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MUSIQUE CLASSIQUE  |  OEUVRE

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- Style : Joseph Haydn , Felix Mendelssohn
 

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Ludwig Van BEETHOVEN - Symphonie N°2 (karajan) (1802)
Par CHIPSTOUILLE le 24 Août 2006          Consultée 6326 fois

C’est en 1802 que BEETHOVEN va peu à peu révéler sa surdité naissante à ses proches, fardeau qui le minera tout le reste de sa vie, mais sans lequel, peut-être, il n’aurait pas tenu à prendre sa revanche sur le destin. Les œuvres de jeunesse de BEETHOVEN, précédant son testament d’Heiligenstadt, témoin malheureux que le compositeur songeait à mettre fin à ses jours ce même été 1802, sont en effet globalement moins impressionnantes. Ce qui ne veut pas dire qu’elles sont moins marquantes. Citons par exemple la sonate au clair de lune ainsi que la pathétique toutes deux connues du grand public aujourd’hui, et dont la composition précède donc cette 2nde symphonie.

Cette œuvre caracole dans des tonalités classiques, reprenant de nouveau le style de HAYDN dans une symphonie en 4 mouvements. On décèle cependant, notamment dans le premier, quelques élans généreux. Rien de réellement comparable avec les grandes symphonies suivantes. Mais lorsque l'on connaît la suite de l'histoire, on comprend parfaitement la comparaison qui fut effectuée avec ce "dragon transpercé qui se débat indomptable et ne veut pas mourir, et même perdant son sang (dans le finale), rageant frappe en vain autour de soi, de sa queue agitée". Sans doute monsieur Sapzier, critique de l'époque, n'avait-il pas conscience qu'une telle appréciation ne pouvait qu'attiser la curiosité des badauds en mal de sensations fortes en ce 3e millénaire naissant. On ne manquera pas d'éluder le "en vain", tout de même, les coups faisant régulièrement mouche.

Après 2 siècles passés, il vous faudra en effet affuter votre oreille pour comprendre. Si l’on compare la 2e symphonie aux londoniennes de Joseph HAYDN (n°93 à 104), la rupture peut sembler difficile à discerner. HAYDN inventait préalablement les codes de son époque : la structure vif-lent-menuet-vif, la forme sonate, l’équilibre de l’instrumentation, l’harmonisation du tout. Personne n’est venu le contredire dans son élan, surtout pas MOZART qui comme bien d’autres ne fera que suivre le « père de la symphonie ». Mais BEETHOVEN est un enfant rebelle qui brise alors les conventions sans prendre le temps de ménager les susceptibilités, il n’a pas le temps pour cela. Les deux premières symphonies sont déjà brutales. Dès le début, coups de timbales : c’est triomphal. A titre de comparaison, HAYDN attendait 16 mesures pour réveiller son auditoire de la même façon dans sa « surprise » (94e).

Au-delà de la musique, c’est une révolution qui sépare les compositeurs. La chevelure en est un symptôme, perruque poudrée à gauche et cheveux ébouriffés à droite. BEETHOVEN ne connaît pas l’étiquette alors que son ancien professeur savait finement en jouer. Il est un enfant de la révolution française, rêvant d’héroïsme et de liberté, tout à l’opposé d’un fin diplomate, pacifiste qui composait dans l’espérance de donner de la joie. Ce n’est pas d’espérance que BEETHOVEN nourrit sa passion. La suite de l’histoire était déjà écrite, de la joie lui fera un hymne.

Si la seconde symphonie n’est pas aussi connue ou célébrée que bien des suivantes, ce n’est pas par manque de qualités. Elle ne raconte pas encore une histoire, certes, mais c’est en effet un Dragon qui vit et s’ébat, refusant de mourir, est-il seulement menacé ? Son corps ventru et imposant fait à chaque geste trembler le sol, c’est bien à une créature mythologique que l’on a à faire. Démesurée et impressionnante, elle conserve un équilibre qui lui permet une facilité d’accès que d’autres plus complexes n’ont pas. Le dragon a en effet cette faculté singulière d’être une créature qu’on trouve dans bien des civilisations. Il est cette peur instinctive du reptile qui sommeille dans nos gènes, une légende universelle.
Du côté de l’interprétation, Karajan réalise un sans faute. Qualité de son au top, orchestre aussi bien fourni dans les élans généreux que clair et délicat dans les instants plus calmes. Ajoutons que la seconde s’enchaîne à merveille sur la septième, tout aussi accessible. Vous obtenez là le point de départ idéal pour quiconque voudrait s’adonner aux joies de la symphonie façon BEETHOVEN. Reste à savoir si vous pourrez passer outre les orientations politiques du monsieur dans sa jeunesse. C’est un autre débat.

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- Berliner Philarmoniker
- Herbert Von Karajan (direction)


- symphonie N°2 En Ré Majeur Op. 36
1. Adagio - Allegro Con Brio
2. Larghetto
3. Scherzo. Allegro
4. Allegro Molto
- symphonie N°7 En La Majeur Op. 92
5. Poco Sostenuto - Vivace
6. Allegretto
7. Presto
8. Allegro Con Brio



             



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