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Klaus SCHULZE - Timewind (1975)
Par ARP2600 le 12 Mai 2012          Consultée 2755 fois

Avec Timewind, Klaus Schulze franchit clairement un cap. Si son premier album, Irrlicht, était très crédible dans le contexte expérimental du krautrock, les suivants le montraient assez hésitant. A mon avis, il lui a simplement fallu du temps, environ deux ans, pour vraiment se sentir à l'aise avec ses synthétiseurs et c'est donc en 1975, dans ce cinquième album, que ce travail de recherche sonore porte enfin ses fruits.

C'est ici aussi que sa forme musicale se précise. Comme les autres musiciens électroniques de cette époque, Schulze a utilisé le séquenceur. Il s'en est même abondamment servi, sa musique étant nettement plus répétitive que celle de Tangerine Dream, Cluster ou Kraftwerk. Oui, avec lui, il faut se sentir prêt à écouter quelque chose de très peu évolutif, sur de longues plages avoisinant souvent la demi-heure. Ce n'est pas une critique de ma part en tout cas. Si je dois avouer que ce n'est pas le style que je préfère, les paysages sonores très immersifs de Schulze sont souvent fascinants.

Soyons un peu plus précis au sujet de l'évolution des sons chez KS. Dans Blackdance, paru l'année précédente, on trouvait pas mal de percussions, de la guitare et de l'orgue électronique farfisa, les synthés étant encore au second plan, avec utilisation de réglages très rudes et des effets d'un goût douteux. Ce disque n'est pas très réussi à cause d'un manque de densité sonore, d'une grande froideur, de quoi rendre neurasthénique vraiment. Les synthés ont pris la place dominante dans l'expérimental Picture Music. Si la musique de celui-ci est encore un peu dépouillée, les sons y sont très jolis, surtout sur «Mental Door», c'est un album peu convaincant mais utile. Dans Timewind, Schulze adopte enfin une polyphonie plus étendue et des sons électroniques très travaillés, permettant d'avoir un résultat nettement plus captivant. On sent qu'il a maintenant tout compris au sujet des filtres, des enveloppes, des LFO. Il y a quand même encore de l'orgue, par contre les percussions ont avantageusement disparu, remplacées par quelques bruitages crées au moyen de synthétiseurs modulaires comme l'Arp2600 ou le Synthi A. Si le résultat est déjà excellent sur ce disque, autant dans la face séquencée que dans la face ambiante, il faut savoir qu'il allait se surpasser dans les albums suivants, en obtenant les meilleurs sons de synthés analogiques des années 70, qui restent d'ailleurs parfaitement crédibles de nos jours.

Avant de parler un peu des morceaux – de toute façon, qu'en dire ? On ne peut pas vraiment décrire ce genre de musique – précisons le sens des titres. Il faut savoir que Klaus Schulze aime particulièrement Richard Wagner. Or, celui-ci s'était installé à Bayreuth, ville du nord-est de la Bavière où se tient toujours de nos jours le fameux festival consacré au compositeur. Le nom de son domicile était la «Villa Wahnfried», et il est mort en 1883 à Venise. Les titres «Bayreuth Return» et «Wahnfried 1883» sont donc un simple hommage. Notons que Schulze n'en fait pas des tonnes au sujet de Wagner, après Timewind, il faudra attendre un live de 94 avant qu'il lui fasse une nouvelle référence.

Bon, nous y voilà. «Bayreuth return», première toute grande plage de Schulze, une demi-heure de feutrage électronique, où une ligne séquencée imperturbable se répète inlassablement sur un tempo rapide et constant, coincée entre des nappes, des bruitages cristallins et parfois une mélodie assez lente. Cette ligne est parfois simplement constituée de quatre notes, au début et dans les moments de plus forte tension, et sinon de douze notes pendant le plus gros du morceau. Si elle est souvent transposée, les intervalles au sein de la séquence sont toujours les mêmes. Il me paraît évident que ce morceau et d'autres dans les albums suivants auront eu une forte influence sur la trance, ce genre de techno aérienne que j'ai tant aimé il y a une bonne dizaine d'années.

«Wahnfried 1883» est répétitive mais non séquencée et dure un peu plus de 28 minutes. Là on trouve un paysage sonore ambiant lent et dense qui repose surtout sur les aigus. Après un début un peu effrayant, des nappes très amples s'installent. Les mélodies nettes de la première moitié du morceau font penser, en plus fin, à ce que fera Jean Michel Jarre un peu plus tard dans ses passages les plus calmes. Mais c'est la seconde moitié qui me paraît particulièrement belle, la mélodie s'estompant peu à peu, les nappes se faisant moins puissantes pour laisser la place à un flot répétitif de notes courtes, pour un effet hypnotique très réussi. Bien sûr, un morceau à l'évolution aussi lente pourra paraître creux dans un premier temps, c'est le genre de chose qu'il faut soit écouter en musique de fond, soit au contraire en prenant la peine de l'écouter calmement, dans un état méditatif.

Si Timewind n'est peut-être pas encore tout-à-fait un chef-d’œuvre, car les sons étaient perfectibles ainsi que la technique de séquençage, il est à tout le moins un premier coup de maître de Klaus Schulze, sans doute un de ses cinq albums les plus importants et qui mérite bien entendu d'être connu par tout amateur sérieux de musique électronique.

Note : 4,5/5

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1. Bayreuth Return
2. Wahnfried 1883



             



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