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La SOURIS DEGLINGUEE - Quartier Libre (1988)
Par NESTOR le 29 Avril 2021          Consultée 513 fois

Sixième album et nouveau changement d'enseigne pour La Souris Déglinguée (L.S.D) qui, en signant chez Musidisc Records, entame sa cinquième lune de miel avec une maison de disque. Une instabilité qui n’a certainement pas aidé le groupe à se bâtir la carrière qu'il méritait.
Et de fait, en 1988, les muridés sont un peu dans l’impasse. Plombés par une réputation sulfureuse, affublés d’une identité musicale difficilement cernable, et guère aidés par une communication ne voulant rien céder aux tables du marketing. Le groupe achève sa première décennie d’existence en s’enfermant de plus en plus dans le statut de groupe culte, statut qui a bien souvent un arrière goût de lot de consolation. Et c’est portant durant cette période de doute que L.S.D choisit de sortir ce qui est probablement son album le plus abouti et le plus complet de l’ère pré Banzaï (1991).
Quartier Libre est en effet un disque puissant et équilibré. Puissant car il comporte des compositions de tout premier ordre. Equilibré car, dans bien des domaines, le groupe a trouvé son sens de gravité. Que ce soit au niveau des émotions, des styles musicaux, des thèmes abordés, de l’interprétation ou du son, la bande à Taï LUC a trouvé SON barycentre. La diversité de sa palette artistique est désormais pleinement maîtrisée. Paradoxalement, ce n’est pas forcément vers cette ambiance sonore que le canal historique de L.S.D, RIKKO et Taï LUC, souhaitait se diriger. Car en bon rat de la zone, le groupe commence alors à s’intéresser et à s'ouvrir à un courant de plus en plus en vogue auprès de la jeunesse urbaine : le Rap. Ce, à tel point que NTM fera leur première partie à l’Olympia, 2 ans plus tard.
Mais l’enregistrement se fait sous la houlette de Yves CHOUARD (alias Yves CHOIR) qui, non content de doter le groupe d’un très gros son, dope la batterie et les guitares en les positionnant en avant, pour le plus grand bonheur de Jean-Pierre. Mais le chant agressif, la tonalité Heavy du son et les sonorités un peu électroniques de la batterie sont décriés par certains membres du groupe. Pourtant, ce son boosté n’empêche en rien le groupe de développer ses ambiances.

Ainsi, que ce soit au travers du rock abrasif de "Partir sans dire adieu" ou du Rock‘n'Roll sixties de "Jo", l’émotion est bien présente. Ce dernier titre, qui possède une certaine filiation avec l’album Eddy Jones (1986), est l’occasion pour Taï LUC d’évoquer l’arrivée de son père en métropole. "Rappelle-toi", qui n’aurait pas dépareillé sur La cité des anges (1984), reprend le thème, coutumier pour le groupe, de la nostalgie des années de Zone.
Mais la palette des sentiments et des ambiances qui animent ce disque, bien plus large, ne se limite pas à ces thèmes "traditionnels". L’évocation du sud-est de l’Asie, ici à l’honneur dans "Seul sur la muraille" et "Khun San Blues", devient un sujet incontournable, alors que le reggae-ska est également toujours présent, que ce soit au travers de cette dernière chanson ou bien de l’excellent "Jeunesse de France" à la diction si rythmique. En parlant de rythmique, le très groovy "Les poings du destin", et ses chœurs étranges, est l’occasion pour L.S.D de flirter avec des ambiances qu'on pourrait trouver plus radiophoniques, pour l’époque.

L’édition CD de cet album comprend en outre deux titres déjà présents sur le maxi 45-tours sorti en amont du 33-tours,à savoir le très rock "Le Grand Voyage" sur lequel Roberto PIAZZA (LITTLE BOB, contacté via Yves CHOIR) vient poser son harmonica. Ainsi que le très énergique "Camarades".

Au final, et même s’il ne correspond pas tout à fait aux attentes de certains de ses membres (RIKKO allant même jusqu'à assimiler ce disque à une maquette !), ce Quartier Libre est un excellent album, très accessible, qui comporte bon nombre de classiques incontournables de LA SOURIS DEGLINGUEES, à l'image de "Seul sur la muraille", "Jeunesse de France", "Khun Sa Blues", "Rappelle-toi".
A ce titre, c’est à mon sens une excellente porte d’entrée dans l’univers "traditionnel" de L.S.D.

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- Taï Luc (chant, guitare)
- Jean-claude (batterie)
- Jean-pierre M (guitare)
- Muzo (saxophone)
- Rikko (basse)


1. Quartier Libre - 04:04
2. Rappelle-toi - 03:12
3. Jo - 03:23
4. Jeunesse De France, De Partout Et D’ailleurs - 04:
5. L'an 2000 - 02:30
6. Les Poings Du Destin - 03:25
7. Khun Sa Blues - 03:09
8. Seul Sur La Muraille - 03:37
9. Partir Sans Dire Adieu - 02:20
10. Caravan - 02:00
11. Camarades (bonus Cd) - 01:53
12. Le Grand Voyage (bonus Cd) - 02:02



             



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