complexe, dans lequel, comble de l’hérésie, le rap se taille une place de choix.

En effet, si les digressions reggae ou ska dont LA SOURIS était coutumière, étaient alors auréolées de respectabilité, il en était tout autrement avec le Rap qui, à l’aube des années 90, n’avait pas la même légitimité aux yeux du public Rock. Pourtant, d’une culture musicale basée majoritairement sur les RAMONES, Dr FEELGOOD et le rock n' roll 50's, le groupe évolue et n’hésite pas à prendre son public à contre-pied : il ne se contente plus de proposer de ci de là des morceaux reggae, jazz ou ethniques. Il fait de chacune de ses chansons un melting pot née de l’agrégation d’une foultitude de styles. L’attaque frontale de mise à ses débuts n’est, dès lors, plus systématique. L.S.D. clarifie et fluidifie son propos et ses compositions, notamment en y incorporant des éléments provenant d’horizons musicaux très disparates pour se lancer dans un grand bond en avant artistique aussi surprenant qu’intelligent. Et le résultat est… bluffant !

Si pour la frange dure des aficionados des muridés (et pour certains membres du groupe également) la pilule est amère, la qualité des compositions et la puissance de l’interprétation balaient toute réserve. Tournant le dos à son image (infondée) de groupe basique et statique, LA SOURIS DEGLINGUEE nous sort là un album protéiforme que l’on pourrait presque qualifier d’avant-gardiste si AEROSMITH et RUN-DMC n’étaient pas passés par là quelques années plus tôt. En agrégeant à son rock n' roll des mouvements plus récents, il créé sa propre voie, sa propre voix.

Cette nouvelle orientation musicale s’appuie sur une production et des sonorités qui pourraient sembler lorgner vers la propreté et l’efficacité commerciale. On constate ainsi avec étonnement que le morceau d’ouverture, "Bangkok", est dénué de toute guitare, un comble pour LA SOURIS. Mais loin de choquer, le résultat est une réussite totale. Les samples et autres arrangements électroniques qui truffent le disque, rendent l’ensemble plus rond, plus moderne. Les cuivres sont ainsi artificiellement gonflés, pour un rendu très heureux. On flirte même parfois avec l’excès, comme cela peut être le cas avec la basse-clavier qui booste l’excellent morceau fleuve : "Banzaï". Ce titre de plus de 8 minutes, soit le double de ce qui était jusqu'alors le morceau le plus long du groupe, est un OVNI dans la discographie du groupe (qui réutilisera cette formule en 1997 avec "La Fin Des Années 70"). C’est un tourbillon d’humour, de musicalité, d’efficacité et… de rap.

Mais n’allez pas croire que le groupe a perdu sa niaque. Si, à l’instar de la muleta du Torero, ce sont clairement les sonorités funk et rap qui captent l’attention, effet de surprise oblige, cela ne doit pas masquer le fait que le danger ne vient pas de la tapageuse cape rouge mais de l’épée qui est dans la main du matador. Et ce dernier est toujours aussi habile pour doper des titres de la trempe de "Rebelle Afghan" ou de "Les Rues De Pékin", d’une solide base de rock belliqueux.

Comme le titre de l’album le laisse sous-entendre, celui-ci est une plongée en plein cœur de l’Asie du Sud-Est. Si on fait exception de "Contingent X" (une évocation des trains d’appelés du contingent en Allemagne), de "Ramdam" et de "Relou" (inspiré en partie du passé de PIERPOLJAK), qui revisitent une fois de plus la jeunesse remuante, tous les morceaux sont en connexion avec l’Asie. C’est ainsi le cas des excellents "Rangoon Lhassa", "Rebelle Afghan", "Les Rues de Pekin", "Banzaï" ou bien de "Paris aujourd'hui". Des titres qui sont au surplus servis par des textes très convaincants. Il est d’ailleurs probable que les textes de ces 2 derniers morceaux comportent plus de mots que l’ensemble des chansons que L.S.D. avaient composées jusqu'alors…

Alors soit, ce Banzaï est une énorme surprise. Mais c’est avant tout une grosse baffe. Gorgé de rock "funkisant", il a tout de l’album culte, et est la preuve que les portes n’existent que pour être défoncée… en douceur !

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   NESTOR

 
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- Jean-claude (batterie)
- Jean-pierre M (guitares)
- Muzo (saxophone)
- Rikko (basse)
- Taï Luc (chant, guitares)


1. Bangkok
2. Contingent X
3. Ange Gardien
4. Ramdam
5. Relou
6. Rebelle Afghan
7. Paris Aujourd'hui
8. Rangoon Lhasa
9. Muxidi Fusillade
10. Les Rues De Pekin
11. Tian-an-men Stereo
12. Banzai



             



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