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MADONNA - Ray Of Light (1998)
Par ARP2600 le 16 Septembre 2012          Consultée 2819 fois

Il convient de le dire d'emblée, le prodigieux Ray of light de Madonna est sans aucun doute le chef d’œuvre de la chanteuse, et aussi un des vrais sommets de la musique pop. Pourquoi cela ? Parce qu'il est destiné à un très large public, donc commercial au sens propre du terme, mais qu'il est également profondément artistique. Il est le fruit d'une longue introspection puis d'un énorme travail de production qui en font un joyau des années 90. Un joyau qui s'est vendu à plus de vingt millions d'exemplaires, et on pourra chercher en vain dans la liste des disques les plus fructueux de la pop une démarche aussi pure que celle-ci.

Pour l'avoir vécu, je peux dire que Madonna a beaucoup surpris en 1998 quand ont débarqué dans les médias «Frozen» et sa vidéo, suivis de peu par l'album lui-même. Certes, la chanson «Bedtime Story» de 1994 proposait déjà une atmosphère sombre et ambiante, un chant mystérieux et ésotérique, mais les autres titres de Bedtime Stories, puis la comédie musicale Evita en 96, ne laissaient pas présager un album entier dans cet ordre d'idées. Ce choix était magistral, et pas uniquement dû à une bonne compréhension de la mode de l'époque : Quoi qu'on puisse penser des errements spirituels de Madonna, ses incursions dans la kabbale, l'hindouisme et autres sont discutables, mais au moins l'ont-elles incitée à créer une œuvre aussi belle et cohérente.

Pour arriver à ce but, elle s'est entourée d'une bonne équipe de compositeurs et producteurs. Citons en premier lieu Marius de Vries, déjà producteur de «Bedtime Story». Mais le personnage majeur de Ray of Light est William Orbit, un homme jusque là fort peu connu hors du milieu du clubbing anglais. Sa musique, notamment sur l'album Strange Cargo III, présente déjà de nombreuses caractéristiques qu'on retrouve sur Ray of light, à savoir des ambiances éthérées, un caractère à la fois céleste et abyssal d'une grande subtilité, tout en restant dans le cadre général de la dance. Il était l'homme de la situation et Madonna a été bien inspirée de l'engager après leur rencontre en 97. Notons qu'elle a également eu recours à d'autres valeurs sûres comme Rick Nowels et l'habituel Patrick Leonard.

Parlons des treize chansons, toutes superbes et formant un ensemble remarquablement agencé. Le triplet de départ propose une formidable montée en puissance, de l'ambiante et aquatique «Drowned World» vers l'extatique techno-rock de «Ray of light», peut-être la meilleure chanson de Madonna ou à tout le moins la plus impressionnante. Le centre de l'album est constitué de numéros rythmés et variés, articulés autour du brillant single dance «Nothing really matters», tandis que la troisième partie est plus douce et romantique, avec le merveilleux triplet «Frozen», «The Power of Goodbye», «To have and not to hold». Autre élément montrant une construction irréprochable, le final «Mer Girl», miroir évident de «Drowned world» dont elle partage l'ambiance sombre, mais en plus bizarre et hermétique, avec une orchestration encore plus versatile. Les passages les plus faibles de l'ensemble sont sans doute «Skin» et «Sky fits heaven», qui proposent une dance un peu trop simple et linéaire.

Quant aux paroles, elles sont donc teintées d'ésotérisme et d'un côté moralisateur, dont elle n'abusait cependant pas encore à l'époque. De toute façon, la simple beauté stylistique de «Swim», par exemple, suffit à excuser ce comportement. Quant à la prière en sanskrit «Shanti/Ashtangi», quasi déclamée sur un fond musical rugueux, elle apporte un élément d'exotisme intéressant. Bien sûr, il y a également des chansons plus légères dans le lot, comme «Candy Perfume Girl» et surtout les chansons d'amour «Frozen» et «The Power of Goodbye». Enfin, la cristalline «Little Star» parle simplement de la naissance de sa fille Lourdes tandis que «Mer Girl» parle, par opposition, de la mort de sa mère.

On pourrait encore disserter longuement sur l'album et ses clips qui ont marqué leur époque. Qui a vécu cette année-là se souvient autant de la magicienne lascive aux cheveux noirs et aux tatouages au henné que des enchaînements ultra-rapides d'images de la vie quotidienne sur «Ray of Light». Ce disque prodigieux est un projet réussi sur absolument tous les plans, qui suffit à faire de Madonna une grande dame de la musique de notre temps, quoi qu'on puisse penser de ses extravagances passées et futures.

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- Madonna (prodution, textes et chant)
- Fergus Gerrand (batterie, percussions)
- Pablo Cook (flute sur 'swim')
- Donna Delory (choeurs sur 'nothing really matters')
- Niki Harris (choeurs sur 'nothing really matters')
- Steve Sidelnyk (batterie et programmation sur 'nothing really matt)
- Marius De Vries (programmation)
- Craig Armstrong (arrangements, violons sur 'frozen' et 'the power o)
- Patrick Leonard (arrangements additionnels)
- Marc Moreau (guitare sur 'skin')


1. Drowned World/substitute For Love
2. Swim
3. Ray Of Light
4. Candy Perfume Girl
5. Skin
6. Nothing Really Matters
7. Sky Fits Heaven
8. Shanti/ashtangi
9. Frozen
10. The Power Of Good-bye
11. To Have And Not To Hold
12. Little Star
13. Mer Girl



             



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